‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 6 sur 100 · CHAPITRE PREMIEK · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIEK

servent pour désigner les emplacements.

Sur le sol crayeux de la cour, plus pâle que la nuit, des barres noires parallèles s'additionnent; ce sont les lijjnes de pelotons qui se grossissent en escadrons, et qui finissent par former le régiment tout ^v entier. Derrière, sont les fouj^ons, les 0 forges, les mitrailleuse9, Tes voitures de réquisition, les cyclistes, etc.. La pisfé^ des cavaliers nous sépare de la première cour, inondée de lumière, où grouille la foule impatiente, la foule qui s'écrase pour nous voir sortir par Tétroit passage qu'elle nous a laissé libre, et le temps semblé très long en attendant que chacun soit à sa place et que le signal du départ soit donné.

Les chevaux, impatients, piaffent et parfois un long hennissement monte dans la nuit. Une silhouette enfin parait : le colo-

nel. Il crie : « A cheval ! » Les deux commandants répètent Tordre, et dans chaque demi-rëfjiment les deux capitaines d'abord, puis les officiers et les sous-officiers.

Une vague court de peloton en peloton; comme un remous dans une eau agitée, et assis bien droits sur nos selles, la lance haute, nous attendons maintenant le signal dernier, celui qui va trancher nos destinées, en nous emportant vei*8 l'inconnu.

tt En avant » , et sortant de la zone obscure, nous entrons brusquement dans la pleine lumière de la première cour, où des milliers de mains se tendent dans un salut frénétique. Un long cri nous accompagne, et les dragons, rigides sur leurs selles, la figure contractée sous le casque, pour ne trahir aucune émotion, quittent sans tourner la tète ce quartier qu'ils ne devaient

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