‹ Etat de Californie en 1870: impressionsChapitre 20 sur 43 · SONORA · texte numérisé non relu

SONORA

La lune se couche.

Un silence de plomb pèse sur toutes les campagnes.

Toutes les voix des champs se taisent, tout dort dans une paix absolue.

Moij seul, je marche.

Le choc lourd de mes pas sur la terre se-

che fait un contraste avec l'immobilité de la nuit.

La route, comme un long linceul blanc, monte, descend sur la pente des collines.

Parfois, elle disparaît sous Tombre d'un chêne vert.

Les bras tordus de Tarbre dessinent sur le sol blanc des figures grotesques qui paraissent vouloir me barrer le passage.

Comme je ne connais pas le chemin, j'avance lentement, quand, tout à coup, je mets le pied sur un corps mou, chaud, mouvant, qui, en soulevant ma jambe, pousse un grognement terrible. . .

C'est un cochon!

Il dormait sur la route, roulé dans la poussière.

C'est peut-être la seule fois dans ma vie que j'ai eu réellement peur. . .

Enfin le jour paraît.

J'atteins la voiture.

J'arrive à Stockton, et le jour suivant je suis à San-Francisco.

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