‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 26 sur 93 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

’ Cette Scene est partie d^cUmie et partie chantée, ÉLISE, UNE PARTIE DU CHŒUR...

C^UE VOUS semble, mes soeurs, de Pétat ou nous . sommes ?

D’tsther , d‘Aman , qui le doit emporter ^

. Est-cc Dieu, sont-cc les hommes Dont les oeuvres vont éclater ?

Vous avex vu quelle ardente colero Allumoit de ce Roi le visage sévetej

Une Israélitb,

Des é.clairs de ses yeux l’oeil étoit ébloui!

Uns autre.

Bt sa voix m’a paru comme un tonnerre horrible!

Élise.

Comment ce courroux si terrible En un moment s’est-il évanoui ?

Une Israéi-its chantant.

Un moment a changé ce courage inHcxible.

Le lion rugissant est un agneau paisible.

Dieu , notre Dieu , sans douce , a versé ditns son cœut Cet esprit dp douceur»

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tragédie.

]^ieu > notre Dieu, sans doute, a versé dans son coeur Cet esprit de douceur.

La même Israélite chantant,

, Tel qu’un ruisseau docile Obéît â la main qui détourne son cours.

Et , laissant de scs eaux partager le secours ,

Va rendre tour un champ ferti'c.

Dieu! de nos vo'on'^és arbitre souverain,

Le coeur des Rois est ainsi dans ta main î

Élise.

Ah î que je crains , mes soeurs , les funestes nuagca ,-Qui de ce Prince obscurcissent les yeux i ^

Comme il est aveuglé du culte de ses Dieux i

Une Israélite.

II n’atteste jamais que leurs noms odieux.

Unbautre.

Aux feux inanimés dont se parent les deux.

Il rend de profanes hommages.

' Uneautrc.

Tout son Palais est plein de leurs images,

Malheureux ! vous quittez le Maître des humains Pour adorer l’ouvrage de vos mains !

^ Une Israélite chantant.

Dieu d’Israël J dissipe enfin cette ombre:

Des larmes de tes Saints quand seras-tu touché} Quand sera le voile arraché

Qui sut tout rqnivers jettç une nuit si sombtej

Dieu d'Israël 1 dissipe enfin cette ombre!

Jusqu’à quand seras-tu caché ? ;

Une des plvs jeunes IsitAéLiTEs.

Parlons plus bas , mes sczurs.... Ciel! si quelque infidèle,

Écoutant nos discours, nous alloit déceler!

Élise,

Quoi î fille d* Abraham , une crainte mortelle Semble déjà vous faire chanceler?

T.h! si l’impie Aman dans sa main homicide Faisant luire à vos yeux un glaive menaçant,

A blasphémer le nom du Tout-i’uissant

Vouloit forcer votre bouche timide?

Une autre Israélite, à Za plus jeunei Peut-être Assuérus frémissant de courroux.

Si nous ne courbons les genoux Devant une muette Idole ,

Commandera qu’on nous immole.

Chere soeur , que choisirez-vous î La jeune Israélite.

Moi , je poutrois trahir le Dieu que j’aime ! l'adorerois un Dieu sans force et sans vertu.

Reste d’un tronc par les vents abattu.

Qui ne peut se sauver lui-rnêmc î Le C k <c V r.

Dieux impuissans. Dieux sourds, tous ceux qui voux implorent

Ke seront jamais entendus.

Que les Démons et ceux qui les adorent.

Soient k jamais détruits et confentâia i

Une Israélite chantant.

Que ma bouche et mon coeur et tout ce que je suis Hcndent honneur au Dieu qui m’a donné la vie! Dans les craintes, dans les ennuis.

En ses bontés mon ame se confie.

Veut-il par mon trépas que je le glorifie?

Que ma bouche et mon coeur et tout ce que je suis Kcndcnt honneur au Dieu qui m’a donné la vie!

Je n’admirai jamais la gloire de l’impie.

Une autre Israélite.

Au bonheur du méchant qu’un autre porte envie!

ÉLISE

Tous ses jours paroissent charmansi L’or éclate en scs vêtemens;

Son orgueil est sans borne , ainsi que sa richesse* Jamais l’air n’est troublé de scs gémissemens.

11 s’endort, il s’éveille au son des instrumens ; Son coeur nage dans la mollesse.

Une autre Israélite»

Pour comble de prospérité.

Il espere revivre' en sa post'‘rité ;

It d’enfans à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe»

Le Chœur.

Heureux , dit-on , le peuple florissant Sur qui ces biens coulent en abondance!

Plus heureux le peuple innocent Qui dans le Dieu du Ciel a mis sa confiance

Unb IsRAÉLlTï, chantant.

Pour contenter ses frivoles désirs ,

I,*homnnc insensé vainement se consunw s- Il trouve l’amertume Au milieu des plaisirs.

Unk autrk, chantant.

le bonheur de l’impie est toujours agité.

11 erre à la merci de sa propre inconstance.

Ke cherchons la félicité Que dans la paix de l’innocence.

La même, avec une autre ^ chantatu*.

O douce paix l O lumière érernclle !

Beauté toujours nouvelle.

Heureux le coeur épris de tes attraits!

O douce paix O lumière éternelle.

Heureux le cœur qui ne te perd jamais.!

Le Chœur.

O douce paix!

O lumière éfc:nellc!

Beauté toujours nouvelle»

O douce paix.

Heureux le cœur qui ne te perd jamais!

La même, chantant.

Nulle paix pour l’impie U la cherche: elle fuie. Et le calme en son cœur ne trouve point de place» Le glaive au-dehors le poursuit.

Le remords au dedans le glace.

Une autre chantant,

La gloire des méchans en un moment s’éteint.

L’affreux tombeau pour jamais les dévore.. •

Il n*en est pas ainsi de celui qui te craint.

Il renaîtra , mon Dieu , plus brillant que l'aurore!

Le C n oe u r,

O douce paix.

Heureux le coeur qui ne te perd jamais !

ÉLISE

Mes soeurs , j’entends du bruit dans la chambre prochaine....

Cn nous appelle} allons, rejoindre notre Reine.

Fin du second Acte,

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