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TOUTES DEUX

Conrons, mes sœurs, obéissons.

La Reine nous appelle :

Allons, rangeons-nous auprès d'elle.

tout le chœur, entrant sur la Sertie par plusieurs endroits différents.

La Reine nous appelle : 120

Allons, rangeons-nous auprès d'elle.

ÉLISE

Ciel! quel nombreux essaim d'innocentes beautés S'offre à mes yeux en foule, et sort de tous côtés '. Quelle aimable pudeur mit leur visage est peinte ! Prospérez, cher espoir d'une nation sainte. 120

Puissent jusques au Ciel vos. soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens ! (hic Dieu jette sur vous des regards pacifiques '.

mier vers de V Œdipe-Roi de Sophocle. tif. ici. n'est guère autre chose qu'une

ainsi traduit par .Iules Lacroix, qui lui- épitbete de remplissage. Cf. 101a. même se souvenait de Racine : 125. Cher espoir. Cf. Phèdre. i'r\

De l'antique Cadmus jeune postérité. 0 mon fils ' 'lui- espoir, nue je me •-ui< ravi.

Cadmus est le héros fondateur de ra6. Jusque» au Ciel. Devanto. au, aux,

Thèbes. Jacob, ou Israël, est l'ancêtre Racine emploie fréquemment la forme

bibliquedeslsraélites.puisquelesdouze jas'/ues; < ï. -\\\.

tribus portent les noin^ de dix fils et de 127. D'un agréabl ■ ■mens. « Oiri^alur

deux petits-fils de Jacob. Cf. 182. oratio mea sicul incensum in conspecta

\T2. Nombreux essaim. Un essaim ne tuo. 'Mie ma prière s'élève vers vous

pouvant être qu'une troupe nombreuse. comme la fumée de l'encens. n(Psaumes,

beaucoup plus nombreuse même que CXL, 2.) Cf. Apocalypse, VIII, 4celle des compagnes d'Estber. cet adjec- 12s Des regards pacifiques : qui .uni-

Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques, Où vos voix, si souvent se mêlant à nies pleurs, De la triste Sion célèbrent les malheurs.

une Israélite seule, chante.

Déplorable Sion qu'as-tu fait de ta gloire?

Tout l'univers admirait ta splendeur.

Tu n'es plus que poussière, et de cette grandeur Il ne nous reste plus que la triste mémoire. Sion, jusques au ciel élevée autrefois,

Jusqu'aux Enfers maintenant abaissée !

Puissé-je demeurer sans voix,

Si dans mes chants ta douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée !

nent la paix dans vos àmes et autour de vous. Cf. « des yeux de paix », v. ioji.

129. Chantez-nous. « Hymnum cantate nobis de canticis Sion. Cliantez-nous quelqu'un des cantiques de Sion. »

{Psaumes, CXXXVI, 3.) Dans ce passage célèbre des Pfaames, ce sont les Babyloniens vainqueurs qui demandent aux Juives captives de chanter.

i'Ï2. Déplorable : digne de pitié, dont il faut déplorer le malheur.

i3.">. Mémoire : souvenir, ce dont on se souvient ; cf. 1189.

i36. Jzsques au ciel. Voir 126.

i3j. Jusqu'aux Enfers. « Detraelaest ad inferos svperbia tua... Qui dicebas in corde tuo : lu cœtum conscendam, super itstru Dei exaltabo sottum meum... Verumliiincn ad infernum delraheris in proftmdum laci. Ton orgueil a été précipité dans les enfers... Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j'établirai mon trône au-dessus des astres de Dieu.

Et néanmoins tu as été précipité de cetle gloire dans l'enfer jusqu'au plus profond de ses abîmes. » (Isaïe, XIV, 11, i3, i5. Il s'adresse au roi de gabylone- X'abuchodonosor). C'est donc à tort, on le voit, qu'un commentateur à'Esther reproche à Racine la « couleur trop païenne » de ce vers.

14". Ma pensée. « Si oblilus fuero fui. Jérusalem, oblivioni detur dextera mea.

Adhxreat lingua mea faueibus meis. si.

non meminero tui. Si je t'oublie, ô Jérusalem, que ma main droite soit mise en oubli. Que ma langue soit attachée à mon gosier, si je ne me souviens point de toi. « (Psaumes. CXXXVI. 5-0.) — Dans l'esprit de Racine, si pénétré des souvenirs de la poésie grecque comme de la Bible, un rapprochement s'imposait entre la ruine de Troie et celle de Jérusalem. Aussi s'inspire-t-il ici d'un chœur de Yffécabe d'Euripide (v.go5, sq): « Troie, ô ma patrie, tu ne seras plus

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