DIOCÈSE DE STRASBOURG
Le diocèse de Strasbourg remonte aux premiers siècles du christianisme ; il est compté à divers titres parmi les plus beaux diocèses du Saint -Empire et du Royaume de France. Parmi les Églises limitrophes du Rhin, l'Eglise de Strasbourg est nommée la plus noble; Constance, la plus grande ; Bâle la plus agréable ; Spire, la plus religieuse ; Worms, la plus pauvre ; Mayence, la plus vénérable ; Trêves , la plus ancienne ; et Cologne, la plus riche. Grandidier, Œuvres inédites, T. /, p. 461 .
Dès le VHP siècle l'église de Strasbourg avait été pourvue d'une organisation régulière qui, en distribuant les services et les pouvoirs , allégeait le fardeau épiscopai devenu dans un si vaste diocèse trop lourd pour un seul homme. A cette fin l'illustre évèque Heddon , de l'agrément de Charlemagne et du pape Adrien I", divisa son diocèse en sept archidiaconnés, gouvernés par autant d'archidiacres, qu'il choisit parmi les dignitaires
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de la cath'xirale et auxquels il soumit les doyens ou archipretres ruraux. Le pape Adrien, dans sa bulle du 4 avril 774, détermine ainsi qu'il suit les droits de ces archidiacres : i< Ut singuli Archidiacones subditos inlege Dei utiliter instruerent, ac episcopalem curam , praeter penitentium reconciliationem , omnimodis gérèrent, altaria concedendo, ecclesias judiciali ordinecum sigillo Episcopi claudendo, clericos ab officio divino suspendendo, ac quecumque ipsicorrigere per se non valerent, ad presentiam nominati Ethonis , vel suorum succèssorum emendanda déferre valeant. » Les archidiacres étaient à la nomination de Tévêque et ils jouissaient du privilège de l'inamovibilité. Voici maintenant quels étaient ces sept archidiaconnés ainsi que leurs titulaires et le ressort de leur juridiction.
1. Le premier archidiaconnè appelé cathédratique, ou celui du grand-prévôt, s'étendait sur les chapitres ruraux d'Andlau et de Benfeld , et de plus au XVI* siècle, sur ceuxdeSchlestadt et du Mont-des-Frères ou d'Obernai.
2. L'archidiaconné du grand-doyen , situé entre la Zorn et la Moder et entre la Moder et le Rhin, comprenait les archiprôtrès du Haut et Bas-Haguenau.
3. Les deux chapitres de Molsheim ou Biblenheim, et de Saverne ou Bettbur , formaient l'archidiaconné de la Marche soumis au grand-custos.
4. Ceux de Markolsheimet deRhinau appartenaient à l'archidiaconné infra Rhenum et Alsam relevant du grand-camérier.
5. Le grand-chantre était l'archidiacre des chapitres de Schlestadt et d^Oberehnhcim.
6. Le grand-portier était l'archidiacre des paroisses de la ville de Strasbourg et de ses environs.
7. Enfin, les trois chapitres d'Offenbourg , d'Otterswyr et de Lahr constituaient Tarchidiaconné du grandécolâtre.
Les deux dignités de grand-chantre et de grand portier ayant été éteintes au XVP siècle, la juridiction du premier fut unie à celle du grand-prévôt, et celle du second fut soumise à la juridiction du grand -custos : par ce fait, les archidiaconnés étaient réduits au nombre de cinq. Ceux-ci subsistèrent jusqu' en 1686 : le 3 mai, l'évèque Guillaume de Furstenberg , par un accord conclu avec son grand-chapitre, supprima les dignités des archidiacres et unit leur officialité à la sienne.
La division en archiprètrés fut maintenue jusqu'à la Révolution. Le diocèse de Strasbourg dont la métropole était alors Mayence, comptait 13 archiprètrés : 10 endeçà et 3 au-delà du Rhin. Il était borné par les diocèses de Spire , de Constance , de Bâle , de Metz et de Toul ; son étendue était de 25 lieues de longueur sur 21 de largeur; et on y comptait environ 343 paroisses.
La constitution civile du clergé convertit en évèché chaque département; mais par la nouvelle circonscription des diocèses de France en 1802, le siège de Strasbourg s'étendit sur le Haut et le Bas-Rhin ainsi que sur le département du Mont-Terrible, composé de la principauté de Porrentruy et des comtés de Montbéliard et de Bienne. Par ce fait, le diocèse de Strasbourg empiéta sur les diocèses de Spire, Metz, Besançon, et absorbapresque entièrement l'ancien évèché de Bâle. Il avait alors 60 lieues de longueur et 14 de largeur et renfer-
mait 1353 communes avec une population de 850000 âmes , dont 580000 catholiques , 184000 luthériens, et 54000 calvinistes. L'organisation des justices de paix servit de base à l'organisation des paroisses. Il fut érige 10 cures de 1""^ classe, à savoir : Saint-Laurent, Saint-Pierre-le-Jeune, Saint-Jean et Sainte-Madeleine, à Strasbourg; Haguenau , Schlestadt, Colmar, Sainte- Marie, Mulhouse et Landau ; 64 cures de 2^ classe, dont 37 dans le Haut -Rhin ; 691 succursales avec 497 annexes , desquelles le Haut-Rhin comptait 215 annexes et 377 églises paroissiales. En 1816 le diocèse était diminué des arrondissements de Porrentruy et de Déiémont qui avaient été rendus à la Suisse , des cantons de Montbéliard et d'Audincourt qui furent réunis au département du Doubs, et des quatre cantons de Bergzabern, Candel, Dahn et Landau, faisant partie du Palatinat. — Voici du reste un tableau comparatif des paroisses du diocèse à différentes époques. Ces chiffres, je les ai puisés dans le manuscrit de l'intendant de Lagrange, dans les annuaires et dans nos Ordos.
Après la Réforme le nombre des curés de l'évôché de Strasbourg était de 180, dont 26 qui desservaient plusieurs paroisses où le culte était mi-partie; les luthériens possédaient 167 paroisses.
Avant la Révolution.
Après la Révolution.
267 paroisses 76 au-delà du Rhin
74 cures G91 suc.
58B fll9 vicar.)
On compte aujourd'hui dans le Haut-Rhin 25 cantons, 28 cures, 296 paroisses, 20 annexes, environ 104 vicariats rétribués par l'État ; et dans le Bas-Rhin 35 cantons, 46 cures, 322 paroisses, 89 annexes et environ 107 vicariats.
Avant la Révolution on comptait dans la seule partie cis-rhénane du diocèse de Strasbourg , 107 églises mixtes ; en 1841 il y en avait 126 dans toute l'Alsace ; actuellement il en reste 11 dans le Haut-Rhin, et 87 dans le Bas-Rhin sur lesquelles 49 sont églises paroissiales.
Voici maintenant quelques chiffres qui indiquent le mouvement de la population.
B.-Rh.
'il 8, 152 293,013
laVi
5fî0,113 457. (529
Un annuaire de l'an 1803 accuse pour l'Alsace une population de 850000 habitants , sur lesquels 580000 cath., 184000 prot., 919 anab., 11241 Israélites.
Le relevé de notre Ordo de 1877 donne :
B.-Rh.
H.-Rh.
Catholîqu" >.
.'^)}iî),940
TïTJm
Protestants.
Dissid.
Israélites.