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CHAPITRE XV

DES ACCORDS MIXTES DE SIX SONS EN PARTICULIER, ET DE LEUR EMPLOI A 3, 4, 5 ET 6 PARTIES RÉELLES.

§. 28i. Les accords mixtes de la présente classe sont au nombre de dix y parmi lesquels trois sont des accord$^type$. La nomenclature ainsi que le mode de structure de ces dix accords, ont été donnés à la fin du chapitre XIII, pages 328^ 329, 330 et 33i. Nous allons examiner chacun d'eux en particulier, en commençant par l'accord désigné par A', conjugué par son mode de structure avec l'accord naturel A, dont nous avons parlé au début du chapitre XIY.

A* Accord de onzième majeure» avec neuvième majeure, septième mineure ^ quinte juste et tierce majeure.

Exemple: Modeminedr. ( ^^W^tt— '—«'—'»'— H *'*^- a* type, 4. ( +4 -.3 —3 +4 4 4

§. 282. Cet accord, formé comme l'accord naturel A au moyen de 8 tierces majeures associées à 7 tierces mineures, a son siège sur le quatrième degré de Téchelle du mode mineur, T type. Il embrasse huit unités sur Féchelle des quintes , c'est-à-dire sur l'étendue même du 2* type du mode mineur. Les deux accords de septième qui entrent dans sa composition, et qui ont respectivement pour fondamentale la fonction même de fondamentale et celle de quinte de raccord complet, sont: i"" L'accord de septième dominante, 2^ Vaccord de septième majeure , avec quinte juste et tierce mineure (i).

Aflc. de SMTecQJet Tm.

ré — -/iïjif la — ut mi— «o/Jif

Aec. de sept, domin.

Du reste le présent accord de onzième correspond au n* iA du tableau de la page 324 ^ comme il est facile de s'en assurer directement.

Emploi en mode mineur.

§. 283. Ou peut faire usage du présent accord A' sur le A^ degré du 2^ type du mode mineur , en employant sa fonction de onzième, comme appoggiature , par rapport à la fonction de quinte de V accord de neuvième dominante majeure que l'on peut placer sur ce même 4' degré, comme nous l'avons montré §. i60.

Voici la réalisation de cette harmonie:

Fig. 13S.

moie minevr 1 r type

(1) Voyez, pour ce dernier accord, au chapitre VII, les $$• 109, 110 et 111.-

NB. L'accord A' se yoh ici an temps fort de* la seconde mesure; il y est employé avec toutes ses foDCtions, sauf celle de quinte que l'on a supprimée, non par impossibilité de l'admettre, mais parce que l'harmonie n'est qu'à 5 parties. Les harmonistes attachés à la doctrine reçue ne verront sans doute dans cet exemple qu'une simple appeggiature; appoggiature , soit; mais qu'on nous dise comment une pareille note peut se justifier rationnellement si elle n'appartient pas au système des accords, si elle ne se trouve faire partie d'un accord spécial? Le mot appoggiature n'exprime rien de plus que la forme sous laquelle certaines fonctions des accords se présentent.

Emploi de raccord A! en mode majeur,

%. 284. L'accord A' peut s'employer par déplacemeol , sur la dominante en mode majeur , soit comme accord suspensif, soit en faisant interifenir ses fonctions de neuvième et de onzième comme oppoggiatures par rapport à celles de fondamentale et de quinte de l'accord de septième dominante. La figure 139 présente la réalisation de ces deux cas:

Fig. 139.

JSLQ-

jd.

td

TTf

iSol

majeur

NOTA. Dans l'exemple (a), notre accord se voit au temps fort de la seconde mesure; il y est dans son second renversement ^ et ses fonctions de fondamentale et de neuvième sont supprimées ; celle de onzième (le <o/||), placée dans la partie supérieure, et préparée dans la première mesure, joue le rôle de Mur/^iwion inférieure par rapport à celle de quinte de l'accord de septième dominante ; mais ce qui prouve irréfragablement que ce n'est là qu'une former c'est la présence de cette quinte {la) dans la basse pendant la durée de la suspension. — En (6), le même accord A' est employé avec sa fondamentale, et ses fonctions de neuvième et de onzième jouant le rôle étappopgiatures par rapport à celles de fondamentale et de quinte de l'accord de septième dominante du ton de SoL majeur.

B' Accord de onzième , avec neuvième et septième mineures , quinte juste

et tierce majeure.

Mode mineur l« type

leur. ) mi «o/;^ — «i— r^ — fa la

§. 285. Cet accord, formé comme l'accord naturel B au moyen de 6 tierces majeures associées à 9 tierces mineures, embrasse sur l'échelle des quintes toute l'étendue du V^ type du mode mineur où il a son siège sur la dominante. Les deux accords de septième qui entrent dans sa composition sont, d'une part, l'accord de septième de troisième espèce , dont la fonction de quinte de l'accord de onzième est la fondamentale; et d'autre part, V accord de septième dominante , dont la fondamentale se confond avec celle de l'accord complet.

Âcc. de sept, de 5* espèce.

mi «o/j:J si ré -fa la

Acc. de sepliëme dominante.

De cette structure de l'accord B' résulte immédiatement le mode normal de son emploi à Vètat direct, conformément à ce qui a été dit §. 261, pour l'accord naturel A, et §. 262 pour l'accord naturel B. C'est pourquoi nous donnons sans commentaire l'exemple suivant qui présente la résolution normale médiate de l'accord qui nous occupe.

Fig. 140.

( à 5 parties)

=iïE:

§. 286. Quanta la résolution normale immédiate, on peut l'obtenir par le renversement complet de l'accord de onzième , c'est-à-dire en plaçant à la basse sa fonction de onzième, préparée et résolue sur le même degré, comme fondamentale de l'accord parfait de la tonique.

Fig. 141.

(à S ^arlies)

'"'^'Wiâfoiiî^^

L'harmonie se présente dans les deux premières mesures de cet exemple, sous forme de Pédale tonique ^ mais en réalité c'est une simple tenue f puisque la note la est commune à tous les accords sous lesquels elle se prolonge.

§. 287. L'accord mixte B' qui originairement appartient au mode mineur, peut se transporter au sein du mode majeur soit sur le V degré, soit sur la dominante.

L'exemple de son emploi sur le 1" degré, se \oit page 338, flg. i20, au temps fort de la 4"" mesure. Cet emploi remarquable de l'accord en question est signalé dans l'explication placée à la suite de la figure 120. Il est facile de concevoir, par ce même exemple, de quelle manière on pratiquerait l'accord en question sur la dominante. Il suffirait en effet de moduler en FA majeur, en résolvant l'accord de septième dominante qui occupe le temps faible de la 4* mesure, non sur l'accord naturel de onzième B, ainsi que nous l'avons fait dans la mesure suivante, mais sur l'accord de la tonique en FA majeur; puis, d'ajouter deux mesures en forme de cadence formelle dans ce nouveau ton.

Depuis longtemps l'accord mixte B' est employé dans les deux modes. Dans la théorie des suspensions, il présente le retard de la tierce dans V accord de neuvième dominante mineure, et c'est effectivement sous cette forme qu'il se produit, ce qui n'infirme en rien sa réalité comme accord.

Disons, en terminant, que l'accord B' correspond au n"* 13 du tableau de la page 324.

G' Accord de onzième , avec neuvième majeure j septième, quinte

et tierce mineures.

Mode mineur. } /a^ ia ut—'^mi solj^ si.

2* type, 6. ( —3 —3 +4 +4 —3

§. 288. Cet accord mixte, formé comme l'accord naturel C étudié dans le chapitre précédent, au moyen de 5 tierces majeures associées à dix tierces mineures, correspond au n^ 32 du tableau de la page 325. Il embrasse une étendue de 8 quintes sur l'échelle des sons, c'està-dire l'étendue même assignée au 2* type du mode mineur : les deux

accords de septième dont il présente la réunion systématique sont : V r accord de septième de troisième espèce (1); 2** l'accord de septième majeure avec tierce et quinte majeures (2).

^ Ace, de 7*, B'^ et 5" maj.

faj^— — la ut mi soljj^ si

Ace. de 7: de 3* espèce.

§. 289. Il semble^ au premier aspect, impossible de faire un usage raisonnable du présent accord mixte C , moins peut-être à cause de sa dureté qu'à cause de l'instabilité du sixième degré dans le 2" type du mode mineur, instabilité presqu'égale à celle de la note sensible elle-même. Cependant, avec un peu de réflexion, on peut se convaincre que la difliculté est ici, comme dans d'autres cas, plus apparente que réelle; et nous pensons que l'exemple suivant, écrit à 41 parties, est de nature à satisfaire les oreilles les plus délicates.

Fig. 142,

lento

lE

-trr

-ihe-

za.

ï'fr

NOTA. C'est aa premier temps, dans la seconde mesure, qa*apparak notre accord C. Remarquons que les trois parties supérieures jouent ie rôle de suspensions par rapport aux fonctions de neuvième , septième et tierce de t accord de neuçième dominante mineure : si ré^/aj^ la ut, employé sans fondamentale , d'où résulte une triple suspension. Remarquons aussi que nous avons ici une véritable résolution nor^ maie de notre accord, puisque les fondamentales de l'accord G' et de Taccord résolutif sont respectivement yâ^ et si.

§. 290. On peut se servir du présent accord C pour amener une modulation à la seconde majeure inférieure , entre un ton mineur

(1) Pour l'accord de septième de troisième espèce, voir au chapitre VI les §§. 88, 89, 90 et 91.

(2) Pour l'accord de septième majeure, avec tierce et quinte majeures, voir au chapitre VU le %. 108.

et un ton majeur; par exemple, pour unir les tons de la mineur

et de sol majeur, comme dans la figure suivante:

Fig. 143.

lento.

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