CHAPITRE V
CONGRÈS INTERNATIONAL DE LÉGISLATION DU TRA- VAIL (1) A BRUXELLES, 27-30 sepremMBre 1897
L'année même du Congrès de Zurich, se réunit à Bruxelles un Congrès international de législation du travail. Le comité d’organisation, composé de MM. Brants, de Ridder, E. Mahaim et L. Strauss avait, convoqué tous ceux qui s'occupent de questions sociales, les industriels, les travailleurs de tous les pays, les partisans aussi bien que les adversaires d’une législation protectrice du travail.
Etant donné sa composition, le Congrès ne pouvait avoir aucune unité de vue, son but était plutôt de discuter desidées que de prendre des décisions.Son programme excluait d’ailleurs explicitement tout vote, toute résolution.
(1) Rapport et Compte-rendu des séances, Bruxelles, 1898. L. de Seilhac, Congrès de la Législation du travail, etc... Paris, 14897. P. Pic et Ch. Brouilhet, Congrès international du travail tenu à Bruxelles, 1897 (Revue d'économie politique, 1897, p. 1.053).
Saint-Albin à
A côté des libéraux les plus orthodoxes, se trouvaient des interventionnistes déclarés. Cette opposition radicale de principes se manifesta dès la première séance, devinf immédiatement le centre de la discussion, le terrain de combat auquel on ramena sans cesse les autres questions. Liberté d’une part, coercition de l’autre, tels sont les camps en présence ; ou plutôt, chacun revendique comme sienne la liberté, mais la liberté que cherchent les uns n’est qu'une liberté de surface, celle que visent les autres est la liberté effective des travailleurs (1).
Jamais la question de l’inlerventionnisme n’a été discutée avec tant de chaleur, d’âpreté, d’ironie. Après cette discussion de principes, le plusimportant débat porta sur le projet d'office international ; dans une réunion antérieure, le groupe allemand avait déjà décidé de concentrer son effort sur ce point (2).
A la suite de difficultés survenues dans le comité d'organisation au sujet d'Anseele, un de leurs chefs, les socialistes s'étaient pour la plupart abstenus de venir au Congrès. Pourtant, Anseele, Hector Denis et Bertrand prirent part aux séances; quant à Vandervelde, il s'était placé au banc de la presse. Ce furent les seuls socialistes présents. La revue allemande Soziale
(1) Soxiale Praxis, 7 octobre 1897, article traduit à la fin du livre de M. de Seilhac, p. 120 à 133.
(2) Soxiale Praxis, article cité.