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OBSERVATION N° XIV

(PAVIOT et René CHEVALLIER) (37)

Mlle Y.., 17 ans, employée. Rien de particulier dans les antécédents. Depuis trois ans, par périodes de quelques jours, avec des accalmies de deux à trois semaines, la malade présente de violentes crampes épigastriques survenant une heure après le repas de midi et quatre heures après le repas du soir. Elle est sujette à des indigestions faciles et à de brusques crises de vomissements alimentaires et de diarrhée. Constipation habituelle. Poussées urticariennes très prurigineuses datant de plusieurs années, parfois localisées mais le plus souvent généralisées, intenses, avec de vastes placards œdémateux et parfois de l” « œdème de Quincke » de la face, boursouflant les paupières et les lèvres. Depuis quelques mois les crampes épigastriques s’accompagnent régulièrement de vomissements alimentaires, bilieux, très acides, qui ne calment pas le paroxysme douloureux. En outre, des céphalées assez fortes précèdent le vomissement.

Tous les éléments du syndrome (crampes épigastriques de type ulcéreux, poussées urticariennes, migraines avec vomissements, crises intestinales avec diarrhée) sont infailliblement déclenchés par l’ingestion de lait ou d'œufs. L’ingestion à un repas de l’un de ces deux aliments provoque quatre à cinq heures plus tard, la poussée urticarienne qui dure deux à quatre jours. Pendant cette période, la crise pseudo-ulcéreuse apparaît avec son horaire habituel et s’accompagne généralement de vomissements migraineux. Elle dure aussi longtemps que l’éruption urticarienne malgré la suppression aux repas

suivants de l’aliment déchaïînant.

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Pas de sang dans les selles. Légère hyperchlorhydrie.

L'examen radiologique en période de crise montre, soit un retard net de l’évacuation par spasme pylorique, soit « un non-remplissage antral fugace ». En période d’accalmie les images redeviennent normales.

L’examen gastroscopique (Dr. René Chevallier) montre un œdème antro-pylorique fugace typique. L’œdème, pendant l’accès gastralgique, masque complètement le pylore. Il est assez exactement limité à l’antre et au sphincter antri. Cet œdème disparaît brusquement en période d’accalmie.

Un examen pratiqué cinq heures après l’ingestion de lait et d'œufs permet de surprendre, pendant une gastroscopie prolongée, l’apparition de l’œdème antral fugace, qui se développe en quelques instants, en même temps qu’apparaissent les douleurs épigastriques et l’éruption urticarienne.

La malade est soumise au traitement de désensibilisation spécifique par l’antigène ultra-filtrable (H. Thiers et René Chevallier) (repas d’épreuve à base de lait et d'œufs). Une intra-dermo-réaction préalable a donné une réponse très positive avec réveil de courte durée de tous les accidents. Dès les premières injections intradermiques, on constate une sédation rapide et bientôt complète de tous les éléments du syndrome ; à la dixième injection, la malade se considère complètement guérie; elle absorbe chaque jour du lait, de la crême et des œufs et ne présente plus aucun trouble. Son teint s’est éclairci, elle a repris du poids, se sent plus forte.

Le traitement est interrompu à la vingtième injection. La malade revue à plusieurs reprises ne suit aucun régime et la guérison paraît assurée.

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