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CHAPITRE PREMIER

L'INFECTION ENDOCARDITIQUE

L’infection est la complication majeure, tant au point de vue de sa fréquence qu’au point de vue de sa gravité pronostique. C’est à elle surtout que OSLER [34] pensait lorsqu’il écrivait en 1880 : « De quelque façon qu’elle soit produite, cette condition (l’état bicuspide de la valve aortique) est dangereuse par le risque d’altération que court la valvule unifiée, » On sait maintenant que les malformations valvulaires, comme d’ailleurs la plupart des anomalies cardio-

vasculaires, représentent un «locus minoris resistentiæ ».

pour les formes plus ou moins virulentes de microbes lancés dans le courant sanguin.

AE les AUtebrS dcaieut bete ce tait sans ‘r dor “une ns définitive. ;

connaissances sur le mode d’invasion et d'extension du processus inflammatoire dans ces conditions.

LES FACTEURS MÉCANIQUES ANORMAUX créés par la malformation sont certainement les causes déEnnanles de la localisation de l'agent infectieux.

En effet, les études macroscopiques et microscopiques faites par ces auteurs sur les valvules congénitalement bicuspides ont montré que l'infection ne résultait pas d’une. embolie dans les vaisseaux nutritifs de l’endartère ou de l’endocarde ; dans tous les cas, l’infection avait attaqué, en partant du courant sanguin principal, la paroi interne du vaisseau au niveau d’une aire sclérosée et, par conséquent, en état de moindre résistance, ou bien encore au niveau d’une crevasse formée par la difformité valvulaire. Cette dernière se comporterait comme un point ‘de rassemblement et de colonisation pour les bactéries relativement non-virulentes de la grande circulation.

Il en résulte, dans un certain nombre de cas, un contraste marqué entre linnocuité relative du microbe causal et l'extension par contiguité du processus inflammatoire végé-

à tatif, qui est souvent rapide et importante. e Nous verrons plus loin que la sclérose valvulaire est une ‘ lésion extrêmement fréquente dans les cas d’aorte bicuspide. Peut-être même pourrait-on dire qu’elle est fatale dans les . cas où le malade atteint un âge relativement avancé. Déjà

en 1844, Sir James PAGET, en décrivant un cas d’endocardite survenue sur un orifice bivalvulé, faisait la remarque suivante : « Le fait que les valvules soient, dans ce cas, très malades, est important ; car il affirme évidemment —— et ceci

est confirmé par plusieurs autres observateurs — que les parties qui sont malformées, par développement défectueux

ou erroné, sont souvent. en même temps imparfaites dans

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our structure tissulaire et, à ce vuire, sujettes aux lésions | secondaires, PR ;

Quoi qu il en soit, ces altérations Hess paraissent être la cause de la greffe microbienne, et les conclusions de FE et GRANT sont formelles à cet égard.

Il existe toutefois des cas où la greffe microbienne se Produit sur une valve bicuspide saine, comme elle se produirait sur tout orifice aortique normal. Citons, à titre d'exemple, LobseryaHon publiée en 1897 par Sir Arch. GARnon [17] :

« Au cours une otite moyenne suppurée, il constata une greffe secondaire du pneumocoque causal sur une valve aortique bicuspide congénitale dont les valvules ne PEÉSPREMENt aucun signe d’atteinte antérieure. »

L’ALLURE CLINIQUE réalisée par la greffe endocardique réalise tous les types évolutifs. .

— Dans la majorité des cas, la lésion est du fype subaigu et due, d’après les statistiques de LIBMANN, au streptocoque # viridans dans 90 % des cas et au bacillus influenza dans la plupart des autres. Dans ces cas, le plus souvent, la lésion revêt le type fibreux ou verruqueux, cette lésion fibreuse pouvant constituer un foyer, sévère et progressivement mortel à la suite d’une bactériémie, par ailleurs fugace et inoffensive, ‘4 Dans un certain nombre de cas, toutefois, la greffe endo- | cardique peut prendre d'emblée le type aigu et réaliser une allure fongueuse et végétante, quelquefois même anévrysmale.

Nous avons cité plus haut le cas de Sir Arch. GARROD, où la greffe infectieuse à pneumocoques était secondaire à une otite moyenne aiguë suppurée.

Nous donnerons également un résumé de l'observation 3 récente de NICHOL et DOBRIN [31] : à

Observation V

(Nicuol et DoBriN. — Am. H, J., décembre 1936) Homme de cinquante-sept ans présentant depuis trois mois : faillesse, sueurs nocturnes, vomissements, œdème malléolaire, amaigrissement.

Cinq mois auparavant, cet Homme avait contracté . norragie,

Souffle systolique doux à roses de pas de hril

Mort après un bref séjour, te ; 2

- Autopsie. -— Hypertrophie concentrique du ventricule gauc Sclérose du bord de la mitrale. Valve aortique bicuspide co nitule, avec sclérose et calcification de son bord. La commissur postérieure est épaissie, l’antérieure est normale.

Les deux orifices coronariens sont situés dans le sinus postérieur, celui de la coronaire droite étant double. Le trajet et l'aspect des deux coronaires sont normaux. Le sinus antérieur présente un anévrysme dans la portion supra-valvulaire, dont la poche est multiloculaire. :

Examen histologique : la valve aortique est épaissie par un tissu ffibro-hyalin et présente uñe petite aire de calcification. Lésions superficielles d’un processus végétant : infiltration de polynucléaires — cocci Gram négatif intra-cellulaires. La base de : la végétation est indemne. =

Si l’anomalie bicuspide était très probablement congénitale, cette origine était plus douteuse pour l’anévrisme, en raison de l’'ubsence totale de fibres élastiques dans la paroi des sacs secondaires. |

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