CHAPITRE VI
sections et en compag^nies bien alignées dans la plaine au-dessous de nous, sans se dissimuler, croyant sans doute le village inoccupé.
Cachés derrière de grêles buissons, nous tirons dans ces formations régulières, question de montrer que nous sonmies là, et nullement impressionnés par ces démonstrations d'école de compagnie et de service en campagne. Nous avons l'air d'assister à des grandes manœuvres, et ces soldats disgracieux nous semblent un peu ridicules à faire gravement le pas de l'oie quand il doit s*agir sous peu de se défendre ou de se faire tuer.
Nos balles doivent porter, car nous constatons à la jumelle une légère confusion dans les rangs ennemis à laquelle succède instantanément la disparition de l'infanterie qui s'avançait. Ils sont encore là
pourtant, car leurs balles, glissant sur la crête d'où nous offrons une bonne cible, viennent se piquer dans l'berbe autour de nous, sans blesser personne heureusement. (Les Allemands ont cette faculté remarquable de s*éclipser en un clin d*œil dès qu'ils ont été aperçus par un ennemi, comme ces insectes qui se confondent au moindre bruit avec l'herbe sur laquelle ils sont posés.)
Nos canons de marine, rangés sur le bord de la route, tirent dans la plaine. Un officier observateur, debout sur son cheval (5/cl, ju(je les coups. Nous voyons éclater les obus en beaux panaches de fumée, sombres ou claire; la fusillade cesse, ce qui provoque une grande bonne humeur parmi nous.
Mais l'artillerie allemande se uni .1 riposter, et nous sommes bientôt piâb