‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 49 sur 93 · I* JUGEMENS ET ANECDOTES · texte numérisé non relu

I* JUGEMENS ET ANECDOTES

pas dans tout ce Poëme un seul vers foiblc. Quel charme et quelle énergie de versiheation ! que d’expressions neuves I que de traits hardis 1

Il fut des Tuifs , il fut une insolente race.

Répandus sur la terre ils en couvroient la face.

Un seul osa d’Ainan attirer le courroux i Aussi-tôt de la terre ils disparurent tous !

( scene première du second acte , dans le rôle d’ Aman. ) C’est dans ce goût-là que cette Tragédie est écrite depuis la première scene jusqu’à la derniere. Et , sur cela , je demanderois pourquoi l’on dit de tant de versificateurs, qu’on n’oscroit comparer à Racine , qu’ils écrivent avec force , et qu’on dit de lui simplement qu’il écrit avec élégance ? De combien de Tragédies nou- :velles n’ai-je point lu , dans les extraits qu’on en donne, ou dans les éloges qu’on en fait, qu’elles sont fortement écrites , que le style en est fort , que les vers en sont pleins de force ? Ces expressions que l’on prodigue pour caractériser différens versificateurs , cette élégance attribuée à Racine, cette force accordée à de jeunes commençans, signifieroicnt-elles pour ceux-ci qu’ils réu-

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nissentla force et l’élégance , et pour Racine que l’élégance cxclud la force ? De quelque manière que l’on s’explique , je ne vois dans tout cela que du faux , ou du mal entendu. De beaux vers sont ceux oïl il y a de l’harmonie , de la force et de l’élégance. Sans ces trois qualités , point de versification parfaite. Elle se trouve au plus haut degré , selon moi , dans les vers de Virgile et de Racine....

■ « Le sort à* Athalle est décidé. Elle jouit enfin sur le Théâtre François d’une primauté , jusqu’à présent , indisputablc , et qui , probablement , le sera toujours.... Cet Ouvrage est fait pour corriger et rendre meilleurs les bons Rois , pour effrayer les tyrans et les impies , pour consoler les opprimés , pour instruire les Ministres et les sujets. Le précis de cette morale salutaire est compris dans ces quatre vers, qui terminent la Tragédie, ( Joad parlant à Joas de la mort d’Athalie. )

Far cette fin terrible , et due i ses forfaits ,

Apprenez, Roi des Juifs, et n’oubliez jamais Que les Rois dans le Ciel ont un juge sdvcrc ,

Viunoc ence un vengeur et l’orphelin un pere !

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Je voudrois que tout Instituteur de jeune Prince fît apprendre par cœur à son élève cette belle tirade de yers que dit Joad à Joas dans la quatrième scene du quatrième acte :

De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse. ... 6ce.

Un ample et judicieux commentaire sur chaque trait de ce morceau scroit préférable à tous les ad usum faits et à faire. Que le Théâtre seroit une excellente école , si l’on n’y représentoit que des Pièces telles qu'Esther et ^thalie ! Douterat-on que Racine ne fut capable d’en composer plusieurs du même genre et de la même beauté i C’est à scs successeurs , c’est à ceux qui marchent si glorieusement sur scs traces de grossir le nombre de semblables Tragédies. Son exemple a déjà été suivi dans Mérope , avec un succès éclatant et bien mérité.... Cette réussite est le fruit d’une émulation inspirée par Athalie et pat Esther, N’oublions pas que , si Corneille est chez les modernes le restaurateur de la Tragédie , Racine est parmi nous le premier Auteur de Tragédies sans amour j et que s’il est glorieux de rétablir , de créer, si l’on veut, le Théâtre, il ne l’est pas

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moins de le consacrer à la vertu, à la Religion et à la pieté.

cc En effet , et je ne dois point omettre cette nouvelle réflexion , Racine ne s*.est pas contenté de supprimer l’amour dans ses dernieres Tragédies 5 il a fait plus. Dégoûté des sources mensongères de la Fable , et des récits souvent fabuleux de l’Histoire profane , il a cherché ses sujets dans le sein de la vérité même. La Majesté divine , la grandeur et les vengeances de l’Etre souverain éclatent dans les Ouvrages dont nou» parlons j Poèmes d’autant plus instructifs et d’autant plus effrayans que les événemens y sont conduits par la main toute puissante qui se fâû un jeu de l’humiliation des Rois et de la destruction des Empires, n

cc C'est ici le lieu de remarquer que Racine a fourni pour le Théâtre François deux carrières également brillantes j l’une , route profane , qui nous a valu neuf Tragédies ; l’autre , toute sainte , et malheureusement de trop peu de durée, puisqu’elle n’a produit qn* Esther et AchaLie^ Ces deux carrières , si différentes l’une de l’autre , ont fini par des époques à-peu-près semblables.

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rhedre persécutée dans sa naissance par des ennemis faits pour l’admirer , essuya la rivalité d*unc misérable Phtdrt de Pradon , et ^ihalic fut si peu recherchée dans sa nouveauté qu’on n’en parla presque point. Tant il est vrai que l’envie , la cabale , et , singulièrement , le mauvais goût combattent quelquefois , étouffent même le succès des meilleurs Ouvrages , et la réputation des Ecrivains du premier ordre i mais ce sont des efforts vains et passagers. Le tems , qui détruit tout , hors la vérité , confond à la fin l’injustice et l’erreur. .. &c. «

Louis Racine dit encore , dans scs Réflexions sur la Poésie Dramatique : « Tous les connoisseurs paroLssent d’accord aujourd’hui sur le mérite de la Tragédie à’Athalie. Le tems a enfin jugé cette Piece ; mais il ne l’a jugée qu’après un examen si long que l’Auteur , qui n’a pu voir la fin de cet examen , n’espéra jamais que le jugement lui fût favorable. yJtkaLie fut reçue du Public très - froidement. Les Critiques qui, sans égard , aux applaudissemens que la Tragédie à'Esther avoir reçus dans les représentations faites à Saint'Cyr , devant la Cour , tabaissoient tous

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les jours cette Piece, ne se réconcilièrent avec elle \orsq\x' Athalie parut, que pour dite qu’EifAe/* valoir encore mieux, uithalic n’ayant point été représentée publiquement , ne pouvoit être connue que par la lecture Les gens du monde en furent peu curieux. CUtoit encore , disoicni-ils , un sujet de dévotion , deituté a amuser les enfans. Un Prêtre J un enfant en étoient les principaux objets. 11 n’en fallut pas davantage pour se per-^ suader que cette Piece n'étoit bonne que pour les Couvens. Quelques amis de l’Auteur donnoient aussi la préférence à la sœur aînée : ils appeloient ainsi Esther. Boileau tint bon contre eux. Il osa soutenir qn’Athalie étoit le chef-d’œuvre du Poëte et de la Tragédie , et que le Public , tôt ou tard , y reviendroit. Il fut seul de son avisj et, malgré sa prédiction , l’Auteur mourut persuadé qu’il avoir manqué son sujet , parce que la froideur du Public pour cette Tragédie lui fit croire qu’il n’avoit pas su la rendre intéressante.... &c. »

Les frères Parfaict , dans leur Histoire du Thia* tre François , rapportent cette anecdote sut ^thalie.

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« Quelques personnes , de l’un et l’autre sexe , qui étoient à la campagne, s’amusèrent un jour , après le souper , à jouer à differens petits jeux. Un cavalier de la compagnie fit une étourderie badine qui fut jugée digne d’une punition exemplaire. Après avoir délibéré sur le genre de pénitence qui lui seroit imposée, enfin la compagnie n’en trouva pas de plus sévere que de l’obliger à lire le premier acte de la Tragédie d'j^thalie. On s’imagine bien que le coupable cria beaucoup contre un arrêt si cruel , et qu’il recourut à la miséricorde de ses juges j mais ils furent inflexibles à ses prières , et il fut forcé de promettre qu’il accompliroit exactement ce qui lui étoit prescrit. Conformément à sa parole, lorsqu’il fut retiré dans sa chambre , il prit , en tremblant , la Tragédie à* y^thalic , et en fit la lecture avec attention. Chaque couplet de cette Piece le frappa d’admiration j et non-seulement il lut le premier acte , mais deux ou trois fois le Poème entier , avec un transport qu’il est plus aisé d’imaginer que de décrire. Le lendemain toute la compagnie s’étant rassemblée, on badina beaucoup le coupable sur la maussade lecture qu’il avoir faite ;

mais

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mais il annonça tout le conttaire, et ajouta qu’il ïcgardoit la Tragédie d'AthaUc comme le Poème le plus travaillé et le plus beau de Racine. Ce discours causa un grand étonnement à toute l’as^^ semblée j mais le cavalier offrit de soutenir ce qu’il ai^nçoit , par la simple lecture de la Pièce. On le prit au mot , et AihaLic eut autant d’admilateurs qu’elle eut d’auditeurs. «

Voltaire, dans ses Questions sur V Encyclopédie, article Art Dramatique , s’exprime ainsi sur cette Tragédie : « Je commencerai par dire d'^thalie que c’est là que la catastrophe est admirablement en action. C’est là que se fait la reconnoissance la plus intéressante. Chaque Acteur y joue un grand rôle. On ne tue point Athalie sut le Théâtre. Le fils des Rois est sauvé , et est reconnu Roi. Tout ce Spectacle transporte les Spectateurs. >•

«« Je ferois ici l’éloge de cette Pièce , le chefd’œuvre de l’esprit humain , si tous les gens de goût de l’Europe ne s’accordoient pas à lui donner la préférence sur presque toutes les autres Pièces. On peut condamner le caractère et l’action du

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Grand-Prêtre Joad. Sa con‘;pîration , son fanatisme peuvent être d’un trè^-mauvais exemple. Aucun '^ouverain, depuis le Japon jusqu’à Naples , ne voudroit d’un tel Pontife II est factieux , insolent , enthousiaste , inflexible , sanguinaire. 11 trompe indignement sa Reine 11 fait égorger, par des Prêtres, cette femme , âgée de quatre-vingts ans , qui n’en vouloit certainement pas à la vie du jeune Joas qu’elle vouloit élever comme soi propre fils ( lui dit-elle, dans la septième scene du second acte ). «

ec J’avoue qu’en réfléchissant sur cet événement on peut detester la personne du Pontife ; mais on admire l’Auteur 5 on s'assujétit , sans peine, à toutes les idées qu’il présente : on ne pense , on ne sent que d'apres lui. Son sujet , d’ailleurs respectable , ne permet pas les Critiques qu’on pourroit faire , si c’étoit un sujet d’invention. Le Spectateur suppose avec Racine que Joad est en droit de faire tout ce qu’il fait j et , ce principe une fois posé , on convient que la Piece est ce que nous avons de plus parfaitement conduit , de plus simple et de plus sublime. Ce

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<juî a foute encore au mérite de cet Ouvrage, c’est que de tous les sujets c’étoit le plus diiïicile à traiter. «

ce On a' imprimé , avec quelque fondement , que Racine avoir imité dans cette l’iece plusieurs endroits de la Tragédie de La L'^ue , faite parle Conseiller d’Etat Mathieu , Historiographe de France , sous Henri IV , Ecrivain qui ne faisoit pas mal des vers pour son tems. ( Le même Pierre Mathieu , Auteur des trois Tragédies faites sur le sujet d’Esther , et que nous avons fait connoître dans les Jugemens et Anecdotes sur VEsther de Racine. 11 y a ici une erreuf. Gette Tragédie, intitulée Le Triomphe de Ligue , est faussement attribuée à Pierre Mathieu j elle est de R. J. de FJéréc , et fut représentée et imprimée en ir.07.) Constance ( Royaliste zélé ) dit , dans Le Triotnphe de la Ligue ( à Nicomède , autre Royaliste , qui lui observe qu’en parlant aussi librement qu’il le fait, il doit craindre les Ligueurs ) :

Te redoute mon Dieu i c'est lui seul que je crains.

On n’est point délaissé quand on a Dieu pour pere.

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Il ouvre à tous la mainj il nouriit les corbeaux î Il donne la pâture aux jeunes passereaux ,

Aux bêtes des forêts, des prés et des montagnes! Tout vit de sa bonté.

Racine fait dire à Joad ( scene première du premier acte d’ Athalie ) :

Je crains Dieu , cher Abner , et n’ai point d’autre crainte „

et à Joas , scene septième du second acte :

Dieu laissa-t-il jamais ses enfans au besoin ?

Aux petits des oiseaux il donne leur pâture»

It sa bonté s’étend sur toute la nature.... &c.

Le plagiat paroît sensible , et cependant ce n’en est point un. Rien n’est plus naturel que d’avoir les mêmes idées sur le même sujet. D’ailleurs , Racine et l’Auteur de la Tragédie de La Ligue ne sont pas les premiers qui aient expiimé des pensées dont on .trouve le fonds dans plusieurs endroits de l’Ecriture... n

et Qu’osetoit-on placer parmi les chef-d’œuvres tragiques François, reconnus pour tels en France et dans les autres pays , après Iphigénie et

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tle? Nous mettrions une grande partie de Clnna , les scenes supérieures des Horaces , du Cid , de Pompée , de Polyeucte , la fin de Rodogune , le rôle parfait et inimitable de Phedre , qui l’emporte sur tcus les rôles; celui d’Acomat ( dans £aja\et ) , aussi beau en son genre ; les quatre premiers actes de Britannicus y Andromaque , toute entière , à une scene près , de pute coquetterie ; les rôles tout entiers de Roxane , ( dans Bojajei ) et de Monime ( dans Miihrîdate ) , admirables l’un et l’autre , dans des genres tout opposés ; des morceaux vraiement tragiques dans quelques autres Pièces. Mais après vingt bonnes Tragédies , sur plus de quatre mille , qu’avonsnous ? Rien. Tant mieux.... 11 faut que le beau soit rare , sans quoi il cesseroit d’être beau. »

On trouve quèlquc ressemblance entre V ^thalle de Racine etl’/on d’Euripide. « Dans l’une et l’autre Piece le Héros est un enfant élevé à l’ombre des autels , sous la protection du Dieu qu’on y révère. Destinés à périr l’un et l’autre , dès le berceau , ces deux enfàns sont conservés par une espece de miracle. Près ensuite d’être les victimes du sort qui les poursuit , ils échappent

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une seconde fois à la mort, par une suite delà même protection. L’un évite les embûches de sa belIc-mere j l’autre fuit de même le couteau meurtrier de son ayeule ; enfin tous deux sont rétablis sur le trône de leurs ancêtres. Au premier coup-d’œil tout paroît être , à-peu-près , la même chose 5 mais la conduite de la Piece Françoise est si différente de celle du Poète Grec , le génie de Racine est si supérieur , dans cette occasion , à celui d’Enripide , que la ressemblance de ces deux Ouvrages disparoît presque entièrement lorsque l’on les oppose l’un à l’autre , » dit M. Luneau de Boisgermain , dans la Préface qu’il a placée au-devant d' Athalie , comme Editeur de Racine.

^thalie fut représentée à Versailles en Février 1701 , par les premières personnes de la Cour. Voici ce que Devisé , rapporte à cette occasion, dans son Mercure Galant^ du même mois.

« On a joué à Versailles, trois fois, Athaliedc Racine , avec tous les oinemens et les Choeurs mis en musique , depuis long-tems , par M. Moreau , qui avoir fait ceux d'Estker. Ces Chœurs ont été parfaitement bien exécutés par les Dc-

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flioiselles de la Musique du Roi. Madame la Duchesse de Bourgogne a joué Josabet , avec toute la grâce et tout le bon sens imaginables , et quoique son rang pût lui permettre de faire voir plus de hardiesse qu’un autre, celle qu’elle a fait pa* roître , seulement pour marquer qu’elle étoit maîtresse de son rôle , a toujours été mêlée d’une certaine timidité que l’on doit nommer plutôt modestie que crainte- Les habits de cette Princesse étoient d’une grande magnificence , et, cependant, on peut dire que sa personne ornoit encore plus le Théâtre que la richesse de ses habits, M. le Duc d’Orléans ( devenu depuis Régent du Royaume ) a parfaitement bien joué le rôle d’Abner, et avec une intelligence que l’on n’attrappe que lorsque l’on a beaucoup d’esprit. M. le. Comte d’Ayen ( devenu depuis Maréchal Duc de Noailles ) et Madame la Comtesse , soa épouse , ont très- bien rempli leurs rôles. ( On ne nous dit pas desquels ils étoient chargés, ). Quand on a de l’esprit infiniment , on réussit dans tout ce que l’on se donne la. peine d’entreprendre. Madame la Présidente de Chailly s’est fait admirer dans le rôle d’Athalic. M. le Comte de

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TEsparc , second fils de M. le Duc de Guiche , et âgé seulement de sept ans , a charmé dans le personnage du jeune Roi Joas. M. de Champeron , encore fort jeune , a très-bien réussi dans le rôle de Zacharie , fils du Grand-Prêtre Joad , et celui de ce Grand-Prêtre a été joué par le sieur Baron le pere , qui , au sentiment de tous ceux qui ont eu l’honneur d’étre nommés pour voir jouer cette Piece , qui n’a été réprésentée que devant très-peu de monde , n’a jamais joué avec plus de force. A l’égard des autres Acteurs qui , ce s’étant point encore donné le divertissement de représenter des Pièces de Théâtre , ignoroient eux-mêmes s’ils avoient quelque talent pour cela, tous ceux qui ont eu le plaisir de les voir jouer ont dit hautement que les meilleurs Comédiens n’auroient pu jouer avec plus d’intelligence et de feu , ni faire répandre plus de larmes. On joignit à la troisième représentation A'AthaUe , Les rricuuses ridicules y de Moliere. Cette petite Comédie fut exécutée en perfection , et M. le Duc d’Oriéans, dans le rôle du Vicomte , et M. le Marquis de La Valliere , dans celui du Marquis , ïéjouirent fort la compagnie.»

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« En 171 << , les Comédiens du Roi obtinrent du Duc d’Orléans , Régent, la permission de représenter ^thalic sur leur Théâtre. Ils en supprimèrent les Chœurs , et cette Tragédie fut reçue du Public avec les applaudissemens qu’elle méritoit. Elle eut à cette première mise quatorze représentations , dont la derniere fut donnée le jour de la clôture d’avant Pâques , n disent les freres Parfaict.

Voici ce que Le Févre , Auteur du Mercure Calant, après Devisé, dit dans celui de Février de cette même année « Mardi troisième jour du mois de Mars prochain les Comédiens François doivent donner la première représentation d'Athalie , Tragédie de rillïïstre Racine. Je me trouve en cet endroit de mon récit obligé , en conscience , de faire une humble amende honorable à M. Dancourt , et de me rétracter de toutes les vérités désobligeantes que j’ai dites des Fèces du Cours et du Vert Galant , et de tant d’autres mauvaises Pièces dont il a la gloire d’être Auteur^ Quel triomphe pour M. Dancourt î ^zhalie de, • Racine va briller sur la scene , revue , augmentée, çmbcUie et corrigée par M. Dancourt î L’esprit

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