‹ État de l'Angleterre au commencement de 1823Chapitre 12 sur 13 · C 2IO · texte numérisé non relu

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vent élever le prix des denrées, et nécessiter de la part des marchands un surcroît des dépenses de productions. La seule question néanmoins n'est point de savoir si telle taxe produit un pareil effet (parce que toutes les taxes en général doivent le produire), mais si elle le produit au point d'interrompre la continuation et les progrès du commerce dans le négoce ou la fabrication respectifs , et fait alors plus de tort au négociant qu'elle ne rapporte de profit au revenu public. Maintenant, pour juger en fait si une taxe est conforme à ce principe, il faut considérer la situation actuelle de l'objet taxé, celle du négociant et du manufacturie. N'y a-t-il pas interruption dans le négoce ou la fabrication? La consommation augmente t-elle progressivement avec le bien-être et la population du pays ? Si on peut répondre affirmativement à ces questions, il est évident que le montant de la taxe n'affecte ni la prospérité du négociant, ni l'aisance, ni la condition du consommateur. Il est manifcvSte que le négociant est toujours à même de continuer son commerce avec profit, et que les besoins et même les commodités de la vie sont toujours en rapport avec les moyens de la même classe de consommateurs.

( :i'i ) Les premières considérations à faire sur ce chapitre sont les appréciations pour Fanuée qui vient de commencer. Ces appréciations doivent être ordinairement envisagécssous quatre points de vue, ceux deTarmée, de la manne, de Tadministrationet des dépenses diverses. L'épargne de deuxmillions danslesappréciations de Tannée dernière provient d'une diminution de dépenses dans ces quatre branches de service, et de quelques réductions dans celle des travaux civils^ dont il n'est pas nécessaire de donner les détails. La dernière mesure pour la conversion du fonds mort, en annuités pour im temps déterminé, affectera nécessairement le montant total des appréciations pour les dépenses de l'armée, de la marine et de l'artillerie pendant la présente année. Après ces réductions, il est à peine possible que ces services en admettent d'autres un peu considérab'es. On se rappellera que pour le service de la marine pendant l'année dernière, on a voté cinq millions quatre cent quatre-vingt-dix-sept mille livres; ce qui forme une différence, dans cette partie, d'environ neufcentîiTtl le livres stirla'soynmec'dricédée en i8lt', et'dé moins d^uri denli-million que la somme estimée, par lecomité des financée de 1817, comme nécessaire ad' service de Patr^

née î825>. Les ministres de Sa Majesté, adoptant toutefois des principes d'économie, seront peutêtre à même d'effectuer quelques réductions pi us fortes dans cette branche de service, l'ont le monde peut sentir combien il est politique de la conserver entière et intacte. Dans les appréciations de l'année dernière, il y avait une charge de trois cent vingt mille livres pour payer les pensionnaires externes de l'hôpital de Greenw^ich. Ceci ne fera point un article particulier de dépense, mais sera à l'avenir compris dans les appréciations de celles de la marine , d'après la manière dont les comptes seront désormais arrêtés ; et selon les allocations qui auront lieu pour la marine, on peut être sûr que la plus grande partie de leur montant sera épargnée pour l'avenir.

Pour apprécier avec justesse cette partie de notre objet, il n'est pas plus nécessaire de fixer notre attention sur ses épargnes actuelles que sur la situation présente de la marine anglaise, dont les dépenses ont souffert une si forte réduction comparative. Au commencement de la première guerre contre la France , M. Pitt regretta souvent que, par les réductions imprudentes et précipitées qui suivirent la paix géné- Tale, les travaux relatifs à notre armée et à

( 2i3 ) notre marine, eussent été si négligés et si restreints que, lorsque la guerre éclata en 179^, nous eûmes tout à créer de nouveau ; on sait parles amis particuliers de M. Pitt, qu'il attribuait à cette cause la langueur de cette guerre pendant les premières années. Mais cet inconvénient ne peut plus se reproduire dans la situation actuelle de la marine anç^laise. Nous^ avons au besoin des flottes entières sur le chantier ou dans les bassins, et prêtes à être mises en mer en cas de nécessité immédiate. Nous possédons une marine trois fois plus considérable qu'au comnïencement de la dernière guerre. Elle consiste maintenant en vaisseaux de toutes classes et proportions, et construits avec une perfection qui, en ajoutant à notre force réelle, présente encore de l'économie dans la construction et la durée. Dans un ouvrage français publié dernièrement, et qui jouit d'une réputation méritée, on observe avec beaucoup de justesse, que nos chantiers et nos arsenaux offrent la perfection de l'architecture et du génie naval. On peut voir dans le travail: journalier de nos arsenaux, l'ordre, la méthode, et cette économie pratique susceptibles de ménager le temps et le terrain, de diminuer les frais de fabrication, réunis à un degré de

perfection mécanique qu'aucune fabricalion particulière ne présente nulle part ailleurs. D'après un tel système, nous pourrions développer telle force au commencement de toute guerre imprévue,, qu'il nous serait facile de balayer les-rners avant qu'elle fut commencée, et de détruire ou bloquer au port toutes les flottes ennemies, avant qu'elles fussent tant soit peu considérables. En un mot, si le caraclère d'une véritable économie est de procurer les meilleurs articles au meilleur marché, de considérer la fin comme le premier et principal objet, et d'appliquer seulement aux moyens le principe d'épargne, il est évident que l'administration de notre département de la marine méritée cet éloge.

Avant qu'on propose de liouvelles réductions dans notre établissement naval, rappelons-nous l'étendue actuelle de notre empire ^ et les intérêts qui réclament protection. Qu'on se souvienne que les plus importâns intérêts de la Grande-Bretagne consistent à conserver sa supériorité dans la Méditerranée, à tenir, dans les Indes orientales et occidentales, une certaine force navale toujours prête à agir dans^ racca&ion. Qu'oii se souvienne que nous avons

à défendre le pavillon du commerce anglais dans les Océans atlantique et pacifique, et que, dans uneautre partie de notre service, nous voulons parler du service naval sur la côte d'Afrique pour empêcher le commerce des esclaves, on ne peut mettre d'interruption dans la vigilance, ni réduction dans les dépenses.

Vient ensuite une autre branche, c'est l'arniée. Les allocations pour ce service en 1821, s'élevèrent à huit millions sept cent trente-six mille quatre-vingt-douze livres. La somme votée pour l'année 1822 fut de sept millions sept cent quarante-huit mille trois centquarante-sLx liv., la différence entre les allocations des deux années, étant d'environ un million. Les troubles d'Irlande rendirent nécessaire de proposer un supplément de trois cent cinquante mille livres à nos dépenses militaires ; la longue durée et l'étendue de ces troubles nous ont probablement obligés de dépasser cette estimation ; mais il y a toute raison de croire qu'on n'exigera pas la même augmentation pour cette année. C'est pourquoi en épargnant cette somme , peut-être que par suite d'un système effectif d'économie, introduit dans les parties subordonnées de ce service, on peut attendre sur ce point la réduction d'une somme plus considérable. L'an-

née dernière, h réduction qui porta seulemeut sur les hommes fut d'environ douze mille individus. On doit peut-être faire plus d'attention au mode de cette réduction qu'à son étendue. On suggéra trois moyens : une réduction de régimens, une réduction par hommes, et une réduction par troupes et par compagnies dans chaque régiment. Après un mur examen, ce dernier mode fut adopté comme plus économique. Il laissa l'armée plus en état d'agir, et conserva l'admirable et équitable principe de rotation, en ne l'appliquant qu'aux régimens qui sont hors du royaume.

Pour l'artillerie, l'année dernière, la somme votée fut d'un million deux cent mille livres, elle excéda de cent cinq mille celle de l'année précédente; mais il faut se rappeler que cette différence fut occasionnée par une diminution dans les ventes de divers objets pour ce service. En 1821 , le crédit ouvert sur ce chef fut de deux cent trente-deux mille livres ; en i8'4îi, il ne s'éleva qu'à quarante-quatre mille livres : en allouant d'une part pour cette diminution , et en prenant de l'autre l'augmentation de certains chefs de dépenses, la différence actuelle des dépenses de l'artillerie entre 1821 et i82':i fut de quatre-vingt-trois mille livres.

Cette épargne fut effectuée par des moyens d'économie qui ne peuvent plus être employés. Nous sommés donc portes à croire que le public sera satisfait, si le montant des dépenses de cette branche reste à-peu-près statîojpnaîre.

Dans les dépenses diverses , l'allocation pour 1821 fut d'un million huit cent quatre -vingt treize mille trois cent trente-six livres, le même service pour l'année dernièrei nécessita l'emploi d'un milHon sept cent mille livres; ce qui fait une différence d'environ deux cent mille livres. C'est une branche de service toujours Variable, il est impossible de prévoir son augmentation ou sa diminution, avant que les comptes de l'année ne soient rei;idus.

L'objet actuel de nos recherches est d'examiner l'étendue du soulagement qu'éprouvera probablement bientôt le public par une réduction ultérieure des taxesi-' - ^-'

Si dans des recherches de cette nature , il est d'usage de scruter les mesures' probables et d'examiner, àutarît qu'on petit convenablement le faire, les espérances de l'avenir, On nous permettra d'avancer que la question* est dlune Nature extrêmement' délicate, et qiiè dé qu'on peut maintenant en dire est , à un très-haut point, conjectural.

5i le Parlement peut se résoudre à mauitenÎE avec fermeté le sysl<èmp si avantageus^rqeiit é,t^bli clans les dernières sessions, ril n'est pas improbablç 'que , . par les réductiens sus-me«i

tionnées .et la prospérité croissanter du revenu , les minigtcés de Sa Majesté ne se trouvent à même de faire une nouvelle diminution dans les taxes, qui , ne serait pas au-dessous d'un million. En attendant l'opportunité de cette mesure, il serait inconvenant d'entrer dans aucune considératÎQnsur le mode de la réalisçr ; mais çe million à déduire sera sans doute dans les proportions, suivantes : -, r ii

Charge extraordinaire pour riHâirrSy 3 5o jdoa^ Intérêts de^cilffq^ million^ a'âfiite^ i >t*i<> .i

semëiiti^'^nVHi'.^'i'^/^o^'l^l'^^ M^Vn^^'gy^oôïT'^ HQJ;r')iiUi;i*i oniJif.q oiîdnf| ol l6lnf)id Jn^rrij ' ^d

ToTAfey^i^î ;4':>î> $5o,ooo h

J;^o \\ ,c>ijn£c! o»î90 •)!.^ .0'^ >iod v;{ f-.'TiTTTTrri ^, 0^,eJQUt^e i c^l^^^'arriéj^ deJaB^nqiuequijfe, ijfjpp^aH ; à. deja^ cepit; mi^e liyi;€^ ,^aiis les dé penses §^ l'^niji^ç çlei?nière^jp|; qui n.e se préseiijtera ppint (^w^ les comptes de ç^te .^unéje^ quoiqu'il /aille gi^yer .une confie à., cet éXablissemcu^jpour î^intérçt d:e. s^ç^ av^np^s (eu tant qu'il en a fait pendant l'année) jq|aio.ii,t.eu pour

( 219 ) objet le bien public; il est égalemeat du à la Banque l'intérêt d'une somme de deM3f millions six cent mille livres payée aux propriétaire^ peu confians des cinq pour cent , en juillet derpier.

Quelques autres économies dans le détail c|es dépenses , dans l'établissement des bureaux dans les réductions sur le servie^ civil, pour-?^ ront s'élever à près d'un million; mais il jE^y;t. toujours avoir dans l'esprit que les ministres, de Sa Majesté peuvent proposer d'autre&remises de taxe sur cet article seulement, que le fonds d'amortissement restera intact, et qu'à tout événement il y aura toujours en réserve un surplus de cinq millions.

Les ministres de Sa Majesté n'ont jamais dist, simulé que leur plus vif désir était de; voir le futur fonds d'arpoytissefnent consacré à accumuler et à former un intérêt, et ses produits rester en caisse jusqu'à ce que l'accumulation dufond avec les résultats de ses opérations composât une somme équivalente à un ppur p^.p.t sur le total de la dette nationale ; mais,, quoique^ ce $oitbien véritablement leur désip, ils ne Sj'y, soqt pas tellement arrêtés qu'ils se soient interdit l'application de l'intéf^ê.t annuel du surplus au soulagemeut public : ils seraient toujours prêts, si le voeu du Gouvernement était claire-

meut prononcé à cet égard, de convertir cette portion de soulagement en remise de taxes. Ils se sentent eux-mêmes forcés de reconnaître que ce qui a été fait pour les intérêts fonciers, particulièrement durant les dernières sessions, a donné mie sorte de droit aux autres classes de voir leurs intérêts particuliers pris en considération dans la prochaine réduction des taxes. Si le bon marché de tous les objets nécessaires à la vie compense pour ces classes la continuation des taxes réparties dans leur montant actuel, et rend leur situation moins grave que celle des propriétaires de bien-fonds, les ministres de Sa Majesté ne peuvent oublier la distinction qui existe entre les taxes assises sur des propriétés déterminées et celles qui sont payables sur des revenus incertains, entre les taxes qui tombent sur les classes opulentes , et qui n'opèrent, quel que soit leur résultat, qu'une réduction dans les rentes et dans le produit des propriétés actuellement existantes, et les taxes qui tombent généralement sur la communauté tout entière, et accidentellement, sur des fonds incertains, sur les salaires insuffisans des classes ouvrières. Si Ton peut économiser un million, ou, dans l'espace de deux ou trois ans, deux millions, pour réduire ultérieurement ks taxes,,

les ministres de Sa Majesté sentiront sans doute qu'il est juste que ce soulagement soit généralement réparti.

Si ce système peut continuer pendant cinq ou six ans, les ministres de Sa Majesté ont la confiance qu'à l'expiration de cette période, l'allégement annuel s'élèvera à trois millions et demi ou quatre millions , c'est-à-dire , au montant de ce que les taxes sur les maisons et fenêtres peuvent apporter au public. D'après ce système, la réduction des quatre pour cent en trois pour cent deviendra assurément praticable, et produira au public une somme annuelle qui ne sera pas au - dessous de sept cent cinquante mille livres. Il ne faut pas perdre de vue que le fonds d'amortissement continuant à opérer avec force, pendant la même période , livrera près de trente millions au rachat de la dette publique.

A coup sûr le savant gentleman qui, dans les dernières sessions du Parlement, s'opposa si fortement aux ministres de Sa Majesté , au sujet de la réduction , avouera lui-même que cette manière de rendre le pays capable non-seulement de résister aux entraves, mais même de s'en débarrasser, s'accorde bien mieux avecson honneur, sa bonne foi , et ses intérêts essentiels,

que sa propre proposition d'absorber le fonds d'amortissement, on son intention très-facile à saisir de réduire l'intérêt des dividendes aux créanciers de l'Etat. Il pourrait peut-être être amené à croire que ce système serait préférable s'il s'agissait de commuer les dîmes, d'appliquer les biens de l'église aux besoins publics, d'abaisser notre diplomatie à un état précaire qui affaiblirait notre considération aux yeux de l'Europe , et réduirait un ambassadeur britannique au niveau d'un agent d'une factorerie écossaise. Il peut également ( si sa candeur habituelle ne l'abandonne point) être porté à croire que des économies de cette nature et de cette importance sont plus avantageuses à toutes les classes de la société, quoique sans doute accompagnées de moins de triomphes et de profits pour son parti , que les cinq mille livres épargnées à l'échiquier par la réduction d'un maître de postes adjoint, et la destitution des deux lords de l'amirauté.

Tel est l'état général des affaires sous les différens rapports dans lesquels nous avons entrepris de les examiner. Dans les finances, on a fait voir que nous sommes parvenus à un état de solidité et de crédit publicqui n'avait pas encore eu lieu auparavant. L'opération de la dernière

session du Parlement sur les cinq pour cent fut une mesure qui n'a point d'égale dans l'histoire de nos finances : elle montre à -la -fois i 'empire du crédit public, et l'effet politique d'une bonne loi nationale intacte : elle montre ce que peut faire une sage et vigilante attention aux importantes spéculations sur la place , et combien l'élévation du caractère public est un important auxiliaire dans les momens critiques et les situations embarrassantes. La conversion des cinq millions annuels amortis en une annuité de moindre valeur , mais de plus longue durée, ne mérite pas moins d'éloges. C'est une mesure aussi efficace dans ses résultats que simple dans son application. Les divers procédés pour faciliter la circulation dans le royaume, ne furent pas; moins utiles au grand objet de l'intérêt public, et en prévenant la réaction du grand et essentiel objet du retour au paiement en argent, ils ont servi les classes commerçantes et les agriculteurs en soutenant la circulation autant que cela pouvait s'accorder avec ce but principal. Le montant des économies ajouté au produit de la conversion des cinq pour cent en quatre pour cent, et des cinq millions d'amortissement en annuités à longs termes a surpassé, sans contredit , toute attente ; l'application de ce

montant à la réduction des taxes correspondit an désir bien positif de la majorité de la Chambre des communes, et fut, sous tous les rapports, un sacrifice important et immédiat, de la part du Gouvernement, aux nécessités urgentes des propriétaires fonciers.

L'acquisition du surplus du fonds de cinq millions est encore un trait plus important dans l'histoire de l'année qui vient de finir. Le fonds d'amortissement fut originairement établi en 1786 ; mais il fut rendu à-peu-près inutile par les dépenses de l'armement russe, et les mesures de précaution déterminées par l'état de la France. Ce fut seulement en 1792 que le fonds d'amortissement, proprement dit, au rait pu être considéré comme agissant d'après les principes actuels : dans le courant de cette année il fut, pour la première fois, effectivement crée par l'affectation d'un pour cent sur chaque emprunt futur. Tous les emprunts contractés entre cette époque et 1798 contribuèrent dans cette proportion; mais entre 179B et 1802 , les besoins du pays nous forcèrent k nous départir de cette règle. En i8oa, nous revînmes à ce salutaire système ; et les deux fonds, le fonds originaire d'amortissement de 1786, et le fonds d'amortissement de guerre de 179^^,

furent unis; mais à cette époque, îe pays fit chaque année des emprunts considérables, et le fonds d'amortisôement , tout considérable qu'il était, n'était dans le fait qu'un fonds purement nominal, puisqu'il n'y avait point, après les dépenses déduites, de surplus réel. Lé caractère du fonds actuel d'amortissement est donc évidemment distingué des autres, en Ce qu'il n'est ni contre-balancé par aucun emprunt , ni épuisé par aucune dépense extraordinaire, ni absorbé par des anticipations faites sur les taxes, ni par aucune sorte d'obligations éteintes ; mais il y a un surplus bien clair, une balance bien nette de boni, toutes dépenses déduites, qui est toujours entre les mains du Gouvernement pour opérer le rachat de notre dette, et qui n'est point exposé (sauf le cas d'une urgence improbable et du danger du pays) à être distrait de son objet réel.

En voyant que tel est l'état de nos finances, l'intégrité de nos ressources nationales excite une satisfaction inexprimable.Notre navigation, notre commerce, notre industrie intérieure, nos manufactures et nos revenus; tout présente une situation brillante pour le présent, et justifie ]es plus belles espérances pour l'avenir. Le taux moyen de nos exportations des raanufac-

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turcs britanniques surpasse le taux moyen des années de guerre qui furent le plus productives. Si nous avons perdu le monopole de quelques branchesde commerce étranger, l'approvisionnement des produits coloniaux, notre perte a été plus que compensée par une augmentation dans notre propre industrie particulière. Notre navigation conserve sa supériorité relative sur toute autre puissance. Sur ce point important, tromme dans quelques autres , les profits sont réduits; mais comme cette opération se fait toujours avec avantage , les intérêts du commerce général gagnent incontestablement à cette réduction. Les mêmes conclusions et les mêmes observations sont applicables à notre commerce intérieure et à nos manufactures.Les profits sont moins élevés qu'ils ne l'étaient pendant la guerre; mais chaque branche d'industrie, chaque manufacture est dans un état d'activité, et la communauté fait des profits dans une proportion plus considérable que les commerçans ne perdent par u ne réduction dans les prix. La masse éprouve les bienfaits d'une possession abondante de tous les articles de nécessité et d'agrément. Un plus grand nombre sont mis à même d'acheter en tout temps, et à même d'acheter davantage. D'un autre côté, si le manufacturier ne pos-

( aa; ) sède plus ravaiitage des gains qui résultent d'un état de monopole, il est amplement dédommagé de ce qu'il perd ainsi par la soliditc de sa situation présente. Cette situation s'améliore plus encore , peut-être, par l'accroissement graduel et certain de son commerce, dont les petits profits, répandus dans un grand nombre d'affaires, s'accumulent pour former un revenu plus considérable que parles prix élevés du monopole. On ne saurait trop répéter , en vérité , aux commerçans anglais de toutes les classes que dans une sorte de communauté universelle , et tous les ports du monde étant nécessairement ouverts, des prix élevés ne constituent pas la condition prospère du commerce. Notre commerce est donc alors au plus hautdegré de prospérité, lorsque le taux peu élevé des profits sur un très-grand nombre d'affaires permet aux commerçans de rivaliser dans tous les marchés avec tous concurrens, et leur assure dans toute contrée étrangère l'avantage supérieur du capital, des machines et de l'habileté. 11 n'est pas nécessaire de récapituler la situation flatteuse de l'état actuel de notre revenu, un trait seul ne peut pas être omis. Un revenu annuel du montant de cinquante-cinq millions de livres, c'est-à-dire un revenu presque égal à I«*i

rente totale du royaiume^ et payé san$ aucune tîgueur de la loi et sans aucune poursuite, çomn^e l'attestent les rapports faits à la chambre des^ Communes , à ce sujet, en 1821. Nous ne nou» arrêtons pas davantage ai cette circcKn&tanc^;eHe parle d'elle-ménie, et tout commentaire ne ferait que l'affaiblir.

Sur l'article de nos colonies , notre travail y, quoique avec une nécessaire Fapidit<ê ^ passé ea revue une grande quantité d'objets^. On y a vut clairement que les ministres de Sa Majesté ont consulté , et autant qu'il était en leur pouvoir ont cherché à concilier avec la plus coiastant^. sollicitude les intérêts généraux du comm€r€,€^ libre et les besoins urgens des colonies.

A l'égard de la navigation et du co^imerce étranger, ils ont rapporté plusieurs lois suran* nées et propres à entraver les s.péculations , et qui étaient une cause de jalousie auprès des^ autres puisssances, sans produire un bénéfice correspondant aux intérêts de notre commerce, et de notre marine. Sans ébranler la cojonns^ de notre grandeur maritime , notre système de loi de navigation , ils l'ont restaurée conformément au nouvel aspect du. monde eommeFcial. Ils ont fait rentrer djanH^ ce système législatif de nouveaux et d^? plus >^a&tes in4;'éretf«.,

( 2^9 ) tlont il est devenu la garantie; ils ont étendu leur esprit et leur efficacité en même temps qu'ils restreignaient ceux de leurs réglemens qui ne pouvaient plus tendre au but général. On ne peut dire qu'il y ait eu indifférence ou négligence de la part des conseils de Sa Majesté, si la sphère du commerce libre, en ce qui touche nos colonies , n'a pas été agrandie, €t si les Indes orientales, en particulier, n'ont pas été ouvertes d'une manière plus étendue axix capitaux et aux entreprises de nos négocians. Relativement aux intérêts généraux, les ministres ont parfaitement senti la grande valeur et rirriportance de la culture du sucre, ce blé dU mondedes tropiques. Ils sont parfaitement pénétrés de l'idée que la consommation pourrait être immensément accrue; que cela serait vraisemblablement produit par un travail libre, et que l'encouragement de cette culture dans le grand continent de l'Indostàn ferait plus que cent actes du Parlement pour enrichir et civiliser l'Inde , et la rendre un consommateur immense des produits des manufactures anglaises , en lui donnant des moyens d'échanger et- d'acheter. Les minisires de Sa Majesté ont sans doute saisi ce point de vue; mais ils ne l'ont aperçn que dans l'éloignement, et avec tant d'obstacles

intermédiaires, que, d'accord avec tous les esprits francs et éclairés, ils espèrent pins qu'iU n'attendent. Ils ne peuvent se dissimuler qu'un immense capital est dans le fait employé et fixé dans les îles de l'Inde occidentale, et que toutes les considérations de la prudence et de l'humanité les portent à respecter des intérêts si considérables; mais comme celte question doit être éventuellement déterminée par une comparaison entre les intérêts des Indes occidentales d'un côté, et ceux de l'empire britannique dans toute son étendue ( aussi bien que de ceux des Indes orientales d'un autre côté ) , ils ont prévu que les choses pouvaient arriver à un état dans lequel les intérêts aubordonnnés d'une partie s'accorderaient avec les intérêts plus grands de la prospérité générale.

En ce qui concerne nos relations extérieures, notre politique a été invariablement dirigée vers la conservation de la paix en Europe et la continuation de l'égalité et de la juste distribution de pouvoir, qui ont été établies^ par les derniers traités, et qui offrent les seuls moyens justes par lesquels la paix générale puisse être maintenue. Nous avons toujours refusé et désapprouvé toute intervention dans les affairés particulières des états indépcndans , 61 noiii

( »5. ) avons exig4 la preuve d'un état de choses ex- Iréme, avant d'admettre que les excès intérieurs d'une nation , provenant de principes incontestablement anarchiques, peuvent justifier un appel aux forces communes de l'Europe , pour réprimer les désordres civils d'un état particulier, considérés comme un mal général.

Dans' les discussions entre la Russie et là Porte, nous avons cherché à-la-fois à maintenir la paix et à établir les solides garanties du salut futur des provinces grecques qui sont en harmonie avec l'indépendance du gouvernement turc, et avec les droits incontestables du souverain sur ses sujets. Le maintien de la paix générale est sans aucun doute le premier et le plus important de tous nos intérêts; mais en cherchant à arriver à ce but par des démarche^ prudentes, nous avons reconnu nos devoirs de générosité, de compassion et de fraternité chrétienne envers un peuple qui professe la même foi que nous ; dans les querelles qUi ont agité l'Europe à l'esteomme à l'ouest, notre politique a été mesurée, mais forte et décisive. Notis avons été neutres, rriais non pas indifférent; impartiaux, mai« non pas insensibles; nôtiis Avons inanifesté le désir de voir les mêmes institûtioni libreSjle même esprit d'une juste indépçndance,lé

même état social? fleurir et s'éien<îre dans tons las;états comme dans Ja Grniide-Bretàfifne. Heureux çle ce que la liberté , le rang honorable et la prospérité des diverses portions de la société européenne ne peuvent affecter l'Angleterre d'aucun sentiment d'envie.

Les services éminens et la juste influence d'un chef illustre au dernier congrès de Vérone, seront peut-être plus justement appréciés par la postérité que par Ja génération actuelle. Il a peut-être été dans le cabinet et dans le conseil ce qu'auparavant il avait été sur le champ de bataille. Ce sera peut-être à lui, presque exclusivement à lui, que le pays déjà une fois sauvé par sa valeur invincible et sa prudence consommée , devra de ne pas redevenir le théâtre d'une guerre qui pourrait reproduire toutes les calamités de l'Europe.

Tel est l'état général de nos affaires ; tel est l'aspect sous lequel se présente l'année dans laquelje apu$ entrons.

Il serait hor3 de propos d'examiner ici les questions générales touchant notre politique intérieure , elles seront agitées dans la session (ly , ^Parlement qui va s'ouvrir. Mais quoique 4çS( candidats se présentent en foule sur ce théâtre; quoique les triomphes y soient brillans, il

est assez ordinaire que l'opinion publique détermine les principes qui doivent y être développés. Ils ne peuvent prétendre à la confiance du peuple anglais ceux que ne dirigent pas la voix de l'honneur et l'intérêt public. Ils ne peu* vent attendre la confiance du Gouvernement , ceux qui ne vouent pas leur vie entière aux intérêts de l'Etat. Ils ne peuvent guère prétendre à la bienveillance de Sa Majesté et à prendre place dans ses conseils ceux qui voient d'un œil indifférent les institutions qui font la force et le soutien de la couronne, ou qui, dans les occa* sions où ils peuvent exprimer une opinion publique , n'en parlent que comme d'objets propres à abuser le peuple^ plutôt qu'à assurer son bonheur, à faire sa consolation pendant la vie et son espoir à la mort. Profecto magna est eorum insipientia qui imperium alio modo con^ flatum^ et alio conservandum, existimanu

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