LE RÉVEIL DES SPECTRES
Quelquefois un rayon furtivement éclaire
La nuit où tous mes morts dorment leur lourd sommeil
Rayon blême! semblable au reflet d'un soleil
Qui se meurt à demi dans la brume polaire!
Aussitôt, soulevant leur pierre tumulaire, Rêves, espoirs déçus, passions en éveil Se lèvent en essaims innombrables, pareils Aux atomes dansant dans un rayon solaire.
Ces spectres soudain pris de vie et de fureur Se livrent un combat fantastique et farouche, Et font évanouir la tremblante lueur ;
Ainsi parfois, au fond d'une taverne louche, Des ivrognes luttant avec d'affreux hoquets Ecrasent les flacons et brisent les quinquets.