OBSERVATIONS
Obs. 14. — Mme T..., 37 ans, a subi au mois d'octobre 1928 l’'énucléation de l'œil gauche pour sarcome mélanique.
Dans les suites opératoires survient un orgelet attribué à ce que la malade a soigné .une de ses filles atteinte de furoncle. £
Quelques jours après, au début de novembre, survient un ictère par rétention avec gros foie douloureux, température à 38°, 3805. On pense à un ictère infectieux bénin, mais l’ictère se prolonge et on craint une métastase hépatique.
Entre temps, deux ou trois furoncles évoluent au bras droit.
Brusquement, le 30 novembre, la température monte à 3905, puis 405. Au bout de trois ou quatre jours apparaît un point douloureux lombaire droit, et le Docteur Louis Ramond, consulté, pense à un phlegmon périnéphrétique en voie de formation. É
Nous sommes appelé auprès de la malade le 13 décembre. La température est à 40° depuis 15 jours ; l'ictère est toujours aussi accentué, bien que le foie ne soit plus douloureux et que les selles se recolorent par intermittence.
L'état général est relativement satisfaisant. Dans la région lombaire droite, on perçoit un gros rein, spontanément douloureux mais surtout sensible à la palpation. La masse est limitée, peu mobile, mais il n'existe ni oedème ni infiltration de la paroi, ni circulation collatérale.
Les urines sont louches maisnon purulentes Notre impression est que cêt état local répond plutôt à une pyonéphrose qu'à un phlegmon périnéphrétique.
La malade entre à la maison de santé et, le 15 décembre; nous pratiquons un cathétérisme de l'uretère droit. La vessie est saine, l'orifice urétéralnormal, lasonde pénètre facilement dans le bassinet. Elle ne révèle aucun résidu et donne issue à une urine assez claire. Néanmoins, nous laissons la sonde à demeure jusqu’au soir et nous en profitons pour recueillir les urines en vue d’une analyse bactériologique et fonctionnelle. à
Examen bactériologique {Dr Fisch) des urines du rein droit: nombreuses cellules rénales plus ou moins altérées ; quelques hématies, des leucocytes et de nombreux coccis que la culture identifie comme staphylocoques.
Examen fonctionnel : La C p. 1000 est de 7,40 pour Île R. D. contre 10,10 pour les urines recueillies par la sonde vésicale.
Le lendemain la température est à 37°, mais ce n'est qu'une rémission passagère et dès le soir elle remonte à 3905.
Le diagnostic de pyonéphrose étant éliminé par ces examens, nous posons celui de néphrite suppurée à staphylocoques et décidons de surveiller la malade pour intervenir au moindre signe de périnéphrite ou d'augmentation des signes locaux.
L'état local, loin d’empirer, reste stationnaire ou même s'améliore. Le rein reste gros, mais il n'est plus spontanément douloureux, la douleur à la pression diminue et le rein semble plus mobile ; aucun signe de périnéphrite n’apparaît.
Maisl'étatgénéral décline progressivement, bien qu'aucune nouvelle localisation ne soit apparue. Le 25 décembre, la malade a eu du délire et l état devient alarmant.
Nous demandons l'avis à notre Maître le professeur Legueu, qui en présence de cette localisation prédominante, au cours
LEVAXELAIRE 6