I.es verssurson Autel consument tous les jours
Né Ministre du Dieu qu’en ce Temple on adore, l*cut-6tre que Mathan le serviroit encore,
Si l’atDour des grandeurs , la soif de commandée Avec son joiag étroit pouvoient s’accommoder,
Qu’cst-il besoin , Nabal, qu’à tes yeux je rappelle De Joad et de moi la fameuse querelle.
Quand j’osai contre lui disputer l’encensoir;
Mes brigues, mescombars, mes pleurs, mon désespoir? Vaincu par lui , j’entrai dans une autre carrière.
Et mon ame à la Cour s’attacha toute entière. J’approchai , par degrés , 'de l’oreille des Rois,
£t bientôt en oracic on érigea ma voix.
J’étudiai leur cœur , je flattai leurs caprices;
Je leur semai de fleurs le bord des précipices.
Près de leurs passions tien ne me fut sacré.
De mesure et de poids je changeois à leur gré.
Autant que de Joad l’inflexible rudesse De leur superbe oreille offensok la mollesse.
Autant je les charmois par ma dextérité ,
Dérobant à leurs yeux la triste vérité ,
Prêtant à leurs fureurs des couleurs favorables.
Et prodigue, sur-tout, du sang des misérables i Enfin , au Dieu nouveau qu’elle avoir introduit Par les mains d’Athaüe un Temple fut construit, Jérusalem pleura de se voir profanée.
Des enfans de Levi la troupe consternée.
En poussa vers le Ciel des hurlcmcns affreux.
Moi seul , donnant l’exemple aux timides ?Iébrcux> Déserteur de leur loi , j’approuvai l’entreprise.
Et par-là de lîaal méritai la prêtrise ;
Par- là je me rendis terrible à mon rival :
Je ceignis la ihiare , et marchai son égal.
Toutefois, je l’avoue , en ce comble de gloire.
Du Dieu que j’ai quitté l’importune mémoire Jette encore en mon amc un reste de terreur t Et c’est ce qui redouble et nourrit ma fureur.
Heureux si sur son Temple , achevant ma vengeance. Je puis convaincre enfin sa haine d’impuissance.
Et, parmi les débris, le ravage et les morts,
A force d’attentats perdre tous mes remords !..•
Mais voici Josabec.