‹ Etat de Californie en 1870: impressionsChapitre 35 sur 43 · LES GRANDS CÈDRES · texte numérisé non relu

LES GRANDS CÈDRES

Arrivé à Stockton, à midi, je prends la nouvelle voie ferrée qui vient à peine d'être terminée, voie qui me conduit au pied des Sierras Névadas.

Tout est neuf: chemin de fer, stations et village terminus : Milton.

En voyant cette nouvelle ville, mon premier mouvement est un immense éclat de rire!

Il y a de quoi.

Soit manque de fonds, soit que le temps nécessaire, pour édifier une maison quelconque lui fît défaut^ un Yankee ingénieux avait tout bonnement planté quelques piquets dans le sol.

Il les avait entourés de sapins verts, de teuillages divers : cela représentait l'immeuble.

Quant au mobilier, il consistait en quelques nrorceaux de planches non rabotées qu'une simple bande de toile cachait.

Sur les étagères, des bouteilles pleines de liqueurs provocatrices s'alignaient.

C'était tout.

Cela constituait un baroom.

Des caisses vides, çà et là, posées à terre, tenaient lieu de sièges.

Une grande bande de calicot portait l'enseigne triomphale suivante :

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