‹ Estomac et DermatosesChapitre 25 sur 47 · NAT · texte numérisé non relu

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horaire et la même périodicité pendant deux mois. En 1937 les crises réapparaissent puis se rapprochent et depuis 6 mois le malade souffre tous les jours. Il y a un mois, de violentes crampes épigastriques survenues 1 heure après le repas de midi, se sont terminées vers 17 heures par une hématémèse de sang rouge qui ne s’est pas reproduite. Le malade est examiné en octobre 1937. On découvre des signes d'insuffisance hépato-biliaire : constipation, migraines avec nausées et vertiges, urticaire extrêmement prurigineuse à larges placards sur les fesses, les cuisses, le dos. Cette urticaire est contemporaine des premières crises gastriques. Elle est provoquée par les œufs mais survient sans causes apparentes, divers aliments étant mal supportés. Il est à noter que l'urticaire, fréquent en période d’accalmie, disparaît dès le retour des crises gastriques.

L'examen clinique est négatif. T. A. —

Urines : ni sucre, ni albumine. Réflexes normaux.

— Les radiographies gastro-duodénales en série de 1937 à 1939 sont négatives.

— Le chimisme gastrique décèle une légère hypochlorhydrie.

— La recherche du sang dans les selles d’abord positive devient négative après la mise en œuvre du traitement.

— Tous les traitements classiques des diverses gastropathies et de l’insuffisance hépatique restent inactifs ou sont mal supportés.

Une première gastroscopie (Dr. René Chevallier, X-37), après suppression pendant quelques jours de tous les allergènes alimentaires, montre une muqueuse gastrique indemne de toute lésion. Trois mois plus tard l’épreuve de « l’æœdème fugace gastrique provoqué » est tentée. Le

malade absorbe l’avant-veille, la veille matin et soir, puis trois heures avant l’examen, un mélange de lait et d'œufs battus. Au moment de l’examen surviennent une migraine et des pesanteurs épigastriques sans urticaire. La gastroscopie découvre un état œdémateux diffus de l’antre et de la moitié inférieure du fundus. L’œdème atteint son développement maximum sur le pilier antérieur du sphincter antri. C’est un œdème de type angioneurotique, non mamelonné, lisse, à larges ondulations. Le pylore légèrement œdématié, conserve un jeu normal.

Quatre jours plus tard, migraine et douleurs gastriques ayant disparu, on voit survenir une forte poussée urticarienne qui s’efface au bout de 24 heures. Puis le tableau clinique se modifie. Des crises douloureuses épigastriques précoces, isolées ou avec pesanteurs et ballonnements, surviennent par périodes de 15 jours. Une violente poussée d’urticaire s’est produite en période d’accalmie gastrique.

Devant l’échec des autres modes de traitement, en février 1938, on tente la désensibilisation spécifique à l’aide de l’antigène ultra-filtrable de H. Thiers et René Chevallier retiré du repas déclanchant. Vingt injections sont pratiquées, les premières intra-dermiques, les autres sous-cutanées. Aucune réaction locale. Dès les premières injections les douleurs gastriques disparaissent. L’asthénie et l’inappétence, accusées au début, disparaissent dès les dernières injections et le malade plus fort et plus actif présente de véritables fringales. A l’issue du traitement fous les actidents ont disparu, tous les aliments sont bien supportés. Un traitement de consolidation est institué par la suite (peptonothérapie préprandiale, adrénaline et chlorure de calcium). En mai 1939 le malade qui ne suit plus ni régime ni traitement se considère guéri. Tous les accidents ont disparu, il n’a plus de signes d’intolérance aux œufs et à la bière, seul le café au laït provoque parfois une légère sensation d’écœurement.

LRQ

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