PATHOGÉNIE
La pathogénie de la tuberculose traumatique a soulevé de nombreuses controverses, suscité des expériences variées et fait l’objet de diverses théories.
Avant l’ère microbienne, en dehors de LAENNEC et AN- DRAI, tous les auteurs admettaient la possibilité de tuberculose traumatique, sans trop chercher à expliquer les raisons et le processus de son apparition.
Mais la découverte du bacille de Kocx va conduire, pendant très peu de temps, il est vrai, la plupart des auteurs à nier catégoriquement la tuberculose traumatique en dehors des cas d’inoculation qui, évidemment, ne soulèvent guère de difficultés d'interprétation pathogénique.
Actuellement, les conceptions sur l’infection tuberculeuse sont à peu près toutes univoques. On sait que les individus sont, dans leur quasi totalité, infectés dans leur jeunesse par le bacille tuberculeux et que s’1ls ne sont pas vraiment « tuberculeux », du moins ils sont « tubereulisés », ainsi que le montre la pratique des cutiréactions. Au moment de la primo-infection ou peu de temps après, de nombreux sujets font des lésions bacillaires qui avortent ou se cicatrisent très vite. Les recherches anatomopathologiques n’ont-elles pas montré, dans des pourcentages variant de 90 à 99 %des cas, au niveau des poumons des sujets autopsiés, des lésions bacillaires calcifiées enmurant des B.K encore virulents (Hemmet Hozr 99 & : NagGeLt 96 % ; Burrarp 91 %). STErFKO, de son côté, en trouvait dans les os 80 fois sur cent. j
Ces découvertes et celles de cas indéniables de bacillémie ont conduit aux théories suivantes :
1° fléchissement des résistances de l’organisme à la suite du traumatisme :
2° fixation au point traumatisé de B.K. du sang ou de la lymphe ;
3° fixation au point traumatisé de B.K. d’apport exogène ;
4° réveil, sous l’influence du traumatisme, d’un foyer de tuberculose latente.
Première théorie :
FLÉCHISSEMENT DES RÉSISTANCES DE L'ORGANISME A LA SUITE D'UN TRAUMATISME
Du fait des conceptions modernes sur l’infection baeillaire, il est normal qu’on ait pensé à cette possibilité. A la suite d’un traumatisme important, il se produit un état de shock dû à la douleur, l’hémorragie. ; par la suite, peut succéder au choc traumatique un choc moral : par exemple, le blessé devant interrompre son travail, ce qui risque de lui donner d’importants soucis matériels.
Ainsi, un sujet tuberculisé qui avait jusqu'alors résisté à cette infection présente, à ce moment, du fait du fléchissement des résistances consécutif au traumatisme, « une rupture de l’équilibre terrain-infection et des conditions favorables au passage de l’état de santé à l’état de maladie » (ANGLADE).
Weismann-Nerrer, pour tenter de vérifier cette hypothèse, pratiqua des cutiréactions systématiques chez des sujets hospitalisés à la suite d'accidents divers : il constata alors, lorsque ces cuti étaient faites peu après l’accident, une absence totale de réaction à la tuberculine ou du moins une réaction extrêmement faible et il en déduisit : « Cette anergie qui, dans certains cas, a survécu à l’état
de shock proprement dit, nous paraît intéressante à retenir. Le shock traumatique entraîne par ailleurs de telles variations humorales qu’on ne saurait s’étonner de ce qu'il puisse modifier aussi l’immunité acquise contre le virus tuberculeux ».
Pourtant, parmi les grands traumatisés, même très shockés, qui sont tous en général tuberculisés, très peu font des tubereuloses du fait de leur accident, alors que certains, après des contusions d'importance assez médioere, font une tuberculose indéniable. C’est qu'’'interviennent sans doute alors une question de terrain, un complexe héréditaire ou des causes secondaires adjuvantes, telles que dénutrition, alcoolisme, silicose, pneumokiose..
Deuxième théorie :