LUTTE
latentes, et qu’il a une grande aptitude à entretenir et à renouveler une lésion. Parmi toutes les suppurations, celles que cause le staphylocoque sont susceptibles de durer plus longtemps que les autres.
Ce retard d'apparition d’ailleurs peut être réel en raison de localisations minimes et latentes dans le rein. Mais parfoisiln’est qu’apparent et dû à ce que le diagnostic n’est posé que longtemps après l’apparition de la complication.
Causes prédisposantes
L'infection peut se développer sur un rein parfaite: ment sain chez un malade antérieurement bien portant ; mais fréquemment on retrouve dans l’étiologie un facteur prédisposant.
En première place il convient de placer le trauma: tisme. C’est un fait sur lequel les différents expérimentateurs à la suite d’Albarran avaient beaucoup insisté, et Trousseau dans sa clinique sur le phlegmon périnéphrétique, Verneuil également signalent l'importance d’un choc dans la localisation de l’infection.
L'influence du traumatisme s'explique simplement : les contusions, les déchirures, les hémorragies qu’il provoque favorisent l'infection.
Enfin, le traumatisme laisse après lui un hématome long à se résorber, véritable foyer d’appel pour une localisation infectieuse.
L'action des traumatismes répétés chez les gens qui
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portent des fardeaux est aussi efficace que celle d’un traumatisme violent.
Certaines observations sont à ce point de vue tout à fait typiques, telle celle du malade d'Israël, homme de 37 ans qui présentait un anthrax de la nuque en évolution et qui reçut un violent coup de pied dans le flanc droit.Dans les jours qui suivirent apparurent des signes d’abcès miliaire du rein droit pour lesquels on pratiqua une néphrectomie qui fut d’ailleurs suivie de guérison.
L'observation de Hayman est également caractéristique :Il s'agissait d’un malade qui à la suite d’une chute du haut d’une meule de foin reçut un choc dans la région rénale droite. Ce choc fut suivie d’une hématurie, dans la suite ce malade présenta des abcès miliaires du rein.
Il faut signaler à ce point de vue les contusions lombaires, les plaies du rein. André rapporte l'observation d’un blessé de guerre par éclat d’obus, qui conserva son éclat pendant cinq ans et qui, au bout de ce temps fut pris brusquement de douleurs violentes avec tempéralure élevée et urines troubles, qu’on dut opérer et chez qui on trouva des abeès multiples de la corticalité du rein.
De même les altérations persistantes du rein ont été signalées comme facteur étiologique.
-— les hydronéphroses légères ;
— les ptoses rénales et récemment encore M. Jean (Toulon) publiait une observation d’un de ces abcès du rein évoluant sur un organe en ectopie pelvienne.
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La lithiase rénale a été également observée. MM. Rochet et Gayet ont publié une sbservation dans laquelle les abcès corticaux ont évolué dans un rein récemment pyélotomisé pour calcul. R
IL faut noter aussi que de nombreux auteurs considèrent que le rein peut au cours d’une staphylococcémie se trouver altéré et présenter des lésions de nécrose dues aux toxines staphylococciques.
Il semble donc que de toute façon l’abcès métastatique ne se déveioppe que s’il y a une lésion rénale antérieure : traumatique, statique ou toxique.
Ces abcès mélastatiques, peuvent évoluer à tous les âges de la vie. Lepoutre en rapporte une observation chez un enfant de 8 ans Colmers en a observé deux cas, chez un enfant de 12 ans et un enfant de 10 ans.
Il faut insister sur ce fait que ces abcès ne se voient que chez des malades affaiblis, à organisme plus ou moins débilité souvent par une convalescence de mala-
die grave ou prolongée, et il semble bien que dans ces
cas l’abondance des toxines microbiennes mises en lIiberté joue un très grand rôle.
Comment se développent ces abcès unilaféraux ?
Verneuil, en 1888, frappé par la coexistence d’une lésion staphylococcique et d’un abcès du rein essaya de démontrer la pénétration du microbe dans le torrent circulatoire. Il le rechercha mais ne le retrouva pas.
L'année suivante, Albarran,dans sa {hèse, rapporte le résultat:de ses-expériences.Celles ci furent confirmées à
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plusieurs reprises par les travaux allemands (Schnitzler) italiens et surtout américains.
Brewer prend 16 lapins et leur injecte dans la veine marginale de l’oreille des microbes variés, après quoi il leur fait subir un traumatisme dans la région lombaire. Sur ces 16 animaux :
5 ne présentèrent que de la congestion rénale ; 2 moururent de septicémie ; 11 eurent des abhcès corticaux des reins ;
dont 8 présentèrent des lésions unilatérales ; 3 des lésions bilatérales.
Ainsi s’est trouvé démontrée l'infection hématogène d’une part, d'autre part l'influence du traumatisme et enfin la fréquence de l’unilatéralité.
C'est un fait d'observation, et les expériences de Cornil, de Strauss, de Chamberland l’ont prouvé, que les microbes filtrent au niveau des reins.
Le rein est un organe d'élimination aussi bien pour les microbes que pour les autres déchets de lorganisme.
Cette filtration se produit au niveau du cortex. Les microbes charriés par le sang s'accumulent dans la zone corticale du rein en raison de l'importance de la masse sanguine qui transverse cet organe dont les artères sont terminales et en raison de la barrière que leur oppose le filtre rénal.
Nous ne sommes pas très bien fixés sur la fréquence de cette élimination microbienne, mais on sait qu’elle peut se produire sans laisser de trace et que l’on peut