PREFACE
L^AccuEiL que le public français fît Pannée dernière à la traduction que nous lui offrîmes de l'écrit intitulé : the state of THE NATION , nous a déterminés à y ajouter celle du second pamphlet où le ministère britannique a cru devoir exposer de nouveau , les principes de son système politique et administratif , ainsi que les élémens de prospérité de l'empire j dont il s'est chargé de diriger les destinées.
Ce dernier écrit a pour titre : Administration of the affairs of great Britain y Ireland and their dependencies at the commencement of the year 1823, etc.
Nous avons cru devoir conserver à cette
(ij) nouvelle publication le titre de la première,
pour des motifs faciles à saisir.
Il serait tout-à-fait inutile de chercher
à apporter des preuves de Fauthenticité de
cet ouvrage comme document ministériel 5
cette authenticité est de notoriété publique
en Angleterre , pt Iq silence, des, jninistres
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eux-mêmes en esX une garantie sufJfîsante.
Au surplus 5 si VEtat de V Angleterre e/z 1822 put, être regardé comme l'une des plus, utiles et des plus importantes publications faites en .France depuis longues
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années , . on comprendra facilement que VEtat de V Angleterre, en iSsS n'a ni moins d'importance ni moins d'utilité pour notre pays ; certes 9 c'est surtout au moment où des orages semblenf s'amonceler sur PEurope, pu les peuples inquiets pressentent une lutte fatale entre l'immense empire qui enveloppe le pôle boréal tout
(iij ) entier et l'imposante domination qui fait
flotter son pavillon dans toutes les mers du globe ; c'est alors , disons-nous , qu'il est surtout intéressant de saisir la pensée du gouvernement Britannique et de comprendre sa véritable situation. Il semble que c'est, dans les circonstances actuelles, sur la connaissance exacte de l'une et de l'autre qu'il faut appuyer toutes les probaJités , ou si l'on veut toutes les espérances de l'avenir.
L'Angleterre est en outre si avancée dans tout ce qui a rapport aux diverses branches de l'économie politique , à cette heureuse union de la théorie et de l'expérience si féconde en grands résultats , que nous avons presque toujours beaucoup à apprendre dans les écrits de cette espèce qui nous viennent de l'autre côté du détroit. Un simple aperçu de celui-ci fera
( F ) reconnaître combien de précieuses notions peuvent recueillir notre commerce et notre industrie dans ces pages dont Porgueil est bien fait d'ailleurs pour produire une impression de tristesse sur des lecteurs français.
Nous n'avons rien de plus à ajouter si ce n'est que pressés par le temps au milieu de circonstances qui semblent en quelque sorte enaccéléerle cours, nous avons à demander grâce pour la fidélité , en général peu élégante, de cette traduction.
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ETAT
JuE temps approche où les diverses branches de notre administration financière, étrangère, intérieure et coloniale, vont être soumises à l'examen annuel du Parlement. Pour parvenir à une juste appréciation de leur situation actuelle, il est sans doute nécessaire de se livrer, avant toutes discussions publiques, à une revue précise et approfondie des documens et états officiels sur lesquels sera portée l'attention du pays. Essayer de fixer l'opinion publique sur ces divers objets; produire et développer ces documens , c'est le but qu'on se propose dans cet écrit : il doit présenter , en conséquence, un tableau de l'état des affaires, de janvier 1822 à l'année qui commence.
On comprendra facilement que, dans cette masse de faits et de matériaux dont se compose
naturellement un pareil travail , l'ordre établi dans les affaires publiques trace la méthode la plus convenable pour développer un sujet aussi étendu et aussi varié : c'est donc cet ordre que nous adopterons.
A l'égard des finances, l'année 1822 a été signalée par quelques mesures mémorables qui seront discutées dans leur rang. Pour la première fois peut-être, le public a pu suivre le système particulier de lord Liverpool et du chancelier de l'échiquier, dans ses opérations effectives, et en voir ces résultats pratiques que personne n'avait prévus. On a vu les taxes réduites, daïis une année, d'environ quatre millions, saB^ que les divers services en aient souffert^ et sans que ççtte réduction ait empiché le crédit; public d'être maintenu et fortitié d'un fonds de réserve de çi^q millions^
A l'article de nos ressources nationales, le lecteur apprendra avec une vive satisfaction que toutes l«s branches qui fondent la prospérité du pays sont dans mi état florissant; que notre comi;nerce étranger subvient abondamment aux besoins^ de l'intérieur et des manufactures, et que toutes les sources, de la richesse nationale, suivant un heiireux cours, apportent lenratributs respectifs à l'açcroissemeat da revenu publie.
î/examen de nos relalions étrangères et de notre administration coloniale viendra ensuite, et renforcera , à ce qu'on présume, les conclusions précédentes. D'accord avec tous les individus qui réfléchissent , les ministres de Sa Majesté ne peuvent qu'être fortement persuadés de l'utilité essentielle, pour ne pas dire de la nécessité souveraine, de la paix générale poui* l'Europe^ et aussi de l'obligation qui leur est imposée de n'épargner aucun effort pour main-' tenir ses garanties; ils pensent sans doute qu'elles consistent dans la consolidation de l'état politique fondé par les traités de Vienne, î mais ils ne peuvent en même temps hésiter k admettre que chaque puissance indépendante aie droit de décider la question de ses propres dangers , et de prendre telle résolution que paraît nécessiter le soin d'une défense légitime»
Suivra le chapitre de l'administration intérieure. Ce sera un bref examen des mesures adoptées pour protéger et encourager l'agriculture, le commerce, la marine, l'industrie, tous les intérêts généraux enfin de la Grande- Bretagne. '-
Comme ce tableau , déjà nécessairement assez étendu, serait devenu trop volumineux pour l'usage général si l'on y eût annexé tous les do-
ciimensdont on a fait emploi , ils ont été omis. Toutefois il en a été offert des extraits suffisans pour justifier les conclusions que le lecteur est invité à adopter ; quelques comptes n'ont pas encore été dressés , et par conséquent n'ont pas été publiés au-delà du dernier quartier; d'autres , comme pour les douanes ou l'excise, sont de simples supputations des semaines qui se sont écoulées depuis cette époque ; mais on espère que tous ces documens ( quelle que soit leur nature) paraîtront n'avoir été employés que selon leur valeur rigoureuse , et que l'achèvement, ainsi que la publication officielle des comptes de l'année courante, ne feront que vérifier les évaluations portées 4ans cet écrit sur leurs bases connues.
Le but général de ces observations est d'en appeler au bon sens et aux nobles sentimens du peuple anglais, et d'établir les droits des ministres de Sa Majesté à ce degré de confiance , à cette faveur de l'opinion, qui^ en maintenant l'ordre et la tranquillité, en écartant tous les obstacles que rencontre le pouvoir, concourent puissamment à accélérer le bien public.
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