BASES PATHOGÉNIQUES DU TRAITEMENT DU CANCER
Il nous faudrait un ouvrage spécial pour analyser ioutes les théories qui ont été émises pour expliquer
la pathogénie des cancers. Sans vouloir les énumérer. même toutes, il nous est très difficile d’y établir une
classification qui puisse rendre leur étude un tant soit peu claire . |
Il s’agit, tout d’abord, de s'entendre sur ce qu'on doit comprendre par un cancer Il est bien possible que les maladies que nous englobons actuellement sous ce même vocable comprennent, en réalité, un grand
nombre d’entités nosologiques. Nous pouvons néan-
moins dire que nous appellons cancers toutes les tumeurs malignes. La malignité se caractérise par un certain nombre de propriétés : accroissement indéfini, absence de rétrocession spontanée, tendance à l'envahissement et surtout à la métastase.
Le fait fondamental dans les cancers c’est la prolifération d’un tissu, prolifération qui prend son origine très probablement dans une cellule. Cette cellule originelle est, soit du type épithélial, soit du type conjonctif ; il s'agira alors, dans le premier cas, d’un épilhélioma, dans le second d’un sarcome.
OT
Pour qu’une cellule puisse être la cellule-mère d'un cancer, elle doit être mise dans des conditions particulières, elle doit renfermer une potentialité spéciale ou bien doit subir des influences extérieures cancérigènes. Selon qu'on admet le rôle pathogène de ces
‘trois catégories de facteurs, on aura à faire à trois
groupes de théories que nous étudierons successive-
ment.
a) Terrain précancéreux et cancérisable
Ce premier groupe de théories suppose qu’un cancer ne peut se développer que dans un organisme qui y est prédisposé. Cela sous-entend que le cancer est toujours une maladie générale. Lorsqu'une cellule se met à se multiplier et donner, par sa prolifération anarchique, un cancer, cela ne peut se produire qu'avec une sorte de « consentement » de l'organisme. Or, ce n’est qu’un organisme malade, troublé, anormal, qui peut donner son « consentement » au développement d’un cancer.
Les théories de ce groupe recherchent précisément les causes qui permettent à tolérer un cancer à un organisme.
On avait autrefois émis quelques hypothèses très générales, mais aussi très vagues en ce qui concerne l’intervention de l’organisme dans la genèse des cancers : Boverr supposa qu'il y avait un trouble du sysième régulateur des cinèses ; BarD invoqua une in-
AR A CNE
duction vitale que communiquerait lorganisme à la cellule. |
Plus récemment, on a tenté d'analyser de plus près l’état de l'organisme cancéreux et cancérisable. Nous n'insistons pas sur la question de l’hérédité qui échappe encore actuellement à nos moyens d'action. On a d’autre part cherché l'influence des diverses fonctions physiologiques sur l'établissement des cancers. Les fonctions génitales stimuleraient le développement des cancers, par contre, la castration rend réfractaire les individus à la production de cancer expérimental (L. Lors). Chez la Souris castrée, on n'a pu provoquer le cancer par le badigeonnage au goudron.
MaisiN et JACQUIN ont, par contre, konstaté une accélération de l’évolution des cancers au goudron chez les mâles castrés.
On a également parlé du fonctionnement thyroïdien dans le déterminisme du cancer. Une hypothyroïdie prédisposerait et cette prédisposition peut être annulée par l’extrait thyroïdien (Oprer). Nous reviendrons à propos de l’opothérapie sur les divers autres facteurs incriminés.
On a étudié l’équilibre acide-base chez les cancéreux et on l’a trouvé presque constamment modifié dans le sens de l’alcalose (Bucenarp Coromgiis, Mrcerzxy et Bousien). On ne peut tirer de ces faits aucune conclusion en ce qui concerne la nature du terrain précancéreux. Nous citerons à cet égard Îles
expériences de VLÉs qui étudia le point iso-électrique
du sérum chez les souris rÉbeptites et les ue réfrac- st taires à la greffe. Cet auteur a trouvé que l’état réfractaire coïncidait avec une valeur basse ae point isoélectrique. | à ;
Au point de vue chimique, Rosn a insisté il y a longtemps sur la déminéralisation des cancéreux : nous verrons plus loin les sanctions 1NGR neue qui découlent de cette constatation.
Bien d’ autres modifications chimiques (augmentation de la cholestérinemie, de la glycémie, modifica- | tions du rapport potassium, calcium et du rapport sérine-globuline, etc.), ont été décrites, mais aucune conclusion valable ne peut en être tirée. Il semble bien que les études du métabolisme cellulaire peuvent rendre de plus grands services.
b) Métabolisme de la cellule cancéreuse
En ce qui concerne le métabolisme minéral, il semble bien établi que la cellule cancéreuse se caractérise par une augmentation du potassium et une diminution de son calcium. Le potassium paraît exercer une action stimulante très nette sur le développement du cancer. Cet élément intervient probablement grâce à sa radioactivité. En même temps que le calcium, le magnésium semble être diminué également. C’est sur ce fait que sont basés de nombreux. travaux thérapeutiques récents.