U INUTILE IVRESSE
Je suis allé, pour chasser ton image, ô femme ! D'amour vendu, désaltérer mon triste cœur ! J'ai cru pouvoir goûter à cette source infâme Le flot des Léthés endormeurs, l'oubli vainqueur !
Mais les soupirs surpris sur les lèvres peinantes, Mais les frissons horripilant les belles chairs Quand la volupté tord les membres des amantes, N'ont pu chasser de mon esprit les rêves chers !
Ils m'ont laissé la vision plus obsédante,
Et la soif de ton corps de vierge qui me tente,
De ton corps blanc sous l'éploiement des cheveux roux !
Hélas ! quand donc, jusqu'à mourir, humer le philtre. Le cher poison qui dans mon cœur s'épanche et filtre De tes beaux yeux, de tes beaux yeux tristes et doux?