‹ Esthétique musicaleChapitre 115 sur 125 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ce premier livre, consacré à la structure des accords, contient aussi, comme on vient de le voir, toutes les déterminations qui se rapportent à la nalure et à Vemploi de ces réalités harmoniques ; et il forme ainsi, à lui seul, un traité qui n'a besoin d'aucun autre développement, du moins pour les compositeurs qui sauroat bien ^ après tqut ce que nous venons de leur apprendre, introduire les nouvelles richesses harmoniques dans leurs créations ultérieures. Ce résultat est d'autant plus assuré, que déjà les maîtres modernes font un usage souvent fort heureux de quelques-uns de nos accords , en dépit des traités d'harmonie qui ne leur offrent et ne peuvent leur oûrir, même très-imparfaitement, que les résultais de la pratique de leurs devanciers. Or, maintenant que la loi suprême de V Harmonie est découverte, les artistes, en se livrant à toute la spontanéité de Tinspiration, n'auront plus à tenir compte d^une foule de prohibitions qui forment le fond de la plupart des traités d'harmonie , et qui, si elles étaient suivies à la lettre, empocheraient toute manifestation de la pensée musicale. Gela est si vrai que, depuis longtemps , les. compositeurs ne suivent presque aucune de ces règles prélenduement infaillibles, préconisées dans les traités; d'où il résulte que les élèves, en se fondant sur ces règles, croient découvrir des fautes grossières dans les œuvres de tous les grands maîtres; et que, lorsqu'à leur tour ils veuleut donner l'essor à leurs inspirations , ils sont forcés de faire des efforts surhumains pour se débarrasser des entraves de l'enseignement , trop heureux quand , à l'issue de cette lutte de leur sentiment contre la roulinej ils ne sont pas mutilés au point d'être incapables de produire une œuvre de quelque valeur.

Notre livre ne s'adresse point aux élèves ,y parce qu'avant tout, il nous a paru nécessaire de porter la conviction dans l'esprit des maîtres^ parmi lesquels nous espérons fermement tvouver des partisaxu^ de nos idées nouvelles ; car tous les musiciens aujourd'hui sentent Tinsufiisance des doctrines professées dans les conservatoires.; et,, pour peu qu'ils étudient notre livre, ils reconnaUvont qu'eu criliq^uanX ces doctrines, nous n'avons cédé à aucune vue personnelle > mais bien à

une conviction basée sur des principes mathématiques toujours justifiés par l'expérience elle-même. En trouvant, par exemple, tous les accords connus, tous sans exception dans nos formules, et en admettant que tout n'est pas encore découvert dans le domaine harmonique, ils seront portés à examiner les produits de notre lot génératrice; et, comme nous ne nous bornons pas à une sèche description de ces nouveaux accords, mais que partout et toujours nous produisons des exemples pratiques, vérifiant ainsi par le fait , par lexpérience , les données de notre théorie , quand ils reconnaîtront que plusieurs de ces accords nouveaux ont déjà été employés par de grands compositeurs, bien que les traités ne les mentionnent point; et surtout, quand ils verront que les nombreuses exceptions dans l'enchaînement, signalées par les théories empiriques , sont toutes ramenées à la règle la plus stricte, ils n'hésiteront plus à admettre tous les produits de notre loi suprême, et à prendre pour guide de l'enchaînement des accords notre nouvelle théorie des accords multiples , sans laquelle Valléraiion multiple des intervalles des accords signalée par M. Fétis, comme V origine véritable de Venharmonie transcendante, n'aurait aucune règle. Chacune de ces altérations est, en effet, basée sur Texislence d'un accord appartenant à notre tonalité actuelle; or, toutes les altérations ne sont point également admissibles, parce que toutes ne correspondent pas à de véritables accords ; et , lors même que toutes ces altérations auraient une telle base réelle, il faudrait encore pouvoir la reconnaître, ce qui n'est possible qu'au moyen de notre loi créatrice des accords.

Pour compléter le présent ouvrage, nous aurions encore à produire les preuves mathématiques de la loi d'enchaînement des accords; mais nous nous contenterons, du moins provisoirement, d'avoir produit la preuve de fait de la vérité de celte loi , preuve qui suffit amplement pour les praticiens. Nous jugerons ultérieurement, d'après l'accueil qui sera fait à notre travail, s'il y a lieu de donner ce complément, qui s'adressera.surtout aux mathématiciens.

Nous comptons' sur l'appui des artistes , nous dirons même que cet appui nous paraît nous être assuré d'avance, parce que nos idées sont sanctionnées par les faits ; en d'autre^ termes , parce que notre théorie rationnelle est d'accord avec leur sentiment musical. Nous désirons, nous espérons même Tapprobation des savants compositeurs

qui siègent à rinstitut de France, mais nous ne croyons pas devoir soumettre notre travail à leur jugement , parce qu'il serait absurde de faire juger noire esthétique musicale, fondée sur des principes à priori, par des doctrines qui, bien qu'officielles, ne sont cependant point l'expression de l'état déjà très-avancé de l'art à notre époque.

Quant au développement progressif de l'art musical , tel qu'il dépend purement de l'oreille ou du sentiment, la philosophie absolue découvre à priori, pour le passé, cinq périodes que cet art a parcourues jusqu'à ce jour, et pour l'avenir, deux périodes ultérieures qu'il lui reste encore à parcourir pour arriver à son accomplissement.

Kous produirons ultérieurement, c'est-à-dire dans un second livre, ia classification du système harmonique, et même du système musical tout entier, d'après la loi de création elle-même. Mais, pour être bien comprise, cette classification absolue postule la connaissance préalable de la susdite loi de création ; c'est pourquoi nous produisons cicontre la construction archiiectonique de cette grande loi, telle que Wronski Ta fixée au tome V de la Réforme absolue du savoir humain. Cette loi se fonde suri' ABSOLU, c'est-à-dire sur le principe premier qui contient en lal-mênie la raison de san existence^ c^est-a^lre la condition de ma propre réalité^ et qol subsliite ainsi par sol-mènie^ principe qul^ par conséquent, porte en lui la condition de la réalité de l^nnlTcrs»

Nota. Ponr la lecture des tableaax généliqaes suivants, nous devons ici faire remarquer aox personnes qui ne sont pas habituées li cette exposition labulaire, qne, suivant la division dichotomique, qui est la seule rigoureusement logique, les deux sous-classes de chaque classe subdivisée sont marquées par les lettres a et b, portant à droite un nombre supérieur d'une unité à celui que porte le même indice de la classe ainsi subdivisée. De cette manière, en partant des deux genres primilife, désignés par A) et B), chacun de ces deux genres a deax classes désignées respectivement par a) et b) ; chacune de ces classes a) et b) peut avoir de nouveau deux sous-classes aS) et b2) ; chacune de ces dernières classes a2) et bS) peut avoir deux nouvelles sous -classes désignées respectivement par a5) et b3) ; et ainsi de suite, aussi loin que chacune de ces diverses classes ou soos-classes admet des subdivisions ultérieures.

552 LIYRB PREMIER.

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