CHAPITRE XVII
DE L*£HPLOI DES ACCORDS ALTÉRÉS DE SIX SONSi
§. 341. Les tableaux précédents, qui ne concernent que la seule classe des accords de onzième , offrent un ensemble de 73 agrégations, parmi lesquelles on compte: 6 accords nalurels-^types ^ 13 accords mixtes, dont 3 accords-types^ et enfin 54 accords altérés, , Les accords naturels et les accords mixtes ont été examinés en grand détail dans les chapitres XIY et XY ; il ne nous reste donc plus à étudier que les accords altérés: mais nous ne pourrons, à cause de leur grand nombre , nous étendre sur chacun d'eux autant que nous l'avons fait pour les accords altérés des classes précédentes; toutefois, nous en dirons assez pour qu'il ne reste aucun doute dans l'esprit du lecteur, sur la nécessité d'admettre ces accords comme parties intégrantes du système harmonique. Sans douté, le grand ly^mbre des accords nouveaux introduits dans la science par notre LOI GÉNÉRATRICE , scra d'abofd un obstacle à leur admission , sinon de la part des compositeurs eux-mêmes, du moins de la part des théoriciens-harmonistes* Mais quand on aura reconnu les propriétés de ces accords, quand on saura que déjà plusieurs d'entre eux ont été employés instinctivement par de grands maîtres ; lorsqu'enfm on s'apercevra qu'une foule de faits harmoniques, inexpliqués jusqu'à présent, reçoivent une irréfragable explication rationnelle, on finira par se rendre à l'évidence, et l'on admettra sans restriction tousjes produits de notre loi génératrice appliquée aux éléments de la tona-^ lité moderne.
§. 312. Mais venons au fait, et, pour procéder avec ordre, commençons par la série des accords désignés par la lettre A diverse-* ment accentuée, dont la nomenclature se trouve pages 373 et 374.
Déjà V accord naturel A a été étudié (voir chapitre XIV, les §§. 257 à 261), ainsi que V accord mixte A' (voir chapitre XV, les §§• 281 à 284) ; nous avons même consacré uû paragraphe (le §. 309) à Vac-^ cord mixte A", qui est un de ceux qui forment en quelque sorte la transition entre les accords naturels et mixtes, et les accords altérés
proprement dits. Cependant nous croyons que le lecteur ne sera pas fâché de trouver ici quelques considérations nouvelles concernant ce dernier accord , et un ou deux exemples de son emploi.
Déjà, sans. doute, on aura remarqué que Vaccord mixte qui nous occupe, présente la 4uxta-position de deux accords parfaits mineurs, dont les fondamentales sont respectivement, pour Tun, la fondamentale même de l'accord de onzième, et pour Tautre, la fonction de septième de cet accord ; surtout on aura vu que ce second accord parfait est formé des appoggiatures inférieures des sons consti* tutifs du premier accord parfait.
fîg. 155.
accord mixtf A-
^dW
^WH
*yr^
Or, il est évident que les deux accords parfaits mineurs ré-fa-la
et ut^^mi-solji^ ne peuvent être attaqués simultanément avec toutes leurs fonctions, durer le mime temps ^ et conséquemment finir ensemble , à cause de la coexistence au sein de Taccord A", de l'appareil attractif (1) ré-mi-sol^^ et de l'accord résolutif la-^ut^-mi de cet appareil. Mais rien ne s'oppose à l'introduction successive des sons uii^j mi et soli^j soit séparément, soit par couples formant tierce on
sixte, pendant la durée de Vaccord parfait mineur ré- fa-la ^ comme dans la figure suivante, et encore de beaucoup d'autres manières connues de tous les praticiens.
fi UéA r^;
mineiir! VJ^ f -JLT ^
ili( ^f^^^^fi^}^f^i
u ^^^ — -- K-e- êic
(1) Lire les pages XL à XLVI dans le I^^" Mémoire de Barbereaa déjà cité dans la note de la page 293.
392 LÏVÏIE PREMIER.
On voit qu*ici les fonctions de septième, de neuvième et de onzième de raccord mixte A", se font entendre successivement, pendant la durée des autres fonctions de cet accord, c'est-à-dire pendant la durée des fonctions de fondamentale, de tierce et de quinte; il n'y a donc là aucune note réellement étrangère à l'harmonie , puisque la fondamentale ré les contient toutes. Les appoggiatures ne sont donc pas, comme on le croit, étrangères à la note fondamentale, mais bien des sons qui se rattachent intimement à cette note } le fait qu'on ne peut attaquer toutes les fonctions à la fois, n'infirme en rien cette manière de voir, car plusieurs accords connus et acceptés de tous sont dans le même cas. Seulement, on y gagne de connaître l'origine de ces notes prétenduement étrangres aux accords que l'on désigne sous le nom d' appoggiatures y et l'on apprend qu'elles se rattachent par un lien très-étroit à l'ensemble du système harmonique.
§. 313. Signalons, en passant, Vaccord mixte désigné par G (voir chapitre XV, les §§. 302 et 303), comme présentant en mode majeur le pendant de Vaccord mixte A". On peut en effet considérer cet accord G, comme offrant la juxt\-position de deux accords parfaits majeurs, dont l'un est formé des appoggiatures inférieures des fonctions de l'autre; on peut donc, sous ce point de vue, lui appliquer ce qui vient d'être dit concernant Vaccord mixte X". On a vu plus haut (§. 303, fig. 150), une réalisation de Vaccord mixte G, fondée ^sur des considérations d'une toute autre nature.
§• 314. L'accord mixte A." peut aussi être employé tout autrement que sous l'aspect d'un accord parfait accompagné des appoggiatures inférieures de ses fonctions; nous nous bornerons à un seul mais décisif exemple , dans lequel l'accord en question reçoit médiatement sa résolution à la quinte inférieure. Le voici :
Fig. 157.
rf mineur
ut mineur
SI P mineur
NB. Dans cette figure , la fonction de onzième de V accord mixte A" (le soljijf) y occape toute la seconde moitié de la première mesure, pendant que celles de septième et de neuvième (Vutji^ et le mi) se présentent comme notes de passage variant les fonctions de fondamentale et de tierce. Au début de la seconde mesure, il y a changement enharmoniqucy et> par suite, modulation en ut mineur. Remarquez qu'on ne pourrait pas écrire la\f au lieu de sol^ dans la première mesure ; ni soJ^ au lieu de /a^ dans la troisième, parce que l'altération descendante ne peut s'appliquer à la dominante d'un ton, soit majeur, soit mineur. Notre accord A" se transforme en celui (Je septième de troisième espèce ayant même fondamentale, et c'est ce dernier accord qui se résout à la quinte inférieure sur la dominante du nouveau ton mineur. Tout l'exemple- présente une marche harmonique , au moyen de laquelle on peut, en la poursuivant, revenir au ton primitif de rè mineur.
Emploi de l'accord altéré désigné par A'", embrassant 10 quintes sur Véchelle des sons.
Exemple : sol — si — reJ:J — fa — la — ut,
§. 315. Cet accord doit être considéré comme provenant de Taltération ascendante de la fonction de quinte, dans l'accord naturel de onzième désigné par la lettre E, accord traité au chapitre XIV sous les |§. 270, 271, 272, 273 et 274. Comme Taccord naturel dont il présente raltération, Faccord A'" a son siège sur la dominante en mode majeur ; mais on ne pourrait, comme Taccord E, l'employer en mode mineur. Nous ne donnerons qu'un seul exemple de son emploi, parce que notre but est moins de montrer tout le parti que Ton peut tirer des accords nouveaux introduits dans la science harmonique par notre loi génératrice , que de constater par le fait la possibilité de leur réalisation.
(à 5 parties)
Ft majeur.
NE. Dans cet exemple , Faccord A'" se montre à Textrémité de ravant-dernière mesure , dont l'accord E occupe le temps fort et une partie du temps faible. L'accord est employé dans son cinquième renversement y et sa résolution a lien régulièrement à la quinte inférieure 9ur Paceord de la tonique.
Emploi des accords k^ , A^, A^' et A^", qui embrassmt 4i quintes
sur Véchelle des sons.
§. 316. L'accord A*^ (1) doit être considéré comme une altération de l'altération E, nommément comme présentant l'altération ascendante de la fonction de neuvième de cet accord naturel. D'ailleurs il a même siège que l'accord E , savoir la dominante* en mode ma-i jeur. Un seul exemple de son emploi suffira; le voici:
Fig. 159.
Afoderalo.
Ut mijnir. 1 5
§. 317. L'accord A^ qui, comme le précédent, embrasse 11 quintes, présente une double altération de l'accord naturel B, étudié diapitre XIV, sous les §§• 262, 263, 264 et 265, Il s'agit donc d'employer l'agrégation suivante :
Av. Ex.: ré^a — toj;f— iifj^ — mi^sol ^
. Il est facile de voir qu'il est possible de pratiquer cette agréga^ tion sur le second degré du mode majeur, ce qui est le siège prin-
(1) C'est par erreur que dans le tableau de la page 374, on n'a assigné qu'une étendue de 10 quintes à l'accord Aiv , il est évident qu'il en embrasse onze, puis-r que ses notes extrêmes , lorsqu'on rapporte les fonctions à réchelle des quintes, sont: /iifcl et la^.
cipal de Taccord naturel B dont Taccord A^ présente Taltération ; on peut voir tout aussi facilement que le sixième degré du mode majeur qui convient aussi à l'accord B, ne convient point a l'accord altéré A^ , parce que la fonction de quinte de ce dernier accord sortirait de la tonalité.
L'exemple suivant, dans lequel le présent accord altéré est employé immédiatement après l'accord naturel B, et résolu régulièrement à la quinte inférieure sur l'accord de la dominante,' fera comprendre le mode, ou du moins un des modes de réalisation de Tac* cord qui nous occupe.
Fig. 160.
(à 5 parties)
Ut majeur 1
NE. Dans cet exempte, Taceord altéré Av est employé à Vétat direct avec cinq d€ ses fonctions, la iieree seule ayant été retranchée* Mais cette même fonction de tierce se trouve réalisée dans raccord naturel B qui précède notre accord naturel Av; et il y a échange de notes entre la fonction de tierce de l'accord B, €t la fonction de neuvième de Taccord Ay qai, tous deu^, émanent de la même fondamentale ré^
§. 318, AV. Uaecord altéré désigné par A'" > c*est-à*dire l'accord formé, à partir de la note fondamentale de :
TM, Qj SM, Nm, OM, tel que t ut — mi sol— — si réf, faj^ ,
bien qu'embrassant il quintes comme les accords A'^ et At, n'a de rapport ni avec l'un ni avec l'autre de ces accords.
On peut l'envisager sous plusieurs aspects, et d'abord on peut le considérer comme offrant l'assemblage d'un accord parfait majeur necompagne des appoggiatures de ses fonctions de fondamentale et de quinte^ Les notes si et réb étant effectivement les appoggiatures inférieure et supérieure de la fondamentale vr\ et la note/a^, Vappoggiaiure infé-^
rieure de la fonction de quinte sot. Sous ce point de \ue, il y a longtemps que Ton pratique V accord altéré A^' , sans s'en douter , à peu près comme M* Jourdain faisait de la prose. Par exemple, quand on écrit:
Fig, 161-
La mineur. ^,
§. 319. On peut et Ton doit aussi considérer l'accord A^" comme provenant de l'altération descendante de la fonction de neuvième dans V accord naturel désigné par D dont nous avons parlé au chapitre XIV , sous les §§. 268 et 269. Toutefois, on ne pourrait l'employer comme ï accord naturel D, sur le 4® degré en mode majeur, à cause de la note altérée qui serait étrangère à la tonalité ; mais on peut le pratiquer sur les degrés 1 et 5. On voit un exemple de son emploi,
page 284, §. 219, fig. 94. Evidemment l'accord si-ré-fa^-hJ^-ui^ ^ qui occupe le second temps de la troisième mesure dans cette figure, n'est au fond que V accord altéré A^' , privé de sa note fondamentale
soL. Ce qui ne veut pas dire que l'agrégation : «i-ré-fatt-Iab-u^S n'a pas de réalité comme accord de cinq sons, mais seulement que, dans l'exemple donné fig. 94, sa véritable note fondamentale n'est pas si mais bien sol; et que, par conséquent, cet exemple se rapporte à l'emploi de notre présent accord altéré A»^. Il suffirait de résoudre l'accord de cinq sons : si — ré—fa^ — /ab— w(S, consigné dans le susdit exemple, sur Vaccofd de neumme dominante majeure:
mi-^sol^ — si — ré — /a^, pour donner à l'accord de cinq sons, désigné par la lettre accentuée C"', sa véritable attribution. Pour ne rien laisser à désirer à cet égard, nous avons réuni dans un même exemple, l'emploi de l'agrégation si-ré-fa^-lah-ut^ considérée d'abord comme accord de cinq sons , pu's comme accord de six sons. Voici cet exemple .
Flg. 162.
lenlo
I majeur.
- Utifiajvur réialiliin iwrmaTe méiiàte.
NB. Dans cette figure raccord de cinq sons désigné par C'\ , paratt à l'extrémité de la première mesure; sa fonction de septième la\^ fait sa résolution par prolongation de son^ et enkcwmohiquement , sur solj^ fonction de tierce de Fac" cord de neuçième dominante majeure qui occupe la seconde mesure. Quant à l'accord ATie> On le Toit employé sans fondamentale à Textréihité de la troisième mesure , où le aol^ se change idéalement en îa^ » non seulement pour reproduire notre accord A^i, mais encore et surtout pour qu'il soit possible de passer du 8ol^ au «o/fc|. Le petit chiffre arabe placé au-dessous et à droite des lettres C" et Ati j indique le nombre de sons dont l'accord correspondant est composé.
L'exemple suivant est semblable à celui de la figure 94, aussi le donnons-nous sans analyse , et seulement pour montrer par le fait la possibilité de tirer un bon parti de notre nowél accord altéré A^i«
Fig. 163.
moderato, e legato .
xn^
JT^jnr^ïïHiiJ
À..JW
'LUf 1
mi Vifl^Œ-
rpirp^.
"ijiA'">-4^Nna-
§• 320. A^". L'accord altéré désigné par cette lettre, embrasse onze quinles comme les trois accords A'^, A^ et A^", que nous venons d'étudier. II est formé à partir de sa note fondamentale de :
Tm, QM, Sm; NM, OM, comme par ex. : ré — fa la^ ut mi — solj:(.
On doit le considérer comme présentant l'altération ascendante de la fonction de quinte dans l'accord mixte : ré-/a-ïa-uNmi-soZt} désigné par la lettre E", accord sur lequel nous avons donné d'assez grands détails au chapitre XV, sous les §§. 299, 300 et 301.
Les deux exemples suivants , dans lesquels l'accord altéré A^" est précédé de V accord mixte E'' dont il est l'altération, peuvent donner une idée de la manière de s'en servir, et suffisent surtout complètement pour mettre hors de doute la réalité du nouvel accord , ce qui est le but principal que nous nous proposons. L'abondance des matières ne nous permet pas d'entrer dans de plus grands détails ; mais les harmonistes, avertis de l'existence des accords nouveaux que récèle notre loi génératrice , sauront bien découvrir les applications que la nécessité de nous borner nous force de négliger. Voici le premier des deux exemples promis:
Fig. i64.
(à 4 pirtiet) (0\
Modulation 2«1a mineur en lit mineur.
Ky
NB. Dans ce premier exemple,' Taccord A^n est employé à 4 parties , et dans son état direct, avec ses fonctions ^t fondamentale (ré), de tierce (fa), de qainie (lajl), et de onzième (sol^). La résolution est normale et immédiate^ sur V accord de neuvième dominante mineure propre au ton ^ut mineur, d*où il résulte que fa jonction de onzième (solj:|) , fait sa résolution par prolongation de son et enhar^ moniquement sur la fonction de neuvième {Xd^) de l'accord de la dominante du ton d'u/ mineur.
Voici maintenant le second exemple :
(à 4 parties)
Fig. 165
pnlxarmon
-♦-3- Lz
ux:
znz
\ Modulation de h ea Ut majeur.
"''»« iiTm.u i.-ii^»^
NB. Dans cet exemple, Kaccord Avii est employé avec ses fonctions de fonda* mentale (ré); de quinte (lajff); de neuvième (mi); et de onzième (sol^). Dans l'exemple précédent , là fonction de tierce (fa) occupait la place que celle de neuvième (mi) occupe dans celui-ci. On remarquera la marche de cette fonction (mi) sur la fonction de septième (fa) de Taccord résolutif. Du reste la fonction de onzième (so]|^) se comporte ici comme dans l'exemple de la figure 164.
De l'emploi des accords altiris A^'", A** et A* qui embrassent 13 quintes sur V échelle des sons.
§. 321. A^"'. Cet accord est formé, à partir de sa note fondamentale, de: TM, QM, SM, Nm , 0. comtne : ut — mi — soljj — si ^rél? fa ,
et il doit être considéré comme une altération de Vaccord mixte de onzième désigné par D', savoir de Taccorcl: ut-mi^sol^-si-ré^fa.
C'est ce dont le lecteur peut s'assurer en se reportant, chapitre XV, aux §§. 292, 293, 294 et 295^ consacrés à Vaccord mixte D\ Cette simple indication peut suffire au lecteur harmoniste.
Mais il est un autre point de ¥ue qui mérite toute notre attention, parce qu'il nous donne la clef d'un fait harmonique bien connu , quoique tout-à-fait inexplicable par les théories généralement admises. Voici d'abord ce fait que tout le monde connaît :
Fig. 166.
Formule de cadence parfaite.
Il'* ^ir-h-^jl
Basse réelle.
Succession fondamentale
On écrit cela tous Ie$ jours, et certes l'effet eii^est excellent. Oui^ mais comment explique-t-on , d'une part, le tnauvement chrommique ascendant lab-latf? et, d'autre part, la succession fondamentale par seconde inférieure sol-fa? On s'inquiète peu ou point de justifier ces anomalies. Ce sont des exceptions à la règle ; il n'y a pas de règle sam exception^ proverbe commode,, presqu'autant que cet autre proverbe: cœtera docebit usus » , et qui dispense les maîtres de répondre aux questions par trop pressantes des élèves. Quoi qu'il en soit, quelques auteurs, mieux avisés que les autres, écrivent soI(:(, au lieu de lah^ et ceux-là sont dans le vrai ; et comme la vérité est essentiellement CRÉATRICE, il arrive que, même sans le savoir, ces estimables harmonistes ont créé un nouvel accord altéré qui n'est autre que le présent accord A^"> privé de ses fonctions de fondamentale et de tierce. Par ce simple changement enharmonique , non seulement l'inexplicable mouvement chromatique lab-lab|, est remplacé par le mouvement DIATONIQUE parfaitement rationnel soljfj-la: mais, ce qui est plus, la succession exceptionnelle par seconde inférieure sol-fa, est transformée en
RÉSOLUTION NORMALE A LA QUINTE INFÉRIEURE. Or, si IcS CaraCtèrCS
de la vérité SGientifi.:]ue ne sont point là, ils ne sont nulle part.
NB. Les exemples donnés page 286 , $. 221 , fig. 96 , pour l'accord de cinq sons désigné par €▼, et qui présentent effectivement toutes les fonctions de cet accord de neuvième, doivent en réalité être considérés comme se rapportant à F accord de onzième Avui , comme l'indiquent d'ailleurs le second chiffrage inférieur de ces exem pies, ainsi que la remarque qui suit. Quant à l'emploi normal de Paccord de neuvième Gv, on le trouvera page 300, dans la remarque importante consacrée principalement à l'explication du passage de Vidoménée de Mozart , cité par M. Oulibicheff. Nous prions le lecteur de relire ici les pages 300 » 301 et 302, afin de mieux saisir les rapports et les différences des accords Cg^ et Ae^i"; qui ont cinq notes communes.
§.^322. k}^. Ce nouvel accord altéré est formé de la manière suivante ;
Tm, QM, SM, Nm, OM comme par ex. : ut— mib — soltf- — si — *ré[, — fait
Certes, au premier aspect, une telle agrégation paraît absolu*»ment impraticable; et sans doute si, pour abréger, nous nous bpr»
nions à une simple indication , et que nous laissions à d'autres le soin d'en chercher la réalisation y on ne manquerait pas d'essayer d'infirmer la certitude de notre loi génératrice des accords par l'impossibilité prétendue de réaliser le présent accord altéré. Nous donnerons donc un exemple , mais un seul , à cause du grand nombre d'accords que nous avons encore à étudier. Le voici :
Fig. 167.
Modulation d'UT{:| majeur, en si}^ mineur.
NB. Dans cet exemple^ qui débute par raccord de septième dominante du ton d'UTj^ majeur dans son premier renversement , l'accord Ak se montre dès la seconde mesure et occupe les deux mesures suivantes. Il se présente d'abord avec quatre de ses fonctions (ii/bl-»Ml?-<o/J;J-yâ|J) et réalise ainsi une transformation enharmonique encore inconnue de T accord de septième dominante. — Dans la troisième mesure, cette fondamentale (u/fcj) est remplacée par la fonction de neuvième (re^^), et au troisième temps, même mesure, apparaît la fonction de septième (si). Quant au /a^ qui occupe le second temps, dans la troisième mesure, il appartient à un accord de treizième ayant même fondamentale que celui qui nous occupe, nommément à raccord: [ut'mi\^-sol^'Si'ré]^-fa^-la^) que nous trouverons dans la classe des accords de 7 sons. — L'antépénultième mesure ramène la fondamentale (u/b)) dans deux
parties , par la résolution de l'intervalle de sixte augmentée
ré\f
sur l'octave :
Quant à la résolution de notre accord, elle a lieu dans l'avant -dernière mesure, normalement > c'est-à-dire à la quinte inférieure sur Paccord de neuvième domi^ nante mineure du ton de si^^ mineur. Pendant toute la durée de l'accord A"^, c'està-dire pendant trois mesures, les fonctions de tierce (mij^} , de quinte («o/J:}), et de onzième (fajif) dudit accord restent immobiles, pendant que celle de fondamentale échange avec celle de neuviéine , et que celle de quinte, redoublée dans la seconde partie, se port0 sur celle de septième , puis sur la fondamentale ; d'où il résulte que toutes les fonctions de l'accord se font entendre. Enfin, au moment même de la résolution.
la fonction de, onzième C/a^) se transforme enharmoniquement en (<o/|)) , et celle de quinte («o/^) monte diatoniquement sur la note sensible (^b|) du nouveau ton.
On objectera peut-être à toute cette explication, qu'on arriverait beaucoup plus naturellement au but, en commençant par remplacer V accord de septième dominante (jiol^-^si^^-ré^-fai^) par son homophone (la\^-ut'-mi\^^soJ^), Voici notre réponse : 1^ Cette substitution des bémols aux dièses amènerait dans la mesure 3 , et dans le passage de la mesure 4 à la mesure 5> un mouvement chromatique au lieu du mouvement diatonique qui s*y trouve. Or, qu'on remarque bien que l'admission d'un mouvement chromatique , tel que /al>-/a t| , n'est possible précisément
que parce f^' idéalement on fait un sof^ de ce la^, 2^ La résolution de l'accord , au lieu d'être à la quinte inférieure, c'est-ànlire normale , aurait lieu à la tierce mineure inférieure (la^ — fab)) et serait ainsi anormale.
%. 323. A^. Cet accord est formé, à partir de sa note fondamentale , ainsi qu'il suit :
TM, QM, Sm, Nm, OM
Par ex. : ut — mi^ — -solj — sib réb — fait
Ou : sol — si rétt — fat? — — lab — ul#
C'est à dessein que nous citons ces deux exemples de la forme de cet accord. Le premier correspond en effet à celui du tableau de nomenclature, page 374; et le second met en évidence que ce nou^ tel accord altéré a cinq notes communes avec l'accord de cinq sons traité au chapitre XII, pages 287 et suivantes, sous les §§. 222 et 223. Or, cet accord de cinq sons: (st-rétt-/atj-/ab-tt(tt) nous a dévoilé une remarquable trat^sformation enharmonique de V accord de neuvième dominante majeure , et on peut voir , page 288 , fig. 97 , l'emploi normal de cet accord de neuvième transformé. Eh bien, le présent accord A^ qui nous découvre unç nouvelle et plus profonde source de l'agrégation que nous venons de rappeler, en lui donnant pour fondamentale la note sol y nous suggère par cela même une autre transformation enhartnonique de Vaccord de neumème dominante majeure f à laquelle nous doutons que le sentiment musical abandonné à lui-même eut pu conduire. Voici la réalisation de cette nouvelle face de ïaccord de neuvième dominante majeure.
STRUCTURE DES ACCORDS, Fig, iùS.
Moderato.
NE. Est*il nécessaire de faire remarquer que la considération de notre accord Ax peut seule expliquer Tharmonie consignée dans Texemple de la fig. 168? Et ne Toit-on pas que si au lieu du nouvel accord altéré A^, on se bornait à ne considérer que V accord naturel de neuvième dominante majeure fa^-laJ:f-ut^-mi-solJ:f ,
il serait impossible de justifier le mouvement chromatique de la troisième et de la quatrième partie , et qu'au lieu de la résolution normale à la quinte inférieure y on aurait une résolution tout-à-fait inadmissible , savoir : une résolution au demiton chromatique descendant?
Si Ton a lu avec; quelqu*attention les chapitres consacrés aux accords altérés des classes précédentes, on aura remarqué que partout où les théories actuelles ne voyent que des exceptions à la règle , notre loi génératrice introduit des accords nouveaux qui viennent faire rentrer dans la règle la plus stricte ces exceptions prétendues. (Voir entr'autres exemples de ce fait, l'explication rationnelle de Venchainement de deux accords de septième dominante , dont les fondamentales se succèdent par tierce mineure supérieure, pages 308, 309 , 310 et 311 , sous le $. 245.)
Emploi de Vaccord kP qui embrasse quinze quintes sur l'échelle
des sons.
§. 324. Cet accord est formé de la manière suivante: Ex.
TM, Qm, SM, NA, 0.
sol — si réb fa^ — ^lajif — -ut.
La distance de quinze quintes existe entre sa fonction de quinte (ré\^) et sa fonction de neuvième (hj^).
Il ne peut être question d'employer simultanément toutes les fonctions de cet accord; car, sans parler de Thorrible cacophonie qui en résulterait, il serait impossible de distinguer ainsi les intervalles harmoniques (réb-fa^) et (réb-latt), qui respectivement embrassent dl et 15 quintes, des intervalles plus simples (ut4f-fatt) et (ut^-la^t), qui n'embrassent respectivement que 1 et 3 quintes. Mais il est possible d'employer ce nouvel accord en introduisant successivement ses diverses fonctions, et en résolvant les dissonances les unes après les autres, comme dans l'exemple suivant:
Fig. 169.
lento.
fe^
rrf
:jjz
inz
jrtmajtvr 1 G 2
SE
rnoUtUn normale mèiiatç
NB. Dans cette figare, notre accord Atf est employé dans son cinquième renver-* sèment au premier et an second temps de la seconde mesure , il se résont médiate-ment à la quinte inférieure sur l'accord de la tonique, en passant par an accord de onzième, ayant même fondamentale, nommément par l'accord désigné par la lettre £zi , dans le tableau des accorda formés au moyen de 7 tierces majeures associées à 8 tierces mineures. (Voir page 382).
§. 325. H est à remarquer que si Ton supprime la fondamentale (sol) du présent accord altéré A", l'agrégation si-réb'faj^'la^-ut qui résulte de cette suppression n*est point un véritable accord de cinq sons, parce qu'il n'existe-, dans aucune classe^ un accord dont la première tierce soit diminuée , comme nous l'avons dit formellement chapitre IV, page 122, §. 76. Ainsi,, la véritable fondamentale de la susdite agrégation de 5 sons est toujours sol. — Il y a plus : si l'on supprime à la fois la fondamentale {sol) et la tierce {si) du même accord A", l'agrégation restante réh-fa^-laf^-ut n'est pas non plus
un véritable accord de A sons, c'est toujours un accord de six sons ayant la note sol pour fondamentale, parce qu'il n'existe, dans aucune classe , tin accord dont la première tierce soit augmentée. (Voir chapitre IV , page 95 , les §§. 45 et 51 , et page 123 le J. 79).
Mais si l'on supprime à la fois les fonctions de fondamentale (sol) , de tierce (si), et de quinte (réh), l'agrégation restante fai^-lajf^'Utï^
est un véritable accord de trois sons , nommément V accord de quinte mineure avec tierce majeure, inscrit sous le n'' 5 dans le tableau des SEULS VÉRITABLES ACCORDS DE TROIS SONS, douué chap. V, page 130, sous le §. 82. Nous faisons cette remarque pour indiquer aux praticiens la possibilité d'élever le susdit accord altéré de trois sons, à la classe supérieure des accords de six sons , et, par conséquent, de lui donner pour fondamentale idéale la note sol, distante de sa fondamentale primitive /aj de cinq quintes vers la gauche sur l'échelle des sons.
REMARQUE
L'accord de onzième désigné par Axi, a cinq notes communes avec Taccord altéré de la classe inférienre désigné par Ay, dans la famille des accords altérés de cinq sons dont on peut voir la nomenclature, pages 263 et 264. [On trouve page 265, sous le n® 6, fig. 81, un exemple de l'emploi de cet accord dont la forme est:
sol-^si — ré^-^fa)^ — la^ Il ne manque à cet accord que la fonction de onzième ut pour reconstituer le présent accord altéré Axi.
Voici un exemple à trois parties de l'emploi de l'accord AVg , tout-à-fait différent de celui qui se voit fig. 81. Nous le donnons ici, parce qu'il nous a été suggéré par l'examen de l'accord de onzième Aji^y et nous prions le lecteur de le reporter à la page 265 sous le n» 6 ; c'est pour cela que nous le plaçons sous la marque (fig. 81)' pour indiquer qu'il se rapporte à V accord de neuvième augmentée , avec tierce ma^
jeure, quinte^ mineure et septième majeure ^ designé par A^ dans la famille des accords de cinq sons formés au nio/en de six tierces majeures associées à quatre tierces mineures. (Voir pages 263 et 264)«
(l^ig. 81)'.
Modulation de VA^ majear en/a|q minear.
Ta
enKarmonie
ajewr
ta mineur. Z
NOTA. Le petit chiffre arabe placé aa bas de la lettre A, indique que Taccord Av appartient à la classe des accords de cinq sons, a6n qu'on ne le confonde pas avec raccord A^ de la classe supérieure dont nous avons parlé dans le présent cha^ pitre XVII sous le §. 517.
De Vemploi des accords aîlirés de onzième formés comme l'accord naturel h de la même classe, au moyen de 6 tierces majeures , associées à 9 tierces mineures.
§. 326. Nous \enons d'examiner en grand détail les accords altérés de onzième formés au moyen de 8 tierces majeures associées à 7 tierces mineures , conjugués par conséquent avec V accord de onzième naturel A. Nous devons passer maintenant à la famille B,, dont toutes individualités sont constituées au moyen de 6 tierces majeures associées à 9 tierces mineures. On peut voir au chapitre XIV , sous les §§. 262, 263 , 264 et 265 ; des exemples de l'emploi de V accord naturel B de cette famille; et au chapitre XV, sous les §§. 285, 286 et 287, des exemples de l'emploi de l'accord mixte B' de la même famille. Les autres membres de cette famille d'accords , savoir les accords altérés, sont au nombre de dix, comme on peut s'en assurer par le tableau de la page 376*
Nous allons les passer en revue, en groupant ceux qui embrassent la même étendue sur l'échelle des quintes; mais afin d'abréger^
nous ne donnerons qu'un ou deux exemples pour chaque groupe, laissant au lecteur la recherche de l'emploi des accords sur lesquels l'abondance des matières ne nous permettra pas de nous étendre. Nous avons cru devoir donner un exemple de chacun des accords altérés de la famille A , pour qu'on ne nous accusât point d'esquiver les difficultés: or, les individualités qui composent la famille B, ne sont ni plus ni moins difficiles à traiter que celles de la famille précédente. Du reste, nous aurons soin, dans chaque groupe, de choisir Taccord le plus intéressant à connaître ou le .plus difficile à traiter.'
De l'emploi des accords B" et B'" qui embrassent. 10 quintes sur l'échelle des sons.
§. 327. L'accord B" est formé de la manière suivante:
Tm, Qj, SM,- Nm, O.
Ex. : mi — sol si rétt fa — ^^— la
Il présente l'altération ascendante de la fonction de septième dans Vaccord naturel désigné par C , dans le tableau de la page 378 , accord dont on peut voir l'emploi au chapitre XIV , sous les §§. 266 et 267 , Ogures d24 et 425.
Quant à Faccord B"', il présente V altération descendantWde la fonction de quinte , dans V accord haturel de onzième désigné par Ë dans le tableau de la page 382. L'emploi de l'accord naturel E se voit au .chapitre XIV, sous les §§. 270, 271, 272, 273 et 274, fig. 129, 130, 131 et 132.
Voici d'ailleurs la forme de Taccord altéré B'":
TM, Qm, Sm, NM, 0.
Ex.: sol — si — — réb -fa la ut.
De ces deux accqrds B" et B'" qui embrassent tous deux la même étendue de 10 quintes sur l'échelle des sons, l'accord B" parait le plus difficile à traiter. Nous le choisirons donc de préférence à l'autre, pour sujet d'un exemple.
(à 6 parties)
JL.
in
im
7ÊH