‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 17 sur 93 · LE CHŒUR · texte numérisé non relu

LE CHŒUR

Une Israélite.

P LEORONs et gémissons, mes fidcllcs compagnes. A nos sanglots donnons un libic cours.

Levons les yeux vers les saintes montagnes.

D’où l’innocence attend tout son secours.

O mortelles alarmes !

Tout Israël périt. Pleurez , mes tristes yeux.

Il ne fut jamais sous les Cieux Un si juste sujet de larmes 1

Toux LE Chœur.

O mortelles alarmes !

* Une autre Israélite.

N’étoit-cc pas assez qu’un vainqueur odieux De l’auguste Sion eût détruit tous les charmes. Et traîné tçs enfans captifs en mille lieux? . Tout. LE Chœur.

O mortelles alarmes!

La même Israélite.

Foiblcs agnc:iux, livrés à des loups furieux,

Nos soupirs sont nos seules armes!

Tout le Chœur.

O mortelles alarmes 1

ax.

Une Israélite.

Arrachons , déchirons tous ces vains orncmens Qui psrent notre tetc !

Uneautre.

Pevecons-nous d’habillcmens Conformes à l’horrible fete ,

Que l’impie Aman nous apprête!

Tout le Chœur.

Arrachons I déchirons tous ces vains omeniens Qui parent notre tête!

Une Israélite.^

Quel carnage de toutes parts!

On égorge, à la fois, les enfans, les vieillards.

Et la soeur et le frere.

Et la fille et la mere.

Le fils dans les bras de son pere.

Que de corps entassés ! que de membres épars» Privés de sépulture!...

Grand Sieu ! tes Saints sont la pâture Des tigres et des léopards !

Une des plus jeunes Israélites* Hélas! si jeune encore.

Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur?

Ma vie à peine a commencé d’éclore.

Je tomberai commé une fleur.

Qui n’a vu qu’une aurore.

Hélas ! si jeune encore ,

Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur?

Une autre.

Des offenses d’autrui malheureuses victimes !

Que nous servent , hdlasî ces regrets superflus?

Nos pères ont pdché ; nos pères ne sont plus,

£t nous portons la peine de leurs crimes !

Tout le Chœur.

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats: Non , non, il ne souffrira pas Qu*on dgorge ainsi l’innocence!

Une Israélite.

Eh! quoi , diroit l’impiétd,

OÙ donc est il ce Dieu si redoutd.

Donc Israël nous vanioic la puissance ?

Une autre.

Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux,

Frdmissez , peuples de la terre !

Ce Dieu jaloux , ce Dieu victorieux

Est le seul qui commande aux Cieux !

Ni les ddairs, ni le tonnerre N’obdissent point à vos Dieux !

Une autre.

Il renverse l’audacieux !

Une autre.

Il prend l’humble sous sa ddfensc !

Tout le Chœur.

te Dieu que nous servons est le Dieu des combats: Non, non, il ne souffrira pas Qu’on dgorge ainsi l’innocence!

Deux Israélites.

O Pieu , que la gloire couronne !

Pieu , que la lumière environne ,

TRAGÉDIE. îj

Qui vples sur railc des vents, ,

Et dont le trône est porté par les Anges!

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