‹ État Actuel de la Notion de Tuberculose TraumatiqueChapitre 14 sur 35 · LANDES · texte numérisé non relu

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: e nulie, étaient très différents dans les autres ; d’ailleurs, les techniques étaient très souvent douteuses et par suite, les résultats eux-mêmes.

A partir de 1930, LoewensTEIN, faisant des cultures de sang sur un milieu nouveau, prétendit obtenir des hémocultures positives dans des proportions allant de 40 % pour les tuberculoses latentes à 100 % pour les granulies.

Mais, très vite, si l’on excepte quelques auteurs qui, à l’exemple de LOoEwENSTEIN, affirmèrent obtenir le plus souvent des hémocultures positives, la grande majorité des autres aboutirent à des constatations très diférentes. Aünsi, CALMETTE et SAENZ, dans un rapport présenté, en 1932, au Comité d'Hygiène de la S.D.N., disent n’avoir obtenu des résultats positifs que dans 1,2 % des cas, après des recherches faites avec des techniques éprouvées sur des malades présentant des formes diverses de tuberculose.

Pourtant si la bacillémie proprement dite est considérée actuellement comme rare, la plupart des auteurs admettent qu’il y a dans le sang ou la lymphe des migrations transitoires brèves de B.K. qui se fixent très rapidement en un point quelconque de l’organisme mais surtout dans les poumons, véritable eul de sac de la circulation ; cette fixation, dans les conditions normales, ne crée que très rarement de nouveaux foyers bacillaires. Ces migrations s’effectueraient surtout lors des maladies infectieuses intercurrentes et il s’agirait de ce que NicoLLE nomme « baeilles de sortie » et R. et M. Mack une « bacillémie muette seconde ». Ces faits sont admis pour tous les auteurs. Mais un traumatisme avec le shock consécutif ne pourrait-il pas avoir le même rôle que les maladies infectieuses dans le déclenchement de ces migrations bacillaires ?

Reste la question de l’ultravirusémie de Foxres. C’est un problème semé d’embûches. Certes, on pourrait mettre cette ultravirusémie plus souvent en évidence que la ba-

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cillémie, mais quel rapport y a-t-il entre ces formes filtrables et le bacille lui-même ? Peuvent-elles engendrer des bacilles normaux ? Nous n’oserons pas prendre position dans cette question si délicate. Quoiqu'il en soit, il semble que ces ultravirus ne peuvent pas provoquer des formes normales de tuberculose,

Mais, si les germes tubereuleux peuvent être véhiculés par le sang ou la lymphe, vont-ils se fixer au lieu fraumatisé et s’y développer, créant une lésion spécifique ?

Que ce soit après une contusion ou une plaie pénétrante, il se produit toujours dans la région atteinte une zone d’attrition des tissus, un épanchement séro-hématique plus ou moins important mais constant, un état de stupeur dû aux phénomènes nerveux qui entraînent une vasodilatation locale. C’est ce que l’on a nommé « Locus minoris resistanciæe » (1. m. r.).

Ce concept de 1. m. r. n’a pas été admis par tous et MA- GaNus, entre autres, l’a nié. Il est vrai qu’il n’entendait pas ce terme dans le même sens que les Italiens ; pour lui, c'était une prédisposition locale particulière, et non une moindre résistance causée par le trauma. Comme le dit PITZEN, « les diverses opinions sur le 1. m. r. reposent au moins en partie sur les différents emplois du terme ».

Il semble bien pourtant qu’au lieu traumatisé 1l se produise des réactions favorables à la pullulation microbrenne, tant banale que tuberculeuse. Mosxy dit que « la vascularisation riche et la stase sanguine prolongée semblent être les conditions essentielles des localisations tuberculeuses » et son opinion semble prévaloir sur celle de Von SCHNEIDER qui pense qu’ « une hémorragie après un traumatisme est un obstacle à la fixation et au développement dés bacilles de Kocx ». |

En plus du rôle de cet épanchement sanguin, les auteurs italiens accordent une grande importance au fait que

l’immunité qui, d’après eux, serait cellulaire et résiderait dans le pouvoir phagocytaire local, se verrait très diminuée par suite des destructions cellulaires.

En Roumanie, Lupascu et ses disciples parlent des transformations chimiques qui se font au lieu traumatisé : des substances histaminiques seraient libérées et présenteraient, pour les bacilles tuberculeux, un « tactisme positif ». Ce n’est là évidemment qu’une hypothèse, mais qui, d’après eux, expliquerait en partie pourquoi la tubereulose traumatique se rencontre davantage après des contusions qu'après des plaies pénétrantes ; dans celles-c1, en effet, les substances histaminiques en contact avec l’air extérieur se transformeraient.et n’auraient plus le même rôle attractif pour les B.K.

Cette fixation des B.K. de la circulation est très séduisante, aussi de nombreuses expériences ont-elles été faites dans le but de la confirmer ou de voir si elle était admissible.

Max ScHuLzer, tout d’abord, en 1878, crut avoir localisé la tuberculose. Il fit des injections intratrachéales de fragments de tissus tubereuleux à des lapins dont il traumatisa ensuite les articulations. Il obtint ainsi des arthrites, mais il est évident qu'il n’avait pu, à cette époque, injecter seulement des germes tuberculeux.

Après la découverte de KocH, LANNELONGUE et ACHARD, en 1898, reprirent les mêmes expériences, mais avec plus de rigueur bactériologique : ils n’obtinrent aucun résultat positif. Aussi furent-ils amenés à rejeter la tuberculose traumatique due à la bacillémie et à la fixation des 5 4

au point lésé.

.PErrow, en 1904, dans des expériences à peu près analogues, obtint quelques localisations tuberculeuses articulaires, ayant injecté les B.K. dans les veines, après avoir traumatisé les articulations. Il admit pourtant que ces cas étaient rares.

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