LA DAME DES PAVOTS
Où donc est-il, l'inaccessible sanctuaire Où je pourrai sentir, comroe un électuaire, Sur mon cœur dont le sang a rougi les chemins O Résignation! la fraîcheur de tesrcainsr
Voici la Dame des Pavots Surgir sur la mer de mes larmes Comme Vénus parmi les flots :
Après tant de chocs et d'alarmes, Tant d'angoisses et de sanglots, Voici la Dame des Pavots.
« Dame de miséricorde Aux yeux d'aube et de printemps.
O Dame de songe ! aborde Sur la rive où je t'attends !
Conduis-moi vers ta demeure.
Ma main dans ta main :
Voici longtemps que je pleure,
Seul sur le chemin !
C'est l'heure du crépuscule,
Sous. les cieux apâlis, L'horizon voilé recule
Comme un rêve imprécis.
La paix du ciel à la brune,
Tremble dans tes yeux ; Le soir pare tes cheveux
De rayons de lune.
Là-bas, dans le bois Ecoute une voix
Dolente !
Des jours que je crus Morts et disparus, C'est la voix qui se lamente !
Qui pleure? entends-tu?
Mais non! tout s'est tu ;
Personne !
Plus rien, hors, là-bas, La plainte d'un glas Comme un râle monotone !
Fais taire, ô Verseuse d'oubli
La voix importune !
Effeuille tes fleurs une à une Sur mes morts ensevelis, Du geste de tes mains chasse
L'eff"roi de l'avenir, De rêves mon âme est lasse Et de souvenirs !
Et puis, sur un lit de mousse, Belle, tu m'endormiras, Des chansons de ta voix douce, Des parfums de tes pavots,
Tes mains sur mes yeux clos.
Verse-moi l'oubli des choses, Pas de rêves, même roses, "Rien que le repos ! >