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ne Ve CE | gène, injectent aux cancéreux du sérum d'âne et de chien, soi-disant immunisés par des inoculations répétées de cancer. Quelques améliorations se produisent, aucune guérison.
Hotman de Villiers et Wlaeff, attribuant le cancer à des blastomycètes, injectent du sérum d’oie, Immunisée contre ces parasites. |
La cancroïne d'Adamkiewiez semble rentrer, malgré Le Dentu, dans le même ordre d’agents thérapeutiques. Bien que tout récemment encore (1906) son inventeur ait affirmé, devant l'Académie, la transformation du cancer en conjonctif par l'effet de ce traitement, les autres médecins n’ont pas confirmé ces résultats.
Ce serait encore un véritable spécifique du cancer que ke sérum de Doven. Préparé, dit-il, avec les cultures mêmes du M. neoformans, il donnerait des succès incontestables, et d'innombrables articles de journaux (tant politiques que médicaux), un livre entier sur le cancer, des conférences au grand public, plusieurs communications aux Congrès ou sociétés, enfin la thèse d'Hornus, en ont tour à tour vanté la valeur.
Or, là presque unanimité des chirurgiens nie les résultats en question. Chaput et Eschbach (1905) voient un cas aggravé par ce sérum. Puis, la Société de chirurgie, par l'organe de Delbet et Kirmisson, ruine les assertions de Doyen, à la suite d’un examen en commun d’an-certain nombre ‘de malades. Rien w’est plus intéressant que la lécture des observations s'y rapportant, rédigées en partie par Doyen, en partie par la Commission de la Société ; les divergences d'interprétation deviennent’ quelquefois des contradictions véritables.
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Ainsi dans l'observation VII (cancer du sein), la Commission écrit : « État cachectique avancé. » Doyen ajoute : « La malade est partie à la campagne et donne des nouvelles satisfaisantes. » Et le rapporteur de conclure : « Aggravation incontestable. »
Kirmisson apporte deux nouveaux échecs.
Au Congrès de Chirurgie de 1906, Thiéry repousse également les conclusions optimistes de Doyen.
Paine et Morgan publient dans The Lancet (1906) une longue série d'échecs.
Cependant Jacobs et Geets font à l'Académie royale de Bruxelles une communication favorable. Le sérum de Doyen perd dès lors son nom de sérum pour devenir un vaccin et prétend s'appuyer sur une méthode biologique de contrôle, l'opsométrie de Wright (Congrès de Lisbonne, 1906). Citons aussi des améliorations au moins provisoires qu'il à procurées à Simpson (cancer de l'utérus), Scane Spicer (cancer du larynx, avec examen histologique avant et après), el Pouly (tumeur mammaire dont la nature maligne n’est pas absolument irréfutable).
Les objections, alors même qu’on admet la réalité de ce qu'avance Doyen, ne manquent pas.
Brunswick-Le Bihan (1905) invoque la guérison spontanée de lésions, néoplasiques en apparence, constatées au cours de laparotomies qui restèrent exploratrices. Déjà, en 1893, Billroth pour le carcinome, Kundrath pour le Iymphosarcome citaient des cas de régression spontanée. La question de diagnostic, 1l'est vrai, demeure toujours en suspens.
D'autres, et c’est l'opinion qu'exprime Grenel en
La SAP analysant dans les Archives générales de Médecine. la thèse. d'Hornus, attribuent aux qualités ordinaires du sérum animal les quelques améliorations de Doyen el pensent que n'importe quel sérum (antilétanique, antidiphtérique) en donnerait autant.
Les sérums d'animaux non préparés ont.été en effet proposés contre le cancer : MM. Arloing etJ. Courmont, après avoir constaté la médiocrité et la fugacité des résultats obtenus par le sérum d'âne inoculé de cancer! concluent que le sérum d'âne sain serait aussi efficace.
Tuffier propose le même procédé, en consetllant de changer de sérum dès: que l’action paraît s'épuiser, mais ne croit pas à la possibilité de guérison définitive. Et, en effet, Le Toux, qui à (1906) mis en pratique ces conseils, n'a obtenu que des améliorations transitoires.
C'est à cette catégorie de sérums non spécifiques que M. le professeur Mayet à eu l'idée de s'adresser, non plus en se basant sur des constatalionsempiriques,;mais en considérant Paction possible d’un sérum étranger sur la vitalité des cellules du néoplasme. Il n'est pas illogique de s'attendre à voir celles-ci souffrir de: l'introduction et du contact d'albuminoïdes hétérogènes, et peut-être subir ainsi un trouble évolutif, un arrôt dans leur prolifération et dans leur marche envahissante. Reste à savoir quels sérums on peut employer impunément, el jusquà quel point leurs propriétés hémolyliques sont négligeables.
Deux sérums ont été employés dans ce but, le sérum d'âne et le sérum. de porc. Le sérum, recueilli aseptiquement dans une veine (âne) où par section: des gros vaisseaux du cou (porc), élail, après séparation du
— 37 — sang, mis dans de petits flacons de verre d’une contenancede 15 à25 c.m.c. Ce fractionnement limite, en cas de contamination fortuite, à une petite quantité la somme de liquide perdue.
Les injections étaient faites le plus près possible de la tumeur, autant que la douleur le permettait. Elles ‘allaient d’un à 20 €. m. ec. à la fois, et nous devons déclarer que seules les injections de plus de 15 e.m.c. ont donné une douleur réelle. Les autres étaient à peu près indolores, qu'il s'agit de sérum de porc ou de sérum d'âne. Comme accidents toxiques d'origine sérique, le sérum d’âne à donné une fois du prurit et une fois un peu d’albuminurie (encore s’agissait-il d’un cancer de l’utérus, qui plus tard eut des complications urémiques par néphrite ascendante). Le sérum de porc a donné une fois de lé ythème.
D'autre part, des recherches microscopiques entreprises à ce sujet dans le laboratoire nous ont montré, sur des préparations lutées à la paraffine, que ces deux sérums conservent les globules rouges pendant vingtquatre heures et plus sans altérations appréciables.
Quant aux résultats thérapeutiques, à part quelques diminutions passagères dans les douleurs, sédation consécutive aux premières piqûres et explicables par l’'auto-suggestion, ils sont restés à peu près nuls. Aussi semble-t-il que les sérums indifférents ne soient pas assez puissants pour modifier de façon durable et profonde les néoplasies.
Il faudra donc à l'avenir remédier à cette insuffisance. On pourra le faire de deux manières :
1° En adjoignant à la sérothérapie un autre moyen
de traitement non ‘opératoire, et 1l résulte de l’exposé ci-dessus que le plus efficace est encore la radiothérapie ; |
2° En revenant aux tentatives, infructueuses jusqu’ici, d'immunisation des animaux auxquels on prendra le sérum.
Le procédé d'immunisation est encore à trouver, mais il semble, d'ores et déjà, certain qu'il sera nécessaire de saturer pendant longtemps l'organisme de l'animal par des produits néoplasiques. L'animal de choix pourra être, sans aucun inconvénient, l’âne ou le porc. |