‹ État actuel de la réglementation internationale du travailChapitre 33 sur 50 · SE TRUE · texte numérisé non relu

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composition des statuts. Le projet d'association présenté par l'orateur à Bruxelles a servide base au travail de la commission.

Jamais, déclare M. Mahaim, la nécessité d’une union n’a élé si vivement sentie. L’ancienne internationale des travailleurs répondait à un besoin de ce genre mais elle était une organisation de combat d'une classe sociale; « celle que nous fondons sera uniquement une instilution sociale ouverte à toutes les classes ». Elle sera utile à la fois à l’homme d’étude et au législateur.

Sans doute et heureusement les lois sociales peuvent être purement nationales, « mais ceux qui veulent le progrès de ces lois ne peuvent s'abstraire du point de vue international ».

L'objection de la concurrence internationale « loin de perdre de sa valeur en acquiert chaque Jour davantage, à mesure que les relations internationales devenant plus étroites, toutes les industries, les unes après les autres, se sentent menacées par la concurrence étrangère ». On n'y peut répondre que par des arguments de fait. Il faut pouvoir même, en vue d’une loi nationale, «invoquer des arguments irrécusables, péremptoires, non seulement à propos d’une disposition légale mais à propos dè son application ». L'Association réalisera ce but par les pubhcations de Office international et par son bureau de renseignements. Elle poursuivra la

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concordance des diverses législations nationales par la préparation des futurs congrès et conférences diplomatiques.

Sans doute, un organe officiel présenterait certains avantages : la convention qui en serail la base lierait les gouvernements d’une manière positive et deviendrait le point de départ d’une série d’accords ; les fonds mis à la disposition d’un tel organe seraient plus considérables.

Mais l’inaction des gouvernements prouve qu'il ne faut pas attendre d’eux la solution.

Aussitôt après la lecture des statuts, le baron de Berlepsch, un des doyens de la protection internationale, ancien président de la Conférence de Berlin et ministre d'Etat de l’Allemagne, se lève et déclare y adhérer au nom du groupe allemand. Il propose de donner immédiatement à l’Association un comité international provisoire composé de : M. Scherrer, président ; M. Mahaim, secrétaire général; MM. Cauwès, Toniolio, de Philippovich et de Berlepsch, membres.

Cette proposition est accueillie à l'unanimité.

Puis les représentants autrichien et belge, MM. de Philippovich et Mahaim, déclarent adhérer aux statuts au nom des comités provisoires de leurs pays. M. Cauwès fait la même déclaration pour la section française déjà constituée. Le représentant de l'Italie promet l'adhésion du

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groupe italien. M. Curti tient le même langage au nom des Suisses.

Le représentant de la province de Québec, avec son adhésion personnelle, apporte l'engagement de travailler à gagner ses compalriotes à la cause de l'Association internationale.

Un seul point noir surgit au milieu de l'empressement général et des félicitations réciproques que s'adressent les délégués. Les statuts de la future Association prévoyaient un représentant du Saint-Siège. On a critiqué l'admission de ce représentant, déclare M. Mahaim, mais il n'aura en fait qu’une influence très limitée à côté des représentants de tous les pays. C’est une question de détail pour laquelle il ne faut pas compromettre l'œuvre entière, «le comité internaüional y a vu un gage de succès et l’a accepté à l'unanimité ».

Ces explications ne satisfont pas M. Champy.

L’admission d’un représentant du Saint-Siège est, dit-il, impossible, « ce serait contraire à toutes nos idées d’émancipation ».

Une vigoureuse intervention de M. Jay remet la question au point. Bien que catholique convaincu, dit-il, jamais il n’est entré dans son esprit et il répugnerail à sa conscience de faire faire par voie détournée on ne sait quelle « manifestalion confessionnelle » à des hommes qui ne partagent pas ses convictions. D'ailleurs, les staluls ont été élaborés ou acceptés en Belgique,

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en Allemagne et en France par des comités où les catholiques étaient souvent en minorité. La situation faite au Saint-Siège n’est pas différente de celle faite aux gouvernements. Il ne s'agit done pas de faire une manifestation catholique, mais de ne pas faire une manifestation anticatholique.

M. Lagardelle, socialiste, déclare se séparer de son camarade Champy : « La question du Saint-Siège n’est pas posée, je demande qu’elle ne soit pas posée. Je savais quand je suis venu ici que j'y trouverais des catholiques. Cela ne m'a pas arrêlé. Nous travaillons, en effet, sur un terrain neutre pour le bien de la classe ouvrière. Restons, Messieurs, sur cé terrain, je vous en conjure. La trêve de Dieu a été faile au Congrès de Zurich. Maintenons-la ».

M. Keuler, tout en se réclamant du positivisme, estime que la présence d’un représentant du Saint-Siège ne portera aucune atteinte aux convictions des non-catholiques qui resteront toujours libres de discuter et de défendre leur idéal.

Sur la proposition du président, les statuts sont votés en bloc à l'unanimité moins une voix. L'Association internationale pour la protection légale des travailleurs était fondée.

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