‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 20 sur 93 · SCENE II L · texte numérisé non relu

SCENE II L

Assuéru s, s'asseyant sur son trône,

X E veux bien l’avouer , de ce couple perfide - J’avois presque oublié l’attentat parricide :

Et i’ai pâli deux fois au terrible récit Qui vient d’en retracer l’image à mon esprit* Je vois de quel succès leur fureur fut suivie » Tt que dans les tourmens ils laissèrent la vie 5 Mais ce sujet zélé qui , d’un oeil si subtil > Sut de leur noir complot développer le fil ,

Qui me montra sur moi leur main déjà levée»

Enfin par qui la l’erse , avec moi , fut sauvée ,

Quel honneur pour sa foi , quel prix a-t-il reçu I

On lui promit beaucoup 5 c’est tout ce que j*ai su. Assuérus.

O d’un si grand service oubli trop condamnable!

Des cmbairas du trône effet inévitable 1 De soins tumultueux un Prince environné.

Vers de nouveaux objets est sans cesse entraîné. L’avenir l’inquicte , et le présent le frappe ;

Mais plus prompt que l’éclair le passé nous échappe »

Et de tant de mortels à toute heure empressés A nous faire valoir leurs soins intéresses.

Il ne s’en trouve point qui, touchés d’un vrai xcle. Prennent à notre gloire un intérêt fidcle.

Du mérite oublié nous fasse souvenir ,

Trop prompts à nous parler de ce qu’il faut punir,,,. Ah 1 que plutôt l’injure échappe à ma vengeance, . Qu’un si rare bienfait à ma reconnoissancei Et qui voudroit jamais s’exposer pour son Boi î Ce mortel qui montra tant de zélé pour moi ,

Vit-il encore ?

Il voit l’astre qui vous éclaire.

Assuérus.

Et que n’a-t-il plutôt demandé son salaire?

Quel pays reculé 1a cache à mes bienfaits?

Assis le plus souvent aux portes du Palais,

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Sans se plaindre de vous , ni de sa destinée,

II y traîne , Seigneur , sa vie infortunée.

Assuérus.

Et je dois d’autant moins oublier la vertu Qu’ellc-même s’oublie. 11 se nomme, dis-tu?

Alardochés est le nom que je viens de vous lire.

Assxjérus.

Et son pays?

Seigneur, puisqu’il faut vous le dire.

C’est un de ces captifs à périr destinés ,

Des rives du Jourdain sur l’Euphrate amenés.

ASSVÉRVS.

Il est donc Juif?... O Ciel ! sur le point que la vîe^

Par mes propres sujets m’alloit 8tre ravie.

Un Juif rend par ses soins leurs efforts impuissans ?

Un Juif m’a préservé du glaive des Persans ?

Malt , puisqu’il m’a sauvé , quel qu’il soit , il n’inttporte.'....

( appelant, ) t

Hola î quelqu’un I ^ ,

E S T H ïï R ,

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