‹ Étapes vers le crépusculeChapitre 17 sur 53 · GITANA · texte numérisé non relu

GITANA

Elle passe, drapée en de sales haillons

Où par endroits reluit un reflet de paillons;

L'ennui de vivre habite en ses yeux sans rayons.

Elle danse, et son corps souple et couleur de bistre Ondule au rythme d'un chant bizarre et sinistre Que scande la strideur métallique du sistre.

Elle reçoit, indifférente au lendemain,

L'aumône qu'on lui fait, mais ne tend pas la main,

Puis détourne la tète et reprend son chemin

Paria qu'un destin jaloux poursuit sans trêve. Nostalgique, muette, absorbée en un rêve Des temps mystérieux dont le voile se lève

A ses yeux, elle va devant elle, au hasard, Et l'on croit voir passer un fantôme hagard, Qui reflète en la fixité de son regard

L'inoubliable horreur des ténèbres vaincues, Et promène par la banalité des rues L'antique majesté des races disparues!

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