‹ Etat de Californie en 1870: impressionsChapitre 36 sur 43 · BIG TREES SALOON · texte numérisé non relu

BIG TREES SALOON

Je n'ai pas besoin de dire que ce Salon d'un nouveau genre était librement ouvert aux vents, aux rayons du soleil, à la pluie, etc. Mais comme nous sommes au mois de juillet, qu'il ne pleut jamais, en Californie, l'été, il aura le temps, avant le mois d'octobre — saison des pluies — de modifier son immeuble ou de faire fortune.

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En général, en Amérique, les voies des chemins de fer, pour se rendre d'un point à un autre, prennent la ligne la plus courte ou cîelle qui est la moins onéreuse, sans s'inquiéter, comme en Europe, si cela fait l'affaire des centres secondaires qui peuvent se trouver loin de son parcours.

Tant mieux si, par un pur hasard, la voie les traverse; tant pis si elle les laisse au loin.

Ce dernier cas ayant lieu, le village, la ville n'a de ressource que celle de se déplacer.

C'est ce qui se fait.

C'est une chose qui paraîtrait, en Europe, monstrueuse.

Quelle que soit l'importance de la localité, en un clin d'oeil la ville a changé de place, les habitants démolissent leurs maisons, les transportent à proximité de la voie.

Si c'est une construction en briques ou en pierres — chose rare — on se contente d'en-

lever les portes, les fenêtres, la toiture, etc., on laisse les murs.

Ce qui donne, à la ville abandonnée, Taspect d'un lieu ravagé par un incendie ou par un cyclone.

Si la voie nouvelle se termine dans un pays nouveau, inhabité, immédiatement une ville surgit, sort de terre, en quelques semaines, comme le ferait — dans un terrain bien préparé — une couche de champignons.

Mais cette ville, construite en hâte de prendre possession d'un nouvel emplacement, présente assez bien Taspect d'un champ de foire, d'un campement de bohémiens :

c'est essentiellement provisoire.

Ces cités sont en planches, en bois quelconque, rarement en briques.

C'est ainsi que toutes les villes, celles qui sont à croissance rapide, naissent aux États- Unis.

Telle fut San-Francisco, en 1848. Telle est MiLTON, en l'an de grâce 1871.

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