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RESSOURCES NATIONALES

Il est naturel de placer à la tête de nos ressources nationales notre commerce intérieur et étranger. Si nous envisageons en masse nos importations et nos exportations, nous voyons qu'elles sont susceptibles d'une double division; on peut avec un égal avantage les distribuer d'après l'importance des divers articles ou dans l'ordre successif des différens pays. Si nous suivons la première méthode , nos importations se rapportent à trois branches principales : ^^. aux produits de nos manufactures; 2°. aux objets de notre commerce extérieur; 5°. aux objets d'importation nécessaires à notre consommation journalière : si au contraire nous suivons l'ordre des pays, les principales branches de notre commerce seront nos opérations avec la Russie et le nord de l'Europe, avec l'Allemagne y compris la Prusse et la Hollande , avec la France , avec l'Espagne , avec le Portugal et le Brésil, avec les Indes orientales et la Chine, avec les contrées orientales au-delà du cap de Bonne-Espérance, avec les Etats-Unis et aussi

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avec les Indes occidentales anglaises et les colonies de rAmérique septentrionale , quelle que soit la méthode que nous adoptions, nous arriverons toujours au même résultat. Il paraîtra hors de doute que le commerce général et particulier du pays s'est considérablement auginenté et présente de mois en mois et d'année en année des progrés qui garantissent les prospérités de l'avenir. L'accroissement du commerce n'est ^ en dernière analyse, que l'accroissement de la richesse nationale; il est suivi de cette heureuse activité de la circulation qui procure des fonds au travail et à l'industrie de toutes les classes. Ce serait connaître bien peu la vraie nature et les effets ordinaires du commerce, que de les considérer comme un objet indifférent à toutes autres personnes qu'aux négocians; ce n'est que par un commerce actif que la circulation des espèces peut être maintenue et augmentée , et que l'accroissement des demandes peut élever le prix des produits de l'agriculture. C'est en vain qu'un état posséderait une nombreuse et croissante population, si cette population n'avait les ressources du commerce ; car la masse du peuple ne peut être soutenue que par le rapport existant entre les demandes et les produits de son travail dans im Etat commercial

florissant. La prospérité du commerce est donc aussi importante pour les intérêts agricoles que pour la classe marchande , et constitue en fait les plus chères espérances des fermiers et des propriétaires : dans l'état actuel de dépréciation de leurs produits, l'accroissement annuel de notre population absorberait bientôt les produits annuels de notre territoire, si tout le monde pouvait vivre dans l'abondance; mais ce n'est que par un commerce actif que le grand nombre de nos agriculteurs, qui s'accroît annuellement avec notre population, peut trouver des moyens de subsister : plus il y a de commerce, plus il y a d'encouragement au travail; plus les ouvriers sont nombreux, plus il y a de demandes aux marchés pour la subsistance, et de ces sortes de demandes qui seules font valoir les denrées, sur-tout celles des personnes quipeuventpayercequ'ellesdemandent.Sansces moyens de paiement, c'est une circonstance admissible, un fait vérifié dans un pays voisin, qu'il peut à-l^-fois exister trop de bouches et trop de denrées, excès de population et excès de revenus. La population peut être excessive en ce qui regarde les demandes de travail, et les produits excessifs en ce qui regarde les moyens des acheteurs : telle est l'importance de

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l'état de notre commerce pour toutes les classes de la société et plus spécialement encore pour celle des propriétaires et des fermiers.

Encore une observation avant d'entrer dans l'examen détaillé de l'état actuel de notre commerce. Pendant que quelques écrivains affectent de ravaler notre commerce et de le représenter comme totalement insignifiant en comparaison de notre agriculture , d'autres paraissent tomber dans une erreur contraire; et quand ils regardent avec justice notre commerce comme le soutien de nos marchés, ils imputent tous les malheurs des temps à la diminution de nos relations. D'après ^ces personnes, notre détresse dépend en grande partie de la diminution de notre commerce par la perte de notre monopole pendant la guerre et la reprise par les nations étrangères de ces branches de com^. merce et d'industrie qui pendant tout le temps de la guerre et l'occupation de leur territoire étaient en notre possession.

Examinons en peu de mots la justesse de cette' assertion.

Comme c'est une question de chiffres , elle peut être examinée et établie brièvement.

L'état extrait des rapports imprimés par ordre du parlement est comme suit :

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Exportations générales de la Grande-Bretagne^ établies d'après les registres officiels des douanes.

Terme moyen des exportations annuelles pendant les neuf années de la première guerre , c'est-à-dire depuis le commencement de 1795 jusqu'en 1 812 30,760,000 liv.

Terme moyen des exportations annuelles pendant dix ans de la seconde guerre, de i8o5 à 1813, l'un et l'autre inclus , sans y comprendre i8i3 , dont les états furent consumés par les flammes, et considérant 1802 comme une année de paix. . . 4^»^45,ooo liv.

Maintenant si nous comparons ce tableau de nos exportations pendant la gueire avec ceux qui ont été présentés au Parlement pour les sept années de paix , nous trouverons qu'il y a eu un accroissement considérable depuis i8i4-

Terme moyen des exportations annuelles de la Grande- Bretagne, d'après les tableaux officiels pour les sept années de r8i5à 1822 ♦ 53,922,000 liv.

On voit donc que notre commerce extérieur n'a pas été moins prospère pendant la paix que pendant la guerre; on ne peut nier, àJa vérité^ que nous ayons perdu à la paix dfielques branches de commerce que nous possédions pendant la guerre. Par exemple, nos ports ont cessé à cette époque de devenir le dépôt privilégié des marchandises coloniales ; la Russie et l'Allemagne ont appris à tirer de chez eux des articles bruts et manufacturés que nous leur fournissions presque entièrement pendant la guerre : c'est une chose certaine; mais il est également certain que notre commerce général a reçu un tel accroissement que ces retranchemens se trouvent plus que compensés , et que les états officiels précités présentent, pendant la paix, un résultat excédant de près d'un quart celui des années de guerre.

Mais poursuivons l'objet qui nous occupe plus particulièrement. Nos principales importations se composent de matières brutes et d'articles manufacturés , le lin, le chanvre, la laine, la soie brute et tordue, et le coton. Maintenant pour tous ces objets d'importation l'année 1822 qui vient de s'écouler, présente un accroissement considérable. Pendant l'année finissant au mois de janvier 1821, la valeur

( io8 ) officielle des lins bruts destinés à alimenter nos manufactures de toiles, fut de sept cent soixantetrois mille quatre cent soixante-dix-huit livres : cette valeur excéda, dans Tannée finissant en janvier 1822, un million treize mille cent quarante-sept; et l'onverra probablement, lorsque les états de l'année finissant en janvier iSaS seront rendus publics , que cette somme se sera élevée jusqu'à un million deux cent cinquanie mille livres; les importations des soies brutes, qui n'étaient en 1820 que de six cent vingt-un mille trois cent quatre-vingt-quatre livres, se sontélevéeseni822 à neuf cent trente-cinq mille livres, et passera un million dans l'année finissant au mois de janvier i8i5; la valeur officielle des soies ouvrées qui, en 1820 était de trois cent quarante - cinq mille cent soixantequinze livres, s'éleva en 1821 à trois cent quatre-vingt-dix-huit mille cinq cent quarante-sept livres, et en 1822 à quatre cent six mille huit cent sept livres ; l'importation excessive des cotons fut en 1820 de près de cinq millions , diminua un peu en 1821, mais pour l'année qui vient de s'écouler, il est à présumer que cette importation r€montera à la même valeur; pour les laines, dont la plus belle qualité fournit un si grand aliment à nos manufactures, il en fut importé

( '09 ) en 1.821 pour une valeur de trois cent soixantequinze mille quatre cent quatre-vingt-quatorze livres, et celte importation s'éleva Fannée suivante à six cent soixante-onze mille sept cent cinquante-quatre livres. Lorsque les états seront publiés, au mois de janvier 1825, nous ne craignons pas d'avancer qu'ils présenteront une augmentation considérable, même sur le montant (Je la dernière année. Les importations de Saxe ^t d'Espagne dans les ports de Londres et de Bristol pendant l'hiver et l'automne passés, ont fourni une quantité extraordinaire de laines : aussi l'activité de nos manufactures en. laines,^ été au-delà de tout exemple. • s^^.; ' -î

Le tableau de nos importations coloniales présente un résultat également favoçabk.. En 1821, la valeur officielle de nos importations en sucre fut de cinq millions sept cent cinquante-deux mille six cent soixante-huit livres, cette valeur s'éleva en 1822. à cinq millions sept cent trente-huit mille sept cent trente-sept livres; la valeur officielle de l'importation en rhum fut en i^^i de six cent dix-sept mille deux cent quarante-cinq livres, et en 1822 de six cent vingt mille quatre cent quatre-vingtune livres; en 1820 la valeur du thé exporté fut de deux millions trois cent soixante-quinze

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mille livres, et s'éleva en 1821 à trois millions quatorze mille livres, cette même valeur fut en i82î2 de trois millions soixante - treize mille cent dix livres. Tel est l'état général de nos importations , celui de nos exportations est également satisfaisant. De même que les principaux articles d'importations consistent en matières premières destinées à alllnenter nos manufactures, de même nos exportations principales consistent dans ces mêmes matières manufacturées. Les principaux objets sortant de nos manufactures sont des cotons ( ce qui comprend les étoffes et le coton tordu et filé) les laines, les toiles, les soies, la quincaillerie et la coutellerie, le fer et l'acier, le cuivre et le bronze; on peut encore y ajouter nos glaces, nos poteries et nos sucres raffinés. Tous ces articles, sans exception, sont dans l'état le plus prospère. La valeur de nos exportations en coton manufacturé fut pour 1 820 en chiffres ronds de seize millions six cent mille livres, en 1821 de vingt millions cinq cent mille livres , en iSaa de vingt-un millions six cent trente-neuf mille livres; ce qui donne un excédant de cinq millions sur le montant des mêmes exportations en ] 81 6, et d'un demi million sur l'année précédente. On doit, sur ces objets, avoir deux

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