MONSIEUR LE PROFESSEUR BRISSAUD
a EXTERNAT
1903. — M. LE DOCTEUR ENRIQUEZ 1904. — M. LE DOCTEUR LAUNOIS 1905. — M. LE PROFESSEUR RECLUS 1906. — MM. LE DOCTEUR MÉRY
LE DOCTEUR MAYGRIER
A Messieurs les Docteurs
HENRY MEIGE, MILIAN, À. SCHWARTZ E. TERRIEN
NS
LAMPE ir.
«+ vs dE"
| Ms /Jarchive. org/details/A4O1S3814 00
sh Le ge 1”
Depuis Lorain le mot infantilisme est entré dans le langage médical, et on le voit de temps en temps employé pour désigner des dystrophies dont la morphologie se rapproche plus où moins du type de l'enfant.
Jusqu'en 189% il ne désionait rien de net, et on confondait infantilisme, nanisme, féminisme, eunuchisme.
M. Brissaud et son élève M. Henry Meige ont alors défini d’une façon précise l'infantilisme et démontré son origine dysthyroïdienne.
Actuellement l'opinion générale s'est ralliée aux idées de ces deux auteurs ; mais il reste quelques points de détail, des hypotheses et des théories basées sur de nouvelles recherches sur les sécrétions internes qui restent discutées et qui ont remis la question à l’ordre du jour. |
Nous laisserons de côté tout ce qui est définitivement acquis et nous n'exposerons et ne discuterons dans ce travail que les parties qui restent encore en suspens.
Cette étude nous a été suggérée par M. le professeur Brissaud, notre oncle et notre maitre en meme temps.
Nous étions completement 1onorant de la question
lorsque nous l'avons abordée, mais de précieux concours sont venus nous tirer d'embarras.
C'est tout d'abord M. le professeur Brissaud qui nous à indiqué les différents points à traiter; puis le docteur Henry Meige qui, avec une complaisance sans limite, nous a fourni à mainte reprise les documents nécessaires, et a bien voulu suivre notre travail, nous donner des conseils, mettre, en un mot, sa grande compétence du sujet à notre disposition.
Le docteur P. Marie nous a fait l'accueil le plus bienveillant et a mis non seulement les archives de son service entre nos mains, mais nous à même confié tous les articles et renseignements qu'il a recueillis personnellement sur la question.
Le docteur Feindel est encore venu à notre secours en nous procurant les indications bibliographiques qui pouvaient nous être utiles, et le docteur Hallion nous a exposé quelques acquisitions récentes de la biolopie.
Grace à ces concours multiples nous sommes arrivé à bout de cette étude et si nous n'avons pas réussi à exposer nettement, comme nous le désirions, l’état actuel de l'infantilisme, du moins aurons-nous, à cette
occasion, appris une question toute nouvelle pour nous.
« L’Infantilisme est une anomalie de développement caractérisée par la persistance, chez un sujet qui à atteint ou dépassé l'age de la puberté, des caractères morphologiques appartenant à l'enfance. Ge retard du développement physique s'accompagne, en général, d'un retard du développement psychique. » (Henry Meige.)
Jusqu'en 1894, époque à laquelle M. Brissaud, dans une de ses leçons de la Salpétrière sur « le myxœdème et le crétinisme », définit exactement ce qu'est l’infantilisme, ce terme avait été employé incidemment pour désigner certains états se rapprochant du type de l'enfant par MM. Lasègue, Bourneville, Barety, Capitan et Ch. Féré.
Mais on confondait alors l’infantilisme avec d’autres états d'apparence analogue comme le féminisme ou l'eunuchisme.
C'est donc à mai 1894 que remonte l'histoire de l'infantilisme, et c’est à M. Brissaud que revient l'honneur de l'avoir décrit pour la première fois et d’en avoir montré les rapports avec le myxœdème.
Vers la méme époque, M. Henry Meige complétait dans plusieurs études le tableau qu'en avait donné M. Brissaud, et dans un travail sur l’Infantilisme, le Féminisme et les Hermaphrodites antiques, séparait
LR
nettement l'infantilisme de ces autres dystrophies corporelles.
En 1895, M. Hertoghe d'Anvers confirme cette maniere de voir et décrit un nouveau symptôme constant dans l'infantilisme : {a non soudure des épiphyses.
En 1899, dans une de ses lecons de l'hôpital Saint- Antoine, M. Brissaud reprend la description de l'infantilisme myxoœdémateux et le différencie d'un autre type d’infantilisme, qu'il appelle infantilisme type Lorain, quoique ce dernier n'ait que peu de droit à donner son nom à une dystrophie dans laquelle il n'avait sû reConnaître comme éléments caratéristiques que « Ta débilité, la fragilité, la petitesse du corps ». PE
M. Hértoÿhe, tout en reconnaissant les différences morphologiques qui séparent l’infantilisme type Brissaud de l’infantilisme type Lorain, admet que tous deux sont d'origine dysthyroidienne. |
A ellenent la classification de M. Brissaud ETS admise par tous.
Nous nous trouvons donc en présente de deux types :
L'infantile dysthyroidien ou type Brissaud ;
L'infantile type Lorain.
L'infantile type Brissaud a été bien décrit par M. Henry Meige :
« Face arrondie, joufflue, lèvres saillantes et charnues, nez peu développé, visage glabre, peau fine et de couleur claire, cheveux fins, sourcils et cils peu fournis, torse allongé, cylindrique, ventre un peu proéminent, membres potelés, effilés de la racine aux extrémités, une couche adipeuse, d’une assez grande épaisseur,