LA PLAGE
Le galop lourd, heurté, précipité des vagues Qui se pressent, comme au combat des cavaliers, Bondit, gronde, tandis qu'avec des plaintes vagues, Au large, un récif, sous leurs coups multipliés Tremble comme une tour sous le choc des béliers."
Mais derrière l'abri de la digue et des môles. Les flots céruléens roulés et déroulés En ondulations lentes, longues et molles, S'apaisent, — moire bleue aux mobiles reflets Qui s'épand sur la plage où luisent les galets.
Ainsi vous bondissez dans nos âmes, ô rêves Juvéniles ! ô passions î ô joie ! ô deuil î Notre faible raison sous vos assauts sans trêves. Pauvre gabarre dont le pilote est Torgueil, Roule de vague en vague et d'écueil en écueil ;
Au tumulte des vents déchaînés et des lames, L'Espoir, oiseau craintif, ouvre l'aile et s'enfuit, Puis le flot qui grondait dans la mer de nos âmes Où tombent peu à peu le silence et la nuit, Expire sur la plage immense de l'ennui !
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