SCENE VII
JOAD, JOSABET.
HL’orags se déclare.
Athalie en fureur demande Eliacin.
Déjà de sa naissance et de votre dessein On commence , Seigneur, à percer le mystère.
Peu s’en faut que Mathan ne m’ait nommé son perc*
Au perfide Mathan qui l’auroit révélé?
Votre trouble à Mathan n’a-t-il point trop parlé J } O s A B £ T.
3’ai fait ce que j’ai pu, pour m’en rendre maîtresse. Cependant, croyez-moi, Seigneur, !c péril presse. Réservons cet enfant pour un tems plus heureux. Tandis que les médians délibèrent entt’eux,
Avant qu’on l’environne , avant qu’on nous l’arrachC»
Une seconde fois souffrez que je le cache.
les portes, les chemins lui sont encore ouverts.
^6 ATHALIE
Faut-il le transporter aux plus a^Freux ddsertsf Je suis prête. Je sais une sccrcte issue Par où , sans qu’on le voie et sans être aperçue. De Cddron avec lui traversant le torrent.
J’irai dans le ddicrt, où jadis, en pleurant Et cherchant comme nous son salut dans la fuite, David d’un fils rebelle évita la poursuite.
Je craindrai moins pour lui les lions et les ours.... Mais pourquoi Je Jdhu refuser le secours?
Je vous ouvre peut-être un avis salutaire.
Faisons de ce trésor Jdhu dépositaire.
On peut dans ses Etats le conduire aujourd’hui.
Et le chemin est court qui mène jusqu’à lui.
Jchu n’a point un coeur farouche, inexorable; De David à scs yeux le nom est favorable.
Hélas! est-il un Roi si dur et si cruel ,
A moins qu’il n’eût pour mere une autre Jdsabel, Qui d*un tel suppliant ne plaignît l’infortune ?
Sa cause à tous les Rois n’est elle pas commune?
Quels timides conseils m’osei-vous suggérer^
In l’appui de Jdhu pourriez-vous espérer?
Dieu défend-il tout soin et toute prévoyance?
He l’ofFensc-t-on point par trop de confiance?
A scs desseins sacrés employant les humains.
N’a-t-il pas de Jdhu lui-même armé les mains?
Jdhu , qu’avoit choisi sa sagesse profonde ,
Jdhu , sur qui je vois que votre espoir se fonde.
D'un oubli trop ingrat a paye ses bienfaits.
Jdhu laisse d'Achab l’affreuse fille en paix*
Suit des Rois d’Israël les profanes exemples ,
Du vil Dieu de l'Fgypte a conservé les Temples* Jéhu * sur les hauts lieux enfin osant offrir.
Un téméraire cncers que Dieu ne peut souffrir *
^’a , pour servir sa cause et venger scs injures * l^i le coeur awex droit , ni les mains assez pures.
Is'on , non , c’est à Dieu seul qu’il faut nous attacher* Kîontrons Fliacin et, loin de le cacher *
Que du bandeau royal -sa rote soir omée.
Je veux même avancer l’heure déterminée.
Avant que de Mathan le complot soit formé.