ESTHER, ÉLISE, LE CHŒUR
liSTHER, à pan.
O MON souverain Koi!
Me voici donc tremblante et seule devant toi.
Mon pcrc mille fois m’a dit , dans mon enfance. Qu’avec nous tu juras une sainte alliance,
Quand , pour te faire un peuple agréable à tes yeux, 11 plut à ton amour de choisit nos ayeux.
Même tu leur promis , de ta bouche sacrée.
Une postérité d’éternelle durée.
Hélas 1 ce peuple ingrat a méprisé ta loi.
La nation chérie a violé sa foi.
Elle a répudié son époux et son pcrc ,
Pour rendre à d’autres Dieux un honneur adultéré. Maintenant elle sert sous un Maître étranger....
Mais c’est peu d’être esclave , on la veut égorger.
Nos superbes vainqueurs , insultant à nos larmes. Imputent à leurs Dieux le bonl^ur de leurs armes ,
Et veulent aujourd’hui qu’un meme coup mortel
Digilizéd by GeOgI
TRAGÉDIE. ip
Abolisse ton nom, ton peuple et ton Autel....
Ainsi donc un perbdc , après tant de miracles, Pourroit anéantir le foi de tes oracles? llaviroit aux mortels le plus chCF de tes dons,
I.c saint que tu promets, et que nous attendons?... Kon , non , ne souffre pas que ces peuples farouches. Ivres de notre sang , ferment les seules bouches Qui dans tout l’univers célèbrent tes bienfaits;
Et confonds tous ces Dieux qui ne furent jamais !
Pour moi que tu retiens parmi ces infidèles.
Tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles.
Et que je mets au rang des profanations Leur table, leurs festins et leurs libations;
Que meme cette pompe où je suis condamnée.
Ce bandeau, donc il faut que je paroisse ornée. Dans ces jours solemnels à l’orgueil dédiés ,
Seule et dans le secret , je le foule à mes pieds;
Qu’à CCS vains ornemens je préféré la cendre.
Et n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandj^ ! J’attendois le moment, marqué dans ton arrêt.
Pour oser de ton peuple embrasser l’intérêt.
Ce moment est venu. Ma prompte obéissance Va d’un. Roi redoutable affronter la présence.
C’est pour toi que je marche ; accompagne mes pas Devant ce fier lion , qui ne te connoît pas.
Commande, en me voyant, que son counoux s’apaise, ;t prête à mes discours un charmq qui lui plaise.
Les or.agcs , les vents , les Cieux te sont soumis; Tourne enfin sa fureur contre nos ennemis.
( Elle sort , avec Elise, )