‹ Etat de la généralité d'Alençon sous Louis XIVChapitre 51 sur 76 · VILLES PRINCIPALES · texte numérisé non relu

VILLES PRINCIPALES

Des le commencement de ce Mémoire il a été marqué qu'il n'y avoit en la province du Perche que deux villes principales, iMortagne et Belesme.

Mortagne, outre les avantages ci-dessus marqués, qui consistent à avoir le siège de Tévôque, pour contention de la juridiction au Perche, un chapitre, quatre maisons conventuelles, des écoles pour les garçons et pour les filles, le siège principal du bailli, celui de l'élection, de la vicomte des eaux et forêts, et de la maréchaussée, et le titre de capitale, a encore tous les bureaux généraux de toutes les recettes qui se font pour le roi en ladite élection, ce qui rend le commerce meilleur que dans les lieux voisins parce que les négocians y ont la commodité des lettres de change, et ceux du plat pays viennent prendre toutes les fournitures aux marchands dudit Mortagne lesquels sont fournis des choses dont on a besoin par leurs correspondances à Paris et à Rouen, sans compter la commodité qu'ils ont des foires de Guibray et de la foire franche de Caën.

Bellesme est une petite ville dans laquelle, comme il a été dit ci-devant, il v à bailliai^e et vicomte, sièi^e d'élection dépendant de celui de .Mortagne, eaux et forêts, et un ancien grenier à sel, dont dépendent environ cinquante-cinq paroisses; elle dispute le litre de capitale avec Morlau^ne v avant eu des comtes du Perche qui s'appelaient comtes de Ikllesme ; les habilans n'y font aucun commerce sinon de menues denrées qui se débitent dans les marchés en assez grande quantité et des lils qui s'y apportent par les habitans des campagnes voisines et se transportent à .Memers et .Mortagne pour faire des tuiles. Ce qu'il y a seulement Je remarquable dans cette

villo, et y attire du monde pendant l'été, sont les eaux minérales de la fontaine de Herse qui est à une lieue de la ville en la forêt, et à cause de ce, sont appelées les eaux de Bellesme (i).

No^^cnt est un bourg considérable et plus grand que les villes de .Mortagnc et Bellesme, il est aussi plus peuplé et paye plus de taille qu'aucune de ces deux villes ; outre la Justice seigneuriale dont on a ci-devant parlé qui est divisée en deux bailliages, Tun dépendant du seigneur de Nogent à présent le sieur marquis de Béthune qui est la justice ordinaire, et l'autre dépendant du prieur commendataire de Saint-l)enis-de-Nogent; il y a aussi un siège d'élection dépendant de celui de Mortagnc, un grenier à sol, et une oflicialilé, pour le Perche, composée d'un officiai, un promoteur et un j-^relTier sous l'autorité et à la nomination de M. le grand archidiacre de Chartres.

Le prévost des maréchaux du Perche y fait aussi sa résidence pendant quelque tcms de Tannée. Il y a une place publique de figure ronde assez grande et belle enceinte de Maisons. Le principal négoce des habitans consiste en serges et étamines de soies et de laines qui s'y fabriquent; il y a jusqu'à 8 ou 900 ouvriers qui subsistent de leur travail. Le débit de ces sortes de marchandises se fait à des Marchands de Paris, Lvon, Orléans, Rouen et autres villes. Ce bouri,^ est encore considérable par le dit prieuré de Saint-l)enis-de-Xogent, l'église collégiale appelée Saint-Jean, deux couvents de religieuses, un couvent de Capucins, la maladrerie de Sainl- Robcrt, un Hôtel-Dieu, un collciic cl à ww.: lieue de chacune

(!) I.a f«nlainc de la Hcrso a de. depuis le xvi« siècle, l'objet Je nombreux mémoires. Il nous suflira de eiler ceux do M. le D' Jousscl.

des abbayes royales de Notre-Damc-du-Val-dWrcissc et des Clairets.

On a ci-dessus parlé de la baronniede Longny, appartenante à M. le duc de Vendôme et ses justices, forcis, foires et marchés, on croit devoir ici dire un mot du bourg de Longny.

Ce bourg est considérable et ressent plutôt sa petite ville qu'une bourgade, s*étendant entre deux coteaux, bien peuplé de personnes de tous états, et on y fait commerce de vin en gros, et de toutes sortes de marchandises, en détail, qui sont achetées tant par les habitans, à leurs besoins, que par ceux du plat pays qui viennent aux foires et marchés dudit Longny.

On a aussi parlé de Mauves, à présent à .M. le maréchal de Câlinât. C'est un autre bourg admirable pour la situation et la ferlililé des terres dans le^^quelles il est situé. La rivière d'IIuisnc Tcnvirunne et a fait une isle, cl aulrcrois il v avoit une ville dont tous les anciens titres font foi. et les habitans jouissent encore de Texemption des droits de coutume, péages et autres qui se per^'oivent es foires et marchés de .Morlagne, Bellesme et la Perrière.

Les ponts, qui sont de pierre, en furent rétablis aux frais du feu roi Louis xiii, par les soins et à la prière de .M. de Câlinai, c«)nseiller de la gra:ide chambre de son Parlement de Vavis, qui éloit, comme est encore son pelil-lils, seigneur de .Mauves, en iOk). Le grand chemin de .Morlagne à NOgent cl celui de Bellesme à Verneuil et Longny se joigncnl sui* ces ponts, qui s<jnt à présent en mauvais état, et si le seigneur n'y pcr*;oit aucuns droits Je péages ni travers comme il le prétend, ils doivent être entretenus, comme ils ont été faits aux dépens du Koi. Il y a au bureau des linances un état ilesdils ponts qui sont à la charge de Sa .Majesté, fait du tems de .M. de Marie, et par

SCS soins, lors intendant en la gcnéralitc dWlençon, lequel sert de règle et est suivi à cet égard.

Rcgmallard est un autre bourg pareillement considérable : Tancienne rivière d'IIuisne passe au pied, le grand chemin de Bellesme à Paris au milieu, et les terres de labour répondent à la prairie qui est parfaitement bonne; tout cela joint à la justice qui s'y exerce rend ce lieu aussi bon qu'il est agréable.

Tourouvreest un autre bourg, assez bien peuplé ; il est situe aux rives de la forêt du Perche, et aucuns des habitans de ce bourg faisant commerce de bois ordinairement se rendent adjudicataires des ventes, d'autres font convertir de ces bois en certains ouvrages dont ils font commerce ; et enfin les gens de travail qui ne s'appliquent pas à la culture de la terre, sont perpétuellement employés par les marchands de bois en ladite forêt.

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