RACINE
en lisant dans le texte les tragédies de Sophocle et d'Euripide. 11 composait des vers latins, et s'essayait déjà dans la poésie française, en décrivant les divers aspects du paysage de Port-Royal.
II. Sa jeunesse à Paris. — En i658, il alla l'aire sa philosophie au collège d'Harcourt1 à Paris. 11 commença à se l'aire connaître en i()f)0, par une ode sur le mariage du Roi, la Nymphe de la Seine, qui lui valut une gralilication de cent louis. Le théâtre l'attirait. Cette année-là, il présenta aux comédiens du théâtre du Marais, une pièce qui ne fut pas jouée, et, l'année suivante, il en entreprit une autre pour le théâtre de l'Hôtcl-de-Bourgogne-'.
III. Racine à Uzès. — La vie qu'il menait alors, ses relations avec les comédiens et les comédiennes, inquiétaient fort sa famille. On réussit à l'arracher à Paris, et il se rendit, en 16G1, à Uzès, auprès de son oncle, le vicaire général Antoine Sconin, qui lui promettait un « bénéfice3 », s'il entrait dans les ordres. Il fallait étudier la théologie: or, par les lettres qu'il écrivit d'Uzès, on voit que la théologie le captivait moins que les vers. Il partit d'Uzès, sans être nanti d'aucun bénéfice : mais, un peu plus tard, il obtint, dans le diocèse d'Angers, le prieuré de l'Epiuay (qu'il perdit en 1668), et en posséda d'autres encore pendant plusieurs années.
IV. Retour à Paris. — Les « quatre amis ». — De retour à Paris, en i663, il écrivit une ode Sur la eonvalescenee du Roi (qui avait eu la rougeole) et reçut une gratification de Goo livres, dont il remercia le Roi par une nouvelle ode : La Renommée aux Muses. Ce fut alors qu'il se fia avec Boileau, dont il resta l'ami pendant toute sa vie.
Il devint aussi l'ami de Molière, et déjà il connaissait La Fontaine, agréable compagnon, qui ne l'entraînait pas dans le chemin de la
1. Sur l'emplacement du lycée Saint- pie, et celle de Molière, qui. après avoir
Louis. d'abord joué au Petil-Bourboii, entre le
■>. Il y avait alors à Paris trois troupes Louvre et Saint-Germain l'Auxerrois,
françaises qui jouaient la tragédie et la s'installa, en 1661, au Palais-Royal.
comédie : celle de l'Hôtel-de-Bourgogne, 3. C'était une charge ecclésiastique
prés dé Saint-Eustache; celle du théâtre accompagnée d'un revenu, lequel pou-
du Marais, dans la vieille rue du Tem- vait être très élevé,