DE RACINE
La célèbre1 maison de Saint-Cyr ayant été principalement établie pour élever dans la piété un fort grand nombre2 de jeunes demoiselles rassemblées de tous les endroits du Royaume, on n'y a rien oublié de tout ci* qui pouvait contribuer à les rendre capables de servir Dieu dans les différents états3 où* il lui plaira de les appeler. Mais, en leur montrant les choses essentielles et nécessaires-', on ne néglige jias dr leur apprendre celles qui peuvent servir à leur polir6 l'esprit e1 à leur former le jugement. On a imaginé pour cela plusieurs moyens, qui, sans les détourner de leur travail et de leurs exercices ordinaires, les instruisent en les divertissant. On leur met, pour ainsi dire, à profit" leurs heures de récréation. On leur fait faire entre elles, sur leurs principaux devoirs8, des conversations9 ingénieuses, qu'on leur a com-
i. Célèbre. Ce mot peut surprendre scientifiques qu'il est nécessaire d'ac-
un peu, car. lorsqu'on joua Esther, la quérir.
maison n'existait que depuis deux ans 6. Polir : façonner par la culture,
et quelques mois (voir la Xotiee. §5). -. On leur met à profit : on met à
2. Un fort grand nombre. Il y avait Profit " L'ur intention, on tait qu'elles
25n .jeunes filles. Aujourd'hui le nombre en tirent profit. Leur a le sens du dalil
des Saint-Cvriens est de 8oo environ. latin : cl. p. ->. note i.
., ,-., . j-.. -. .- 8. Principaux devoirs. !1 nes'agitpas
i. Etats: Conditions, situations so- ,d dVxercices ecritSi mais des obliga-
ci:iles tions de morale et de bienséance.
4 Où : auxquels: voir Esther. i-~. g. Des conversations. Mme de Mainte-
5. Choses essentielles et nécessaires. Ra- non composa elle-même des conversa-
cine entend parla, d'une part.lareli- tions de ce genre, sur le Silence, le Juge-
gion et la morale, d'autre part, les ment, l'Habitude, les Répugnances, la
diverses connaissances littéraires et Faveur, etc.