AOUT -5 SEPTEMBRE
C'est le 6 août que nous avons pénétré en Belgique wallonne, passant la frontière à Muno, pour porter secours au peuple belg^e, dont le territoire venait d*être violé par l'armée allemande.
En feuilletant mon carnet de route, je choisis cet épisode parmi beaucoup d'autres et je m'y arrête un instant, car il me semble bon et juste de rappeler Taccueil enthousiaste et émouvant que nous y donna tout un peuple, maintenant,
hélas ! opprimé, et qui nous reçut à bras ouverts, donnant sans compter, ouvrant toutes {jrandes ses portes et ne trouvant rien d*assez beau pour les Français qui venaient se joindre à eux, dans le but de les secourir.
Il n*y a pas un dragon de mon régiment, pas un soldat de toute l'armée, je crois, qui ne garde de cette journée un souvenir profondément ému.
Depuis Sedan, les oreilles bourdoudonnant encore des acclamations qui avaient salué notre départ de Reims, nous recevions de village en village un très bel accueil de bienvenue, mais à pai*tir de la frontière, on nous acclame prématurément comme des triomphateurs.
Ce défilé incessant de la cavalerie a un prestige particulier sur la foule, et lui semble constituer un rempart invincible