INTRODUCTION
De tout temps, l’homme a voulu expliquer l’origine des maladies dont il souffre et la rapporter à une cause précise. Très souvent, cette cause, il croit la trouver dans un choc, une contusion, une blessure antérieurs ; d’ailleurs, les lois modernes sur les accidents de droit commun, les accidents du travail et les pensions militaires l’ont fortifié dans cette tendance. La tuberculose n’a pas échappé à cette règle ; aussi a-t-on parlé de tuberculose traumatique et, aujourd’hui, on ne peut en nier l’existence.
La tuberculose traumatique a depuis une soixante d’années fait l’objet de nombreuses publications, de recherches expérimentales très diverses, et soulevé d’ardentes discussions. Aussi, il semble assez surprenant que bien peu d’ouvrages de phtisiologie, même parmi les plus sérieux, traitent de la question ; c’est à peine si, dans certains d’entre eux, nous avons pu relever quelques lignes qui s’y rapportent.
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Certes, jusqu'ici, la lumière est loin d’avoir été faite sur les rapports entre la tuberculose et les traumatismes. Mais l'intérêt du problème demeure toujours aussi grand, tant du point de vue clinique, pathogénique que médicolégal.
Si, à notre tour, nous abordons ce problème délicat, ce n’est point que nous ayons la prétention, dans les pages qui suivent, de le résoudre. Nous avons seulement pensé qu’il était intéressant de savoir où en était actuellement la question, ce qu’en pensaient les auteurs modernes, tant français qu’étrangers.
Tout d’abord, disons que nous limiterons notre étude aux cas de tuberculose survenant après des traumatismes rigoureusement contrôlés et suffisamment violents pour donner des troubles fonctionnels immédiats très nets, ou des contusions ou plaies importantes. Nous excluons ainsi ceux qui apparaissent après inhalation de gaz, silicose, pneumokoniose et autres traumatismes peu importants réitérés.
Dans ces conditions, nous verrons que la tuberculose traumatique est relativement rare ; mais certains cas sont indisceutables. Par exemple, un ouvrier, sans aucun antécédent bacillaire, qui à toujours fourni sans interruption un travail pénible, subit un choc violent sur le thorax ; il ressent une grande douleur et présente, soit immédiatement, soit au bout de quelques heures, une hémoptysie qui peut se répéter les jours suivants. Quelques semaines après, alors que le choc subi n’est plus qu’un mauvais souvenir, il commence à tousser, perd l’appétit, maigrit, ses forces diminuent, sa température s’élève de quelques dixièmes. Un examen clinique pratiqué à ce moment montre, dans la zone pulmonaire sous-jacente à la région traumatisée, des symptômes d’une infiltration que l’examen radiologique affirme. La présence de B. K. dans les crachats confirme le dignostic.
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Maïs, à côté d’un cas aussi net où la relation de cause à effet entre la tuberculose et le traumatisme ne saurait être mise en doute, beaucoup d’autres sont sujets à diseussion et certains même doivent être nettement rejetés.
Nous envisagerons la question dans son ensemble et, du point de vue pathogénique, nous distinguerons plusieurs cas nous ralliant à la classification donnée au 7° Congrès de Médecine légale de 1922. Le traumatisme peut :
1° soit inoculer la tuberculose :
2° soit la localiser : tuberculose traumatique proprement dite ;
3° la mettre en évidence ;
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4° l’aggraver.
Nous ferons ensuite l’étude clinique des diverses loca- Bisations de la tuberculose traumatique. Nous verrons que, pour en porter le diagnostic aussi rigoureusement que possible, il nous faudra faire et la preuve du traumatisme et celle de la tuberculose, puis étudier la date et les circonstances d’apparition de celle-ci, ainsi que nous enquérir de l’état antérieur du malade.
Nous tâcherons alors de tirer quelques conclusions médico-légales : la part du traumatisme dans l’apparition de la tuberculose et les droits éventuels à pension ou indemnisation de la victime, en application des dispositions légales actuelles.