‹ Esthétique musicaleChapitre 44 sur 125 · Partie moyenne · texte numérisé non relu

Partie moyenne

Mi Ut Ut

Mi Ut Mi

Mi Ut

Fa

Mi Ut

FaHa

Ré

Si Sol

Ut Ut

§. 96. L'accord de septième de quatrième espèce |, se résout quelquefois en mode majeur sur celui de septième dominante. Cette résolution à la seconde majeure supérieure ^ (du moins en apparence, car ainsi que l'observe avec raison M. Barbereau, c une analyse plus approfondie pourrait nous montrer le second degré comtbe note génératrice de Taccord 7 , et alors la résolution sur la septième dominante serait normale » , c'est-à-dire à la quinte inférieure) , a été signalée par Reicha dans le chapitre de son Traité d'harmonie consacré aux résolutions exceptionnelles des accords dissonants. Du reste, elle était connue et pratiquée depuis longtemps; on la rencontre dans S. Bach, Hsendel, Haydn, Mozart, etc. ; mais nous l'avons déjà dit, les Traités d'harmonie sont restés fort en arrière de la pratique. Sans doute il était nécessaire que les faits se fussent produits avant que les auteurs didactiques ne les réduisissent en règles; et cette marche était obligatoire alors qu'il n'existait aucune véritable théorie harmonique. Mais un siècle et plus d'intervalle (1) entre la pratique des maîtres et les livres destinés à l'enseignement des jeunes compositeurs, nous parait une marche un peu par trop prudente.

§. 97. Sans prétendre donner ici toutes les résolutions possibles de l'accord de septième de quatrième espèce, nous allons en signaler encore quelques-unes. Par exemple, celle de l'accord 7 en mode mineur sur l'accord de sixte augmentée ^ et dont le lecteur peut voir un exemple, page 102, fig. H. Une particularité de cet exemple, c'est que la note septième de l'accord dissonant est préparée par la précession d'une note voisine dans l'ordre diatonique (voir le §. 87).

Souvent l'accord | en mode majeur, se résout à la tierce inférieure sur l'accord parfait mineur du second degré. On en voit un exemple, page 113, fig. 24, dans la deuxième mesure où l'accord 7 est employé sans quinte, et résolu sur l'accord 2\

Enfin, signalons encore avec M. Barbereau l'emploi de l'accord de septième de quatrième espèce sur le deuxième degré de la gamme

(i) Qu'on ea joge: J.-S. BMh est né le 21 mars 1685, et il est mort le 28 juillet 1750. Eh bien! à une seule et récente exception près, signalée page liK, tous les Traités d*harmonie sont restés, sur Pensemble de Penchalnement harmonique, fart en deçà de la pratique de ce grand homme. Le fait est facile à vérifier, et ne sera contesté par aucun musicien ayant lu les œuvres de ce MIchel-Ânge de la musique, de cet homme qui , selon la juste expression du savant Marpurg, réyniuaU en iui êeul k§ taienU et kê perfectione de ptueSeure grande hommee.

mineure, baissé d'un demi-ton chromatique. Voici en faveur des personnes qui ne connaîtraient point cet emploi de l'accord en question , un exemple tiré de l'ouvrage de ce grand harmoniste.

(Voir tome I , page 226 , mesure 25 de la figure 322 du Traité ihiorique et pratique de compoeition musicale.)

Exemple de Ten^loi de raccord l^ en mode mineur.

Dans cet exemple la note septième de l'accord r^ est préparée par la même note dans l'accord précédent, et sa résolution a lieu par prolongation de son.

REMARQUE

M. Fétis ne reconnaît, parmi les accords de quatre sons, comme accord naiurei qne le seol accord de septième dominante. Selon cet auteur, les accords de septième de seconde, troisième et quatrième espèces sont des accords artificieU provenant de la substitution réunie à la prolongation.

Cette théorie est spécieuse, mais elle ne peut soutenir un examen approfondi; elle suppose en effet la nécessité absolue de la préparation de la note septième par une note placée sur le même degré, et entendue d'abord à l'état de consonance.

Or, tous les harmonistes sont d'accord pour admettre la préparation de la note septième par une note voisine dans Tordre diatonique. C'est là un fait consacré par la pratique des maîtres de toutes les écoles, et sanctionné par le sentiment musical. La conséquence évidente de ce fait c'est qne l'explication que donne M. Fétis de l'origine des accords de septième autres que celui de septième dominante , est erronée.

Un antre fait plus significatif encore, c'est qu'une note septième arrivant ainsi par mouvement diatonique, peut servir de préparation à une dissonance, comme l'a trèsbien fait voir M. Barbereau, tome P', pages 203 et 264 de son Traité.

Voici les paroles de ce maitre que M. Fétis ne récusera pas, car il est d'accord avec tous les praticiens:

< On peut admettre, comme propre à préparer une suspension, la fonction de septième prise sans préparation et par intervalle de seconde inférieure après la fondamentale d'un accord de trois sons , quelle que soit l'espèce d'accord de septième qui résulte de l'adjonction de cette note, b

La répatation méritée de M. Fétis d*ane part, de Tautre les attaques réitérées de cet harmoniste contre la théorie des accords de septième de Kirnberger, Tûrck, F. Schneider, Reicha et Rarbereau, nous imposaient en quelque sorte cette explication qui, 'nous l'espérons, ne sera pas sans quelqu*utilité pour le lecteur.

(97)'. En posant m = 4 dans les formules générales du $. 35 , on obtient celles qui conviennent à tous les accords de 4 sons. Les voici : T*(*)=4x+«-3«' (A,)

Cette dernière relation qui doit être satisfaite en nombres entiers positifs , exprime que dans la structure de tout accord de quatre sons il entre six tierces. On peut vérifier déjà que cette condition est remplie pour les accords de septième de 1'*, 2* y 3« et 4<^ espèce au moyen des tableaux de structure de ces accords dans le présent chapitre. Les valeurs de t et f' qui se rapportent à chacun de ces accords sont les suivantes:

±<^ Pour l'accord de septième dominante : / = 3 avec t' = 3 , ce qui donne pour la somme des termes de cet accord:

2o Pour l'accord de septième de seconde espèce / = 2 avec *':=4, et par suite:

tp^ (a:) = 4a?— 4.

3* Pour l'accord de septième de trobième espèce , f ^ 1 avec l' =: 5» et par conséquent: <p^(ar) = 4a: — 11.

40 Enfin pour l'accord de septième de quatrième espèce: /=4 avec l' = 2, et par conséquent : ^ ^ (x) ss 4x + ^^ »

il est facile de vérifier directement l'exactitude de ces quatre relations.

Mais l'équation (û J admet plus de 4 couples de valeurs entières et positives de / et t' f elle peut effectivement se vérifier par les sept couples suivants :

1 = 0} < = 1 ? / = 2) /=3) / = 4Î r=:5) r = 6) l'=6j t'=b] I'=4J /'=3S t'=2] t'=iS ''=0j

Il nous reste donc à examiner les trois couples:

Après cet examen , qui ne portera encore que sur les accords appartenant à l'Aflrmonie naturelle^ et dont le caractère mathématique est que Ton peut faire l'évaluation de leurs fonctions, à partir de la fondamenUle, sans passer par des sons étrangers à l'agrégation : après cet examen , disons-nous , nous aurons encore à rechercher les accords de Y harmonie altérée y dont les sommes sont identiques aux sommes fé (*) obtenues au moyen des diverses hypothèses sur * et l* qui vérifient la relation (ÛJ, et qui se trouvent ainsi conjugués avec les accords de l'harmonie naturelle.

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