‹ Étapes vers le crépusculeChapitre 46 sur 53 · LA DAME DES PAVOTS · texte numérisé non relu

LA DAME DES PAVOTS

Où donc est-il, l'inaccessible sanctuaire Où je pourrai sentir, comroe un électuaire, Sur mon cœur dont le sang a rougi les chemins O Résignation! la fraîcheur de tesrcainsr

Voici la Dame des Pavots Surgir sur la mer de mes larmes Comme Vénus parmi les flots :

Après tant de chocs et d'alarmes, Tant d'angoisses et de sanglots, Voici la Dame des Pavots.

« Dame de miséricorde Aux yeux d'aube et de printemps.

O Dame de songe ! aborde Sur la rive où je t'attends !

Conduis-moi vers ta demeure.

Ma main dans ta main :

Voici longtemps que je pleure,

Seul sur le chemin !

C'est l'heure du crépuscule,

Sous. les cieux apâlis, L'horizon voilé recule

Comme un rêve imprécis.

La paix du ciel à la brune,

Tremble dans tes yeux ; Le soir pare tes cheveux

De rayons de lune.

Là-bas, dans le bois Ecoute une voix

Dolente !

Des jours que je crus Morts et disparus, C'est la voix qui se lamente !

Qui pleure? entends-tu?

Mais non! tout s'est tu ;

Personne !

Plus rien, hors, là-bas, La plainte d'un glas Comme un râle monotone !

Fais taire, ô Verseuse d'oubli

La voix importune !

Effeuille tes fleurs une à une Sur mes morts ensevelis, Du geste de tes mains chasse

L'eff"roi de l'avenir, De rêves mon âme est lasse Et de souvenirs !

Et puis, sur un lit de mousse, Belle, tu m'endormiras, Des chansons de ta voix douce, Des parfums de tes pavots,

Tes mains sur mes yeux clos.

Verse-moi l'oubli des choses, Pas de rêves, même roses, "Rien que le repos ! >

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