CHAPITRE PREMIER
D’après les nombreuses recherches gastroscopiques, on a vu que les dermatoses peuvent avoir leur réplique au niveau de l’estomac, avec ou sans modifications diverses de la muqueuse gastrique, ou simplement s'accompagner de gastropathie allergique, ou de l’un des différents types de gastrite : atrophique, mamelonnée, polymorphe.
1. — Cas où une dermatose a sa réplique du même type au niveau de l'estomac
I1 peut en être ainsi dans le lichen plan, les aphtes, l’hydroa, le purpura, l’urticaire, le mycosis fongoïde, l’eczéma ? et peut-être le psoriasis ?
Lichen plan
On connaît les fréquentes et diverses localisations cutanées et muqueuses du lichen plan. Les constatations gastroscopiques furent dans ces cas des plus intéressantes. Sur 15 cas de lichen cutané ou cutanéomuqueux, P. Chevallier et M. Moutier ont observé 3 lichens gastriques — intense une fois, modéré dans
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un deuxième cas, léger et localisé dans le troisième. Il se présentait sous forme de traînées blanchâtres, en réseaux, semblables à celles qui nous sont familières à la face interne des joues ou sur le dos de la langue. Dans un quatrième cas, il existait un enduit porcelainé épais. Cet enduit localisé au dos des plis élevés du fundus jusqu’au dessus du cardia semblait résistant. Ses bords semblaient un peu frangés. Sans rappeler exactement le lichen buccal, cet aspect était très spécial et ne fut observé que dans ce seul cas.
MM. Milian et Perrin faisant examiner endoscopiquement deux sujets qui accusaient des troubles digestifs de type variable, la gastroscopie permit chez l’un d’entre eux de déceler l’existence d’un ulcère, tandis que chez l’autre (déjà atteint de lichen buccal), il révélait l’existence d’un lichen gastrique. Le plus remarquable était l’existence d’un véritable balancement entre les lésions buccales et les troubles gastriques. Ceux-ci ont précédé de sept ans le lichen buccal pour ne réapparaître récemment qu’après l'influence de la crisalbine qui atténua le lichen buccal. Il est superflu de souligner l’importance de ces faits qui iront certainement en se multipliant car l’attention des dermatologistes et des gastrologues est attirée de ce côté-là.
On est en droit de se demander si, en dehors des cas mêmes où l'existence d’un lichen plan cutané ou buccal fait tout naturellement suspecter une localisation gastrique, cette dernière ne pourrait pas désormais être incriminée plus souvent à l’origine de