‹ État actuel de la question des abcès corticaux du reinChapitre 41 sur 46 · exusou · texte numérisé non relu

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De ces observations, il ressort deux choses :

La première c’est que, comme nous avons eu plusieurs fois l'occasion de le dire ce sont ces abcès uniques qui évoluent vers la périnéphrite suppurée (14 fois sur 31 observations), et cette statistique peut à ce point de vue s'opposer à celle des abcès miliaires ou dans les observations relévées nous n'avons pas un seul cas de phlegmon périnéphrétique.

En second lieu ce qui en ressort c’est que dans ces cas d’abcès uniques le traitement de choix est l’incision et le drainage des collections (30 observations de guérison sur 38).

D'ailleurs dans ces cas aussi, si les choses ne S’arrangent pas rapidement, si la température reste élevée, si les symptômes généraux restent graves, il faudra savoir se décider à réintervenir pour pratiquer une néphrectomie.

Dans les observations que nous rapportons, on a dû la faire deux fois (Chevassu, Colmers), dans une observalion d’ailleurs, cette seconde intervention ne permit pas de sauver le malade.

Néphrectomie partielle :

La néphrectomie partielle a été proposée par Colmers Thompson, Reshke, Damski, Lenormant, à qui elle a donné quelques résultats satisfaisants. Mais on sait la gravité de celle intervention tant au point de vue de l'infection qu’au point de vue des hémorragies qui peuvent survenir dans les suites opératoires, et il ne semble pas qu’une telle intervention soit à con-

seiller. Les chirurgiens qui l’ont pratiquée ont fait uné exérèse complète de la lésion en passant en tissu sain.

. III. — Abcès corficaux compliqués de phle$émon périnéphrétique

Quand au cours d’un abcès cortical du rein le diagnostic n’a pas été fait, nous avons vu qu'il était fréquent que l’évolution se fasse vers le phlegmon périnéphrétique. C’est très souvent dans ces conditions qu’on sera amené à {raiter un abcès cortical du rein.

IL faut bien savoir que dans ces cas il faut traiter uniquement le phlegmon périnéphrétique par l'incision et le drainage, et ne pas chercher à intervenir immédiatement sur Îe rein, que l’on sait pourtant être toujours malade.

Nous avons vu, en effet, qu’il s’agit d’une infection localisée, moins virulente, et il serait pour le moins imprudent d'aller chercher par des manœuvres intempestives faites dans le pus, à extérioriser le rein pour ÿ chercher la lésion cause du phlegmon. F

Pourtant Reshke conseille de le faire dans tous les cas pour aller inciser et drainer l’abcès rénal.

Dans la règle, quand le phlegmon aura été incisé et drainé correctement, la guérison surviendra en trois setnaines à un mois. Notre observation V est à ce point de vue tout à fait normale.

Mais dans certains cas, après l'intervention, les choses ne s’arrangent pas : la température reste élevée et oscillante, et il faut réintervenir.

Il peut s'agir dans ces cas soit d’une poche périné-

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phrétique enkystée, soit d’un abcès parenchymateux mal drainé.

Dans les deux cas un débridement correct entrainera la guérison.

Ce n’est que dans le cas où les symptômes persisteraient qu’on pourrait être amené à pratiquer une intervention plus radicale.

Colmers dut faire une néphrectomie secondaire huit jours après le débridement d’un phlegmon périnéphrétique, pour persistance des signes généraux d'infection, de même Braash, Gullivain, Richardson, Herezel. Voss dut également le faire pour une fistule persistante. En réalité, très rares seront au cours du phlegmon périnéphrétique, les indications de la néphrectomie.

Traitement des foyers staphylococciques en activité :

Naturellement dans tous les cas où le malade est encore porteur d'un foyer staphylococcique en activité, il convient de la combattre, car ce foyer constitue une source de réinfection et de réensemencement.

Picker, de Budapesth, rapporte à ce point de vue une observation intéressante : un malade est atteint de pyélonéphrite à staphylocoques, résistant à tous les traitements locaux et généraux, comme ce malade présentait une amygdalite, on fit une tonsillectomie. Tous les sÿmptômes s’amendèrent et le malade guérit.

Vaccinothérapie après l'intervention :

Dans tous les cas où on sera intervenu, il ne faudra

pas négliger d’avoir recours à la vaccinothérapie complémentaire.

Dans ces cas, comme on aura pu isoler et cultiver le staphylocoque en cause, il sera facile de faire préparer un auto-vaccin, dont l'emploi simplifiera et abrégera les suites opératoires.

Cette vaccination est d’ailleurs susceptible d’empêcher les localisations secondaires à la staphylococcémie.

Une question intéressante est de savoir ce que deviennent les reins qui ont été porteurs d’abcès métastatiques corticaux, et qu on a pu guérir et conserver.

Nous n’avons pu retrouver que deux observations dans lesquelles un examen fonctionnel fut pratiqué après la guérison.

L'une appartient à Reshke, et fut faite deux mois après la guérison. L'autre appartient à Avoni, et fut faite quatre mois après la guérison.

Les résultats donnés par ces deux examens .sont concordants : Les deux malades étaient en parfaite santé, avaient une azotémie normaie, et les deux reins avaient au cathétérisme un fonctionnement parfaitement équivalent.

Ces deux observations confirment donc bien ce fait, que les lésions aiguës, quand elles guérissent, sont peu mutilantes pour le rein.

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