SCENE II L
Assuéru s, s'asseyant sur son trône,
X E veux bien l’avouer , de ce couple perfide - J’avois presque oublié l’attentat parricide :
Et i’ai pâli deux fois au terrible récit Qui vient d’en retracer l’image à mon esprit* Je vois de quel succès leur fureur fut suivie » Tt que dans les tourmens ils laissèrent la vie 5 Mais ce sujet zélé qui , d’un oeil si subtil > Sut de leur noir complot développer le fil ,
Qui me montra sur moi leur main déjà levée»
Enfin par qui la l’erse , avec moi , fut sauvée ,
Quel honneur pour sa foi , quel prix a-t-il reçu I
On lui promit beaucoup 5 c’est tout ce que j*ai su. Assuérus.
O d’un si grand service oubli trop condamnable!
Des cmbairas du trône effet inévitable 1 De soins tumultueux un Prince environné.
Vers de nouveaux objets est sans cesse entraîné. L’avenir l’inquicte , et le présent le frappe ;
Mais plus prompt que l’éclair le passé nous échappe »
Et de tant de mortels à toute heure empressés A nous faire valoir leurs soins intéresses.
Il ne s’en trouve point qui, touchés d’un vrai xcle. Prennent à notre gloire un intérêt fidcle.
Du mérite oublié nous fasse souvenir ,
Trop prompts à nous parler de ce qu’il faut punir,,,. Ah 1 que plutôt l’injure échappe à ma vengeance, . Qu’un si rare bienfait à ma reconnoissancei Et qui voudroit jamais s’exposer pour son Boi î Ce mortel qui montra tant de zélé pour moi ,
Vit-il encore ?
Il voit l’astre qui vous éclaire.
Assuérus.
Et que n’a-t-il plutôt demandé son salaire?
Quel pays reculé 1a cache à mes bienfaits?
Assis le plus souvent aux portes du Palais,
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Sans se plaindre de vous , ni de sa destinée,
II y traîne , Seigneur , sa vie infortunée.
Assuérus.
Et je dois d’autant moins oublier la vertu Qu’ellc-même s’oublie. 11 se nomme, dis-tu?
Alardochés est le nom que je viens de vous lire.
Assxjérus.
Et son pays?
Seigneur, puisqu’il faut vous le dire.
C’est un de ces captifs à périr destinés ,
Des rives du Jourdain sur l’Euphrate amenés.
ASSVÉRVS.
Il est donc Juif?... O Ciel ! sur le point que la vîe^
Par mes propres sujets m’alloit 8tre ravie.
Un Juif rend par ses soins leurs efforts impuissans ?
Un Juif m’a préservé du glaive des Persans ?
Malt , puisqu’il m’a sauvé , quel qu’il soit , il n’inttporte.'....
( appelant, ) t
Hola î quelqu’un I ^ ,
E S T H ïï R ,