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rieurs. Les membres inférieurs, quoique en apparence vigoureux, seraient faibles et se déroberaient sous le malade.
Les organes génitaux sont volumineux : deux gros testicules à leur place. Les réflexes crémastérien et abdominal sont normaux. Le pubis est couvert de poils assez abondants, mais courts ne montant pas plus haut que la région pubienne; le ventre est glabre, comme les membres d’ailleurs.
Sous les bras quelques poils très rares et très courts,
La glande thyroïde n'est pas perceptible,
Dimensions :
Taille, 1 m. 45. Membres supérieurs, 62 centimètres
du haut du bras au coude, 24 cent. du coude au bout des doigts, 3$ cent,
Ce membre supérieur correspond aux données d'Albert Dürer, pour qui la longueur du haut du bras au coude égale les 2/11 de la taille : ce qui, dans le cas présent, donne 26 cent. 36; et la longueur du coude à l'extrémité des doigts égale 1/4 de la taille : dans le cas présent, 36 cent, 2.
La hauteur de l’entrejambe au sol est de 58 centimètres. Or, pour Richer, cette dimension est égale à la longueur du bras à 7 ans. — Au-dessous de 7 ans elle est plus petite que le bras : ce qui est le cas chez notre sujet, qui à 58 centimètres d'entrejambe et un bras de 62 centimètres.
L'ombilie chez R... se trouve à 80 centimètres du sol : par conséquent au-dessus de la moitié de la hauteur du sujet : ce qui pour Richer est le propre de l'enfant audessous de 7 ans. Chez l'adulte le milieu du corps est à la naissance des organes génitaux; chez R...1l est bien au-dessus de ce point.
Ces quelques mesures nous permettent de dire que
R... a un certain nombre des proportions de l'enfant :
Oo
“grosse tête, membres courts, petite taille. Il en a le facies, l'absence de pilosité, le ventre proéminent; mais les muscles sont dessinés, l'intelligence est bien développée, les organes génitaux sont normaux et fonctionnent normalement. D'autre part, les cheveux rares, secs, cassants; les pseudo-lipomes sus-claviculaires, la frilosité, les frissons, l’hypothermie des extrémités, les coryza et angine à répétition, la somnolence, la lenteur des mouvements, montrent nettement l'insuffisance thyroïdienne.
L'examen radiographique n'a pas été fait.
Cette observation d’infantilisme partiel nous montre combinés le développement normal de l'intelligence et des caractères sexuels chez un infantile très net présentant de petits signes d'insuffisance thyroïdienne.
Mais en nous en rapportant à cette observation, l'infantilisme est-il aussi partiel qu'il le semble tout d’abord ?
Les organes génitaux sont volumineux et fonctionnent normalement. Mais les désirs vénériens ne sont apparus qu'à un âge où depuis longtemps, surtout dans le milieu de notre malade, on a déjà fait ses preuves !
De plus, les caractères sexuels secondaires, la pilosité en particulier, font presque completement défaut. Il n'y à donc pas, ici, intégrité absolue de l'appareil génital.
L'intelligence est développée : mais le malade a une certaine affectation dans son langage; il cherche des
expressions choisies ; il est émotif; et le rire comme les
larmes doivent apparaitre facilement. Enfin il a des périodes de torpeur, de somnolence où tout effort intellectuel, toute application lui sont impossibles.
Les museles sont suffisants, mais cependant ils sont enveloppés d’une certaine couche de graisse : les saillies musculaires des jambes sont assez bien dessinées, mais le malade se sent faible et il a du dérobement des jambes.
Chez R... donc, les symptômes qui semblaient manquer pour en faire un infantile complet existent en réalité : mais ils sont très atténués; chacun d'eux a besoin d’étre recherché.
N'en est-il pas souvent ainsi? Et chez beaucoup d’infantiles dits partiels, ne trouverait-on pas certains symptômes manquant, très atténués seulement ?
ILest pourtant des cas où un seul symptôme existe : l'infantilisme de l'appareil pharyngolaryngien, linfantilisme intellectuel. Mais pourquoi alors dire que ces malades sont des infantiles ?
Un sujet qui a de grands pieds n'est pas un acromésalique, non plus qu'un autre dont les paupières sont bouffies n'est un myxœædémateux. Cest qu'acromégalie et myxœdèeme sont des syndromes dont tous les éléments sont nécessaires pour exister.
L'infantilisme lui aussi est un syndrome et il faut, pour qu'on l’applique à un sujet, que ce dernier présente tous les symptômes qu'il comporte.
M. Brissaud, d'ailleurs, lorsque M. Babinski présentait à la Société médicale des hôpitaux un malade atteint d'une tumeur de l'hypophyse sans acromépgalie
mais avec arrêt de développement des organes géni-
ns
taux, disait : « l'atrophie des organes génitaux et l'absence de poils ne constituent pas de l'infantilisme! » Néanmoins le terme d’infantilisme partiel est nécessaire pour cCataloguer ces sujets qui ne présentent
qu'une dystrophie localisée:
Les causes successivement invoquées de l'infantilisme ne sont pas les mêmes pour l'infantilisme type Lorain et l'infantilisme vrai.
Lasèoue, Lorain mettaient cette dystrophie sur le compte de nombreux états morbides : Faneau de la Cour, dans sa thèse, invoque la tuberculose comme cause de l’infantilisme type Lorain.
Brouardel accuse à peu près toutes les infections et intoxications chroniques ainsi que les malformations cardiaques.
Depuis, à côté de la tuberculose, on a mis l’alcool, la lèpre, l’impaludisme, la syphilis (M. Fournier), les végétations adénoïdes, les affections du foie, la cirrhose biliaire (MM. Fournier, Gilbert, Lereboullet), l'ictère infectieux chronique (M. Hayem), l'entérite du nourrisson (M. Hutinel), les affections des reins (MM. Souques et Castaigne). Le plomb, le mercure, le sulfure de carbone, et toutes les intoxications chroniques en général, ont été incriminés. Enfin M. P, Marie insiste sur l'infantilisme pottique.
M. Hertoghe, en 1895, admet que tout infantilisme
est d'origine dysthyroidienne; M. Brissaud, au con-
RD
traire, sépare nettement l'infantilisme myxœdémateux de l’infantilisme type Lorain.
Ce dernier, pour M. Brissaud, quel que soit l'état pathologique qui l’a engendré, tient à l'insuffisance de l'irrigation sanguine, que la cause directe soit dans un rétrécissement mitral ou dans une sténose artérielle congénitale. Le liquide nourricier étant en quantité inférieure à ce qu'elle devrait être, tout l'organisme s'adapte à cette insuffisance : les vaisseaux sont petits et les organes qu'ils irriguent, le squelette, petits aussi. M. Brissaud en fournit un exemple convaincant.
Une femme, ayant eu dans son enfance une périarthrite coxo-fémorale, a son artère fémorale comprimée : le rétrécissement de l'artère persiste et désormais levolume de son membre inférieur ne varie plus : à circulation insuffisante, développement insuffisant.
C'est le cas de l’infantile de Lorain : la cause première peut être la syphilis, la tuberculose qui tour à tour ont été invoquées comme cause du rétrécissement mitral congénital, peu importe : le résultat, c'est une circulation insuffisante qui est l'obstacle direct au développement du sujet.
D'où la division de M. Brissaud en deux types d'infantilisme :
1° L'infantilisme myxœdémateux ou infantilisme type Brissaud ;
2 L'infantilisme anangioplasique ou infantilisme type Lorain.
Le rôle que fait jouer M. Hertoghe à la thyroïde est considérable : aux nombreux petits signes d'insuffi-
sance thyroïdienne déjà énumérés, cet auteur ajoute
AT Ve
comme relevant de l'insuffisance thyroïdienne : l'incontinence nocturne d'urine, les ménorragies, les végétations adénoïdes, l'insuffisance lactée...; et pour M. Trémolières l’entérite muco-membraneuse est d’origine dysthyroïidienne aussi.
A l'appui de ces affirmations M. Hertoghe cite de nombreuses observations où le traitement thyroidien a guéri ces différents états pathologiques.
Par ce traitement thyroïdien il a aussi obtenu de bons résultats dans de nombreux cas d’infantilisme type Lorain : de semblables améliorations ont été obtenues par nombre de médecins, et M. Ausset, en particulier, a insisté sur les bénéfices que l'on pouvait dans ces cas tirer du traitement thyroïdien.
M. Brissaud, tout en reconnaissant ces faits, n'admet pas l'argument. L'ingestion de glande thyroïde peut simplement donner un coup de fouet à l'organisme., faciliter la nutrition, sans pour cela agir spécifiquement.
L'infantile de Lorain a toutes ses sécrétions plandulaires insuffisantes, la thyroiïdienne comme les autres ; rien d'extraordinaire done à ce que le traitement thyroïdien donne de bons résultats, car étant donnée la relation étroite entre toutes ces sécrétions, rien ne dit que l'apport en excès de suc thyroidien ne détermine pas une exagération de la sécrétion des autres glandes. Et il est probable, dans ces cas, que le traitement polyglandulaire donnerait de meilleurs résultats encore.
D'ailleurs nous avons eu l’occasion de constater
qu'un traitement spécifique agissait parfois dans des