‹ État Actuel Du Traitement Médicamenteux Des Tumeurs MalignesChapitre 14 sur 24 · LA RAS · texte numérisé non relu

LA RAS

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reviendrons.

Ce sont les travaux de WARBURG qui ont apporté les contributions de beaucoup les plus importantes à la question du métabolisme de la cellule cancéreuse.

Dès 1894, Brauzr avait constaté que la cellule cancé-

reuse était particulièrement riche en glycogène. Les auteurs qui ont continué ces travaux ont même établi que, d'une façon générale, la malignité d'un cancer est étroitement POPOOMAGRE * à sa teneur en ely-

En partant de ces faits, WARBURG à montré que la particularité la plus importante du métabolisme de la cellule cancéreuse, est la rapidité énorme avec laquelle cette cellule décompose le sucre en acide lactique. Dans une cellule normale, la respiration détermine une combustion de glucose en anhydride carbonique, en passant par une série de corps intermédiaires. À côté de la respiration, trouve lieu, même dans une cellule normale la fermentation qui est essentiellement une destruction anaérobie du glucose en une série de corps dont le plus important est l'acide lactique. Mais, alors que dans la cellule normale la respiration l'emporte de beaucoup sur la fermentation, la cellule cancéreuse se caractérise par une grosse prédominance de la fermentation anaérobie sur la respi-

ration aérobie.

Un certain nombre de méthodes thérapeutiques sont basées sur les faits Noa ci-dessus ; nous y

c) Facteurs extérieurs

‘Très nombreux et très variés sont les facteurs qui ont été invoqués dans l’étiologie des cancers : facteurs physiques, facteurs chimiques et facteurs biologiques (microbes, parasites). La plupart d’entre eux sont d’ailleurs basés sur des faits cliniques expérimentaux solides et il est probable que les théories basées sur ces faits renferment une part de vérité, tout au moins pour certains cas.

Ainsi, parmi les facteurs physiques, il est incontestable que certains peuvent provoquer des cancers rayons X, radium, etc. Il est cependant impossible d’étendre le rôle pathogène de ces agents à la totalité des tumeurs malignes. D'autre part, les facteurs d’irritation qui rallient un grand nombre de suffrages actuellement, peuvent être rangés parmi les agents physiques. On sait que Lumière fait provenir toutes les tumeurs malignes de cicatrices résultant d’irritations tissulaires antérieures répétées. Là encore on ne peut nier que très fréquemment le cancer se développe sur des tissus antérieurement enflammés ou traumatisés.

La théorie irritative est d’ailleurs très ancienne, elle remonte à Broussais et à Vrrcuow. Récemment, MÉNÉ- TRIER en à donné une nouvelle interprétation quelque peu éclectique. L’irritation agit, dit-il, pour provo-

quer. une sorte de sélection tissulaire. Sous cette in-

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fluence, une cellule ou une parcelle de tissu se trouve séparée de certaines influences inhibitrices et se met. à proliférer d’une façon anarchique.

3 Parmi les facteurs chimiques, on connaît surtout les dérivés du goudron. On n’a encore pas réussi jusqu'ici d'isoler la substance cancérigène véritablement active. Cook pense l'avoir trouvé dans le dibenzanthracène. D'autre part, on a signalé les propriétés cancérigènes de l’arsenic. .

- Les facteurs biologiques, parasitaires où microbiennes sont également fort bien établis dans un certain nombre fort restreints de cas. Ainsi, certains parasites du tuber digestif (Gongylonema neoplasticum, Taenia crassicollis, etc.) peuvent provoquer de véritables épithéliomas de la langue et de l'estomac chez le rat. Le sarcome de PEyron-Rous de la poule est inoculable et semble être dû à un microorganisme.

Les expériences de Gurwrrscn et de Macrou ont montré que le bacterium tumefaciens, responsable de certaines néoformations des végétaux, peut produire des radiations mitogénétiques qui provoquent la ‘pro-

lifération tissulaire à distance.

Fels sont les faits, résumés très succinctement, qui peuvent actuellement entrer en considération ‘quant à la pathogénie des tumeurs malignes. Il faut avouer

que nous ne possédons actuellement aucune explica-

ie que nous ; venons de passer en revue, les unes, RU a de simples vues de l'esprit, les autres sont basées. sur.

des faits scientifiques incontestables, mais ‘gles ne sont pas encore poussées suffisamment loin ou. bien 1

| elles ne s ‘appliquent qu'à certains cas particuliers. RS

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En présence de cette incertitude, on conçoit. que a

thérapeutique n'ait pas encore fait beaucoup de pro- | | À

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SÉROTHÉRAPIE ET VACCINOTHÉRAPIE

Pour mettre en œuvre dans le traitement des can-

cers, des méthodes inspirées de celles qui ont donné — tant de succès contre les maladies infectieuses, il faut avoir une conception un peu particulière sur les tu-

meurs malignes. Cette conception a été exposée assez récemment par Rubens Duvaz. Il s’agit de l'hypothèse de l'existence d’une véritable immunité de l’or-, .

E. ganisme contre le cancer. On peut dire déjà que dans

certains cas, une immunité naturelle existe contre le

cancer puique tous les animaux greffés ou badigeonnés au goudron ne font “Das (es CARCERS. ne Care

Mais il s’agit surtout d'envisager la possibilité d’une

immunité acquise. Déjà Enrricu, en 1906, constata que

l’on pouvait immuniser les souris contre la greffe de Fe cancers, en leur greffant d’abord une tumeur relatis vement bénigne. En greffant alors une seconde tumeur nettement maligne, il obtint une régression du greffon

dans 50 à 80 p. 100 des cas.

En même temps, SCHônE avait montré Paction ana- ' logue d’une greffe préalable d’un embryon ou de tissu embryonnaire. Nous reviendrons dans un des chapitres suivants sur l'interprétation probable de tous ces

Cas.

der ae

Des preuves plus formelles de l'existence d’une défense de l'organisme ont été montrées par M°° LABoRDE et Cuez. Ces auteurs ont constaté la rétrocession d’un chondrosarcome après une irradiation manifestement insuffisante. Ils interprètent ce fait comme le déclanchement d’une partie de la tumeur.

RuBens-Duvaz a trouvé que l’examen histologique d’un grand nombre de cancers permettaient de déceler des traces de régression, comparables à ce qu'on trouve dans les tumeurs irradiées.

Il n’est donc nullement indispensable d'admettre l’origine parasitaire ou infectieuse du cancer pour avoir recours à la vaccinothérapie et à la sérothérapie.

Le premier vaccin anticancéreux a été préparé par Leypen et BLUMENTHAz, en 1902. Des résultats expérimentaux ont été montrés par Maisin et VAN DE YVER, par Fisicer et Mürrer, ete. En clinique, la méthode a été contrôlée par P. DeLBET et par WERNER. Aucun de ces auteurs ne s’est montré satisfait des résultats atteints ; DELBET a même insisté sur les dangers de la méthode qui peut provoquer des greffes. Car, il faut savoir que ces vaccins sont préparés à partir des tumeurs et une légère faute de technique peut y laisser persister' une cellule intacte, pouvant faire office de greffon.

Plus récemment, Rupens-Duvaz, Cuvier et CARRÈRE,

puis Bronin ont insisté sur l'efficacité d’une nouvelle

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préparation qui aurait donné des résultats encourageants, quoique seulement partiels.

Nous passons sous silence ici les tentatives de vaccinothérapie non spécifique que nous étudierons à propos de la protéinothérapie.

La sérothérapie a été utilisée pour la première fois dans le cancer par les promoteurs même de la méthode, par Ch. Riouer et Héricourr, en 1895. Ces auteurs obtinrent une amélioration temporaire dans un cas de sarcome en administrant du sérum prélevé sur un animal qui a été injecté par des extraits de tumeur. Plus tard, BoRRELzL, GAyLorp, CLOWES et BAEsLACK, ENGEL, etc. ont encore essayé la sérothérapie avec des préparations basées sur divers principes. Il y a eu dans tous ces cas des résultats temporaires, mais rien ne permet de juger de la spécificité de ces produits.

Plus récemment, LUNSDEN, puis ZACHERL ont cherché à préciser les propriétés anticancéreuses du sérum des cancéreux ou des animaux injectés avec des extraits de cancer. Il semble, en effet, que ces sérums ont le pouvoir d’inhiber in vitro la croissance des cellules cancéreuses et que ce pouvoir carcinolytique peut même être activé par irradiation.

Cependant, en pratique, aucune de ces méthodes ne peut encore être considérée comme un véritable traitement du cancer et surtout pas un traitement spé-

cifique.

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PROTÉINOTHÉRAPIE

1} semble, en effet, que la vaceinothérapie et la sérothérapie ne sont que des formes déguisées d’une pro- ‘téinothérapie dépourvue de toute spécificité. Les résultats aussi remarquables obtenus avec n'importe - quel corps protéique montrent que les soi-disant | vaccins et sérums anticancéreux ne procèdent que

par protéinothérapie.

Bien qu’il s'agisse de protéinothérapie dans ce chapitre, il semble cependant que des corps gras ou lipoïdiques sont capables d’avoir une action favorable également sur le ‘développement des cancers. Ainsi, Daxagara a montré que l'huile d’olive pouvait, d’une

façon préventive, empêcher le développement des can-

cers de greffe chez l'animal.

Le sérum normal possède un pouvoir inhibiteur

- sur les cellulés cancéreuses in vitro (CARREL et Baker,

-ArRLoING et Courmowr, etc.). Cette inhibition serait due , à la présence de substances lipoïdiques. Ce fait explique, les bons effets d’une sérothérapie non spécifique. Il en est de même de la vactinothérapie non spécifique. En se basant sur la propriété curative de l'érysipèle dans les cancers (cette propriété est aujour-

d’'hui très discutée, on insiste même sur la gravité de

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cette maladie lorsqu'elle survient sur le terrain cancéreux), on a préconisé des vaccins à base de streptocoque. Les résultats ont été les mêmes que ceux de, toute vaccinothérapie. Cependant, RecauD et Murren- Mizcu ont insisté sur leur action bienfaisante lorsque le cancer était infecté secondairement.

On a également eu recours à des vaccins préparés avec des champignons, comme le blastomyces paraneolormans (SAN FELICE) ou avec des levures (JAcos- SON).

On a utilisé le pus stérilisé (méthode de Duroûr), le lait (WERNER) avec des succès parfois étonnants. Ainsi, WERNER à pu voir rétrocéder sous l'influence d’une unique injection intraveineuse de lait une grosse tumeur gastrique.

Il n’est pas douteux que toutes les méthodes par les extraits de tumeur sont également de la protéinothérapie et que les albumines extraites des cancers n’ont aucun pouvoir spécifique. MaïsiN semble d’ailleurs supposer que l'immunité anticancéreuse, si tant est qu'elle existe, serait beaucoup plus spécifique encore qu’on ne le croit. Elle serait spécifique pour la catégorie histologique de tumeur dont il s’agit et aussi pour l'espèce animale, Pour appliquer une thérapeutique immuni- * taire à l’homme, il faudrait donc avoir recours à du sérum humain, ce qui dépasse évidemment la limite des possibilités pratiques. |

Dans le domaine de la protéinothérapie on a préconisé également les venins de serpent. DELBET qui a tenté leur utilisation, n’a obtenu que des résultats négatifs.

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