CHAPITRE PREMIER
LA MOBILISATION DES TROUPES DE COUVERTURE. LE DÉPART DE REIMS (31 JUILLET 1014)
De tous mes souvenirs, de toutes les heures inoubliables qui ont tissé l'image de cette fj^uerre, gravée pour toujours dans ma mémoire, de toutes les heures de fièvre, de joie, de douleurs, d'angoisse et de gloire, l'heure la plus poignante demeure et demeurera éternellement l'heure du départ.
De tout ce qui précède ce départ, des journées d'attente et d'expectative, pen-
î ÉTAPES ET COMBATS
dant lesquelles le cœur pouilant battait à se rompre, rien ne subsiste, rien que des images confuses, qui n*ont aucun lien entre elles. C'est la trompette sonnant au rassemblement qui sonne aussi le lever de la grande aurore, et, laissant derrière nous les années vides, nous entrons au {^alop de nos chevaux dans Tère de la bataille éternellement livrée entre la vie et la mort.
Le 30 juillet, je ne croyais ni à la guerre, ni à la mobilisation générale, ni même à la mobilisation partielle, et je ne voulais pas y croire. Reims, enfiévrée, se rassemblait en masses compactes devant les dépêches affichées à la Société Générale, et se répandait aussitôt en commentaires passionnés ou consternés. A T hôtel du Lion d*Or, où je dine sur la terrasse à l'ombre de In cathédrale, je conunande ea