‹ Étapes vers le crépusculeChapitre 18 sur 53 · LE CIRQUE · texte numérisé non relu

LE CIRQUE

Un val étroit, enclos de collines farouches, Des rochers noirs trouant le sol grisâtre et nu : Lieu sinistre où Ton sent souffler par mille bouches, L'horreur d'on ne sait quoi de vague et d'inconnu !

Quand le brouillard du soir rampe sur les bruyères, Quand le soleil couchant saigne aux crêtes des monts, On dirait un chaudron immense de sorcières Qui fume et bout au feu qu'attisent les démons.

Seul, au centre, le tronc foudroyé d'un vieux chêne Resté debout encore et menaçant, se tord Désespérément dans un convulsif effort,

Comme un Géant qu'une force magique enchaîne : Tel se dresse à jamais le spectre du passé Dans un cœur que l'ennui de la vie a glacé.

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