‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 31 sur 93 · ASSUÉRUS · texte numérisé non relu

ASSUÉRUS

Parlez.

. Esther, a part.

O Dieu! confonds l’audace et l’imposturel ( A Assu/rus )

Ces Juifs dont vous voulez délivrer la nature ,

TRAGÉDIE. jTp

Que vous croyez , Seigneur, le rebut des humains» D’une riche contrée autrefois souverains.

Pendant qu’ils n’adoroient que le Dieu de leurs peres » Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères.

Ce Dieu, maître absolu de la terre et des Cieux,

H’cst point tel que l’erreur le figure à vos yeux. L’Eternel est son nom ; le monde est son ouvrage:

Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage,

Juge tous les mortels avec d’égales loix,

Et du haut de son tiônc interroge les Rois.

Des plus fermes États la chûte épouvantable.

Quand il veut , n’est qu’un jeu de sa main redoutable. Les Juifs à d’autres Dieux osèrent s’adresser:

Hoi, peuples, en un jour, tout se vit disperser.

Sous les Assyriens leur triste servitude Devint le juste prix de leur ingratitude:

Wais, pour punir, enfin, nos maîtres, à leur tour. Dieu fit choix de Cyrus , avant qu’il vît le jour. L’appela par son nom , le promit à la terre,

Le fit naître , et soudain l’arma de son tonnerre;

Brisa les fiers rempaits et les pottes d’airain ,

Wit des superbes Rois la dépouille en sa main.

De son Temple détruit vengea sur eux l’injure; Babylone paya nos pleurs , avec usure.

Cyrus, par lui vainqueur, publia ses bienfaits. Regarda notre peuple avec des yeux de paix,

Nous rendit et nos loix et nos fêtes divines;

Et le Temple déjà sortoit de scs ruines....

Mais de ce Roi si sage, héritier insensé ,

Son fils interrompit l’ouvrage commencé ,

Fut sourd à nos douleurs. Dieu rejctta sa race.

Le retrancha lui-même * et vous mit en sa place.

Que n’espérions-nous point d’un Roi si généreux l U Dieu regarde en pitié son peuple malheureux y « Disions-nous; un Foi régné, ami de l’innocence» s> Par-tout du nouveau Prince on vantoit la clémence»

Les Juifs par- tout de joie en poussèrent des cris.», •

( A part. )

Ciel ! verra-t-on toujours, par de cruels esprits.

Des Princes les plus doux l’oreille environnée;

Et du bonheur public la source empoisonnée!...

( A Assuéms. )

Dans le fond de la Thracc un barbare enfanté Est venu dans ces lieux soufler la cruauté.

Un Ministre ennemi de votre propre gloire...»

Aman, à Assuérut,

De votre gloire ! moi !... Ciel ! le pourrie7-vous croire? Moi , qui n’ai d’autre objet , ni d’autre Dieu. ... Assuérvs , l* interrompant.

Tais-toî.

Oses-tu donc parler sans l’ordre de ton Roi?

Notre ennemi cruel devant vous se déclare.

C’est lui; c’est ce Ministre infidèle et barbare Qui, d’un zelc trompeur à vos yeux revêtu ,

Contre notre innocence arme votre vertu.

Eh ! quel autre, grand Dieu! qu’un Scythe impitoyable Auroit de tant d’horreurs dicté l’ordre efifroyable? Par-tout l’afFreux signal , en même tems donné ,

De meurtres remplira l’univers étonné*

.TRAGÉDIE. in

On verra , sous le nom du plus juste des Princes,

Vn per6de étranger désoler vos Provinces;

It dans ce Palais meme , en proie à son courroux, le sang de vos sujets regorger lusqu’à vous 1 ..

Ih ! que reproche aux Juifs sa haine envenimécî Quelle guerre intestine avons- nous allumée?

les a-t on vu maicher parmi vo% ennemis?

lut il jamais au loug esclaves plus soumis ?

Adorant Hans leur^ rers le iDicu qui les châtie.

Pendant que votre main sur eux appesantie A leurs perséc'-.teurs les livroit tans secours.

Ils conjuioitni ce Dieu de vei lcr sur vos jours ,

De rompre des méchaiiS les names criminelles.

De mertre votre tiônc a l’onihi c dr scs a. les.

H’en doute? point , Scigueui , il tut votre soutienî Lui seul mit à vos p cds le Parthe et l’ind en ,

Dissipa devant vous les innomLtables Scythes,

Et renferma les m^rs dans vos vastes hinitvs!

LAïi seul aux yeux d’un juif découvrit le dessein De deux traîtres lout prêts a vous percer le sein.... üélas ce luif >adis m’adopta pour sa üllci

Mardochéc !

A s s U il R U s.

11 restoit seul de norre famille.

Mon perc étoit son freie : il descend , comme moi ^ Du sang întorruné de noire prcmici.Koi.

Plein d’une juste horreur pour un -unalccite,

Pacc que notre Dieu de s.i b.>uch.r a maudire,

Il -n’a devant Aman pu fléchit les genoux ,

gt È s t K E ft ,

Ki lui rendre un honneur qu’il ne croit du qu*i vduS» ’ Delà , contre les Juifs et contre Mardochéc,

Cette haine. Seigneur, sous d’autres noms cachée.

En vain de vos bienfaits Mardochée est paré ;

A la porte d’Aman est déjà préparé D’un infâme trépas l’instrument exécrable.

Dans une heure . au plus tard , ce vieillard vénérable ^ Des portes du Palais, par son ordre arraché.

Couvert de votre pourpre, y doit être attaché l Assuérus, à part.

Quel jo‘ur mêlé d’horreur vient effrayer mon ameî Tout mon sang de colcre et de honte s’enflamme.

3’étois donc le jouet.... Ciel.' daigne m’éclairet !

Un moment sans témoins cherchons à respirer...,

{ Aux Gardes. )

Appelez Mardochée : il faut aussi l’entendre.

{ Jl sort avec sa suite, )

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